/sports/opinion/columnists
Navigation

Bilan de mi-saison : des objectifs atteints

Penguins c. Canadiens
Photo Martin Chevalier

Coup d'oeil sur cet article

Le décor est beaucoup plus attrayant qu’à la même période l’an dernier pour le Canadien.

Plus attrayant et plus convaincant aussi. Comme c’est l’heure du bulletin de mi-saison, on peut dire que les notes sont bonnes, que les objectifs ont été atteints...

Mais, attention, l’infirmerie est plus fréquentée qu’on le souhaiterait, et le Canadien vient de perdre les services de Brendan Gallagher pour huit semaines, ce qui n’est pas de nature à rassurer les décideurs de l’équipe.

Il reste tout de même que Michel Therrien et son groupe ont accumulé 54 points jusqu’ici, 10 de plus que les Sénateurs.

En attaque, malgré l’absence de quelques joueurs importants, ils occupent le 4e rang avec 119 buts. La défense, comme prévu, montre un visage radieux n’ayant alloué que 90 buts, quatrième meilleure fiche de la ligue.

Vers la dernière étape

Maintenant, il faut passer à la prochaine étape.

Considérant que les objectifs de la mi-saison, en grande partie, ont été atteints, la prochaine phase du calendrier s’annonce plus difficile, plus intense. C’est le sprint final.

C’est la bataille pour obtenir une qualification aux séries éliminatoires.

Pour l’instant, le bilan est encourageant.

On n’a plus de doute sur l’état de santé de Carey Price. On estime que Al Montoya joue bien son rôle bien que, pas très loin, à Ottawa, Mike Condon se débrouille bien aussi. Mais ce qu’on retient surtout, c’est que le Canadien est devenu une équipe.

À écouter les patineurs, c’est le jour et la nuit avec l’an dernier.

Et comment.

La saison passée, Price n’était plus là et les rumeurs d’une saison perdue alimentaient les discussions, rien pour soulever l’enthousiasme d’un groupe avec le moral déjà dans les talons. Et tombaient au combat, Brendan Gallagher, Jeff Petry, bref, plus rien n’allait.

C’était la débandade.

De premier à dernier. Une glissade qui fit grimacer bien des gens.

Marc Bergevin et son entraîneur ne se sont pas laissés abattre pour les événements. Ils ont retroussé les manches, en avaient-ils le choix, pour remettre sur les rails une formation passablement amochée.

Ils ont réussi. Alexander Radulov est impressionnant. Avant d’être blessé, Andrew Shaw jouait comme à ses beaux jours avec les Blackhawks. Alex Galchenyuk a bien amorcé la saison. Voilà que le capitaine Max Pacioretty s’impose. Jeff Petry s’affiche comme une aubaine pour le Canadien. Andreï Markov n’a pas perdu son certificat de compétence. Alexei Emelin est un joueur métamorphosé avec Shea Weber, impressionnant et répondant aux attentes de la haute direction. Il n’a pas mis de temps à confirmer tout ce qu’on avait mentionné à son sujet. Les belles surprises? Paul Byron, étonnant. Philipp Danault, surprenant.

Un centre de premier plan

Maintenant, c’est la deuxième phase.

Ont-ils les effectifs pour rivaliser avec les puissances de la ligue? Peuvent-ils prétendre à la couronne des Penguins? On n’ira pas jusque là pour l’instant. On ne connaît pas encore le vrai visage de cette formation en raison des blessures qui ont ralenti par moment sa progression.

Par contre, Bergevin sait qu’il a plusieurs dossiers à consulter et surtout à résoudre. Atteindre les séries est un objectif à rencontrer dans le contexte du hockey d’aujourd’hui. Le plafond salarial et la parité dérangent beaucoup. On n’a plus la lattitude d’autrefois alors que certaines équipes se baladaient avec des chèques en blanc.

Bergevin cherche un joueur de centre de haut niveau. Pendant l’entre-saison, le dossier Subban était prioritaire, même avant un joueur de centre. C’était un geste à poser, un geste lourd de conséquences, mais un geste qui allait changer la mentalité de la troupe.

Il a visé juste.

Il a fourni à son entraîneur ce que Therrien recherchait. Du leadership et une défense plus hermétique.

Maintenant, Therrien et Bergevin entament une phase d’une saison jusqu’ici enlevante. Ils savent qu’ils peuvent faire du chemin si l’infirmerie se vide rapidement. Ils savent qu’ils ont des effectifs capables de livrer la bataille.

Mais jusqu’où peuvent-ils se rendre?

ATTAQUE

B-

Penguins c. Canadiens
Photo Ben Pelosse

Une attaque surprenante. Elle s’affiche aux bons moments. Elle parvient à surmonter les obstacles. On lui reconnaît des failles, particulièrement au poste de centre. Malgré tout, elle réussit à compétitionner à un niveau inattendu. Alex Galchenyuk, le meilleur attaquant de l’équipe, est sur la touche depuis un mois, mais le Canadien n’a pas ralenti pour autant. Bon, d’accord, il a été moins spectaculaire si on fait des comparaisons avec les performances de l’équipe en octobre et en novembre, sauf que l’équipe occupe le premier rang de la division Atlantique, dominant largement la compétition. Cependant, pourra-t-elle résister à des adversaires coriaces sans un autre joueur de centre de haut niveau? Est-il besoin de préciser que Tomas Plekanec ne répond plus aux attentes et ça pose un problème. En conclusion, l’effort au boulot de ce groupe a compensé pour un manque d’effectifs.

