/news/health
Navigation

À 89 ans, l’heure de la retraite a sonné

Le Dr Jacques Potvin a connu les consultations à domicile facturées à 3$ et les accouchements à 25$

Soucieux du bien-être des personnes âgées, le Dr Jacques Potvin a fondé en 1982 la Société de gériatrie du Québec, qui est encore active.
Photo DIDIER DEBUSSCHERE Soucieux du bien-être des personnes âgées, le Dr Jacques Potvin a fondé en 1982 la Société de gériatrie du Québec, qui est encore active.

Coup d'oeil sur cet article

À 89 ans, le Dr Jacques Potvin, de Saint-Ferréol-les-Neiges, a accroché pour de bon son stéthoscope le 31 décembre, après plus de 60 ans de pratique qui l’ont conduit de la médecine générale à la psychiatrie et à la gériatrie.

En semi-retraite depuis une quinzaine d’années, il exerçait une journée et demie par semaine au CHSLD Saint-Augustin, à Beauport. À l’approche de ses 90 ans, le Dr Potvin ne souhaitait plus s’astreindre aux exigences du Collège des médecins en ce qui a trait au maintien des compétences.

«Cela me fait de la peine de prendre ma retraite. Je vais essayer de faire du bénévolat en CHSLD pour accompagner les familles. J’ai aussi des projets d’écriture, notamment sur les pertes que vivent les personnes âgées en soins de longue durée», exprime le psychiatre-gériatre qui a publié, l’an dernier, un essai sur la démence en CHSLD.

Début dans l’armée

Au milieu des années 1950, il a commencé sa médecine dans les Forces ­armées canadiennes, à la base aérienne de Cold Lake, en Alberta.

«Je volais avec les militaires à bord de CF-100. J’avais mon bureau dans le ­hangar; je faisais partie de la vie des aviateurs. Comme docteur, j’ai réalisé que tous mes patients étaient en bonne santé! J’ai développé une approche humaniste en prévention», explique le Dr Potvin.

Il a par la suite exercé à Saint-Georges de Beauce, au moment où l’assurance ­maladie n’existait pas. «L’obstétrique m’a captivé. Les semaines de travail avaient huit jours dans le temps, en calculant les nuits où on nous appelait pour une ­urgence. Après la messe du dimanche et le déjeuner, j’allais faire ma tournée de patients à l’hôpital», raconte-t-il.

Le médecin facturait alors des honoraires de 3 $ pour une visite à la maison et 5 $, la nuit. «C’était 25 $ pour un accouchement à domicile.»

«Après avoir accouché une femme qui