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Forcée de chercher de l’aide sur Kijiji

Une malade a besoin de quelqu’un pour pouvoir se coucher le soir

Marie-Claude Lépine
Photo Pierre-Paul Poulin Marie-Claude Lépine espère qu’une personne retraitée ou une étudiante répondra à son appel.

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Une femme de 44 ans atteinte d’une maladie dégénérative est forcée de se tourner vers Kijiji afin de trouver de l’aide pour simplement pouvoir se coucher dans son lit le soir.

«C’est l’une des choses qui me décourage le plus dans ma vie, parce que je ne vois pas le moment où ça va se terminer. C’est très insécurisant», s’inquiète Marie-Claude Lépine.

La résidente de Mascouche est atteinte d’une maladie neuromusculaire; sa moelle épinière se dégrade. Mme Lépine ne marche donc plus depuis l’âge de 5 ans et ne se déplace qu’en fauteuil motorisé.

Elle est incapable d’accomplir seule les tâches quotidiennes comme se lever, se faire à manger, s’habiller, se laver ou aller aux toilettes.

Le CLSC lui fournit du personnel pour la préparation de repas, mais les services offerts pour le lever et le coucher ne sont pas adaptés à une femme de son âge, selon ses dires.

L’horaire offert par le CLSC la forcerait à rester 14 heures au lit alors qu’elle est une femme active. Elle offre notamment des conférences d’inspiration sur sa façon de voir la vie dans les écoles et les entreprises.

«Le lever ne se fait pas avant 9 h le matin et on ne couche pas les gens après 7 h le soir. Il n’y a pas de flexibilité et, avec les coupes, il y a encore moins de marge de manœuvre», déplore-t-elle.

Par elle-même

Le CLSC lui offre par ailleurs la possibilité d’engager elle-même des employés pour la lever le matin et la coucher le soir.

Il faut donc qu’elle trouve des personnes prêtes à accepter de travailler une heure par jour à un salaire qui est à peine plus élevé que le salaire minimum. Il est ainsi très difficile pour elle de garder ses employés.

«Je dois passer moi-même les entrevues et les former, puisque, souvent, ils n’ont aucune formation, car ceux qui en ont se trouvent un emploi ailleurs. C’est aussi sans cesse à recommencer. Les gens ne restent que quelques semaines ou mois», soupire-t-elle.

Deuxième annonce

C’est pourquoi Mme Lépine s’est tournée vers le site de petites annonces afin de trouver une personne qui viendrait chaque soir de la semaine, de 22 h à 23 h, la transférer à la toilette, la déshabiller et la mettre au lit.

C’est d’ailleurs la deuxième annonce qu’elle met en ligne sur Kijiji depuis trois semaines puisqu’un des employés qu’elle avait trouvés a déjà démissionné.

«Il arrive régulièrement que la personne m’appelle le soir même pour me dire qu’elle ne peut pas venir. C’est un grand stress de ne pas savoir si je vais pouvoir me coucher dans mon lit», insiste-t-elle.