GARDIENS

A

Penguins c. Canadiens
Photo Pierre-Paul Poulin

Carey Price a été Carey Price au cours de la première moitié de la saison. Il a eu des moments où il ne semblait pas dans son assiette parce que ça n’allait pas à son goût, mais c’est ça un athlète qui n’accepte pas les demi-mesures et qui ne pense qu’en fonction de la victoire. Si on craignait pour son état de santé, il a fait la preuve qu’il était encore un gardien pouvant faire la différence. Son talent et son leadership se traduisent par les résultats sur la surface de jeu et aussi par l’attitude de ses coéquipiers. Al Montoya est un compétiteur, il en a fourni la preuve. Il s’est relevé d’une très mauvaise expérience àColumbus. On lui a également confié un mandat intéressant. Carey Price, rarement, va disputer deux matchs en deux soirs. Jusqu’ici, Montoya constitue une belle acquisition pour le Canadien.

DÉFENSE

A-

Penguins c. Canadiens
Photo AFP

La défense n’a rien à envier aux autres formations de la Ligue nationale. Elle est le pivot de la formation. Shea Weber a exercé un impact immédiat au sein du groupe. Son leadership a transformé l’atmosphère dans le vestiaire. On s’attendait à ce qu’il apporte une nouvelle chimie et c’est exactement ce qu’il a accompli. Solide en défense et dangereux en attaque, surtout pendant les supériorités numériques, il a relevé un défi de taille, celui de faire oublier P.K. Subban. Jeff Petry et le vétéran Andreï Markov ont joué avec brio. Markov est présentement sur la touche, mais Petry a poursuivi sur sa lancée et il est maintenant un rouage important de l’équipe. Alexei Emelin connaît les plus beaux moments de sa carrière aux côtés de Weber, Nathan Beaulieu est imprévisible, mais il est talentueux, Greg Pateryn est un auxiliaire qui joue bien son rôle.

ENTRAÎNEUR

A

Penguins c. Canadiens
Photo Pierre-Paul Poulin

Pour évaluer un entraîneur, disent souvent les directeurs généraux, c’est d’observer comment son équipe se comporte dans l’adversité. L’an dernier, c’est un passage à oublier pour différentes raisons. Cette année, Therrien dirige son équipe avec beaucoup d’assurance. Il prend des décisions éclairées et on le respecte. Malgré une longue liste de blessés, Therrien ne peut qu’être ravi par la fougue et la ténacité de son groupe. Il ne peut qu’être satisfait de l’effort déployé par les joueurs. Le Canadien occupe une position enviable présentement et l’entraîneur a largement contribué aux résultats impressionnants de l’équipe. Il compose avec un groupe qui a besoin de renfort en attaque, mais malgré tout, le Canadien gagne. Si John Tortorella n’était pas le principal candidat au titre de l’entraîneur de l’année, Michel Therrien serait une option intéressante.

DIRECTEUR GÉNÉRAL

A

Penguins c. Canadiens
Photo Ben Pelosse

Marc Bergevin a vécu une expérience particulière l’an dernier. Dans les faits, il a été incapable de stopper l’hémorragie et il a appris beaucoup. D’ailleurs, dans les mois qui ont suivi l’élimination du Canadien, il a trimé dur. Il lui fallait colmater les brèches, il lui fallait prendre des décisions tout en sachant que son meilleur joueur, Carey Price, semblait avoir retrouvé la santé. Il a été au centre de l’actualité avec cette méga-transaction Weber/Subban. Quand les Blackhawks lui ont proposé ou quand il s’est informé à savoir si Andrew Shaw était sur le marché, il n’a pas raté l’occasion d’embaucher un joueur qu’il avait fortement recommandé à ses ex-employeurs. Puis, il y a eu Al Montoya et l’arrivée surprise d’un joueur controversé, Alexander Radulov. Tout le monde croyait que Bergevin était tombé sur la tête. On peut dire qu’il a relancé son groupe avec éclat.

UNITÉS SPÉCIALES

B-

Penguins c. Canadiens
Photo Pierre-Paul Poulin

Kirk Muller a débarqué à Montréal avec comme première mission de relancer l’attaque à cinq de la formation. Alors que la parité fait des ravages dans la Ligue nationale, doit-on insister sur l’importance des unités spéciales. Muller a réussi à donner plus de notoriété à cette attaque. C’est loin d’être à point, mais avec une fiche de 20,5% après le match à Dallas, c’est une belle réalisation. Ça confère le 11e rang. N’oublions pas que Galchenyuk était un acteur important pendant les attaques massives. Shea Weber n’a pas tardé à prendre les guides de l’opération. En infériorité numérique, il y a du travail à faire. Avec une fiche de 80,7%, c’est évident qu’il faudra resserrer les rangs. Pour l’instant avec un dossier combiné de 101,2%, c’est un rendement satisfaisant. Par contre, il faudra aller en progressant. Présentement, on joue sur un fil de fer sans filet.

ÉQUIPE

A

Cette équipe n’est pas parfaite. De toute façon, la perfection n’existe pas. Est-elle une aspirante à la coupe Stanley? Autant adopter l’attitude de Marc Bergevin : « Rendons-nous aux séries éliminatoires et on verra? » Pour l’instant, le Canadien marque 3,03 buts par match en alloue 2,28 par match. À cinq contre cinq, il marque en moyenne 1,48 but de plus par match que son adversaire. Le Canadien occupe le 8e rang pour les tirs 31,1 par rencontre. Il est au 12e rang pour les tirs accordés 29,9 par matchs. Une fiche de 24-9-6 en date du 5 janvier 2017, c’est impressionnant. Cette équipe n’a pas été épargnée par les blessures. En combien d’occasions a-t-elle lancé des appels à des réservistes évoluant dans la Ligue américaine? Marc Bergevin fait présentement du lèche-vitrine et il connaît les priorités. Il sait qu’il devra trouver du renfort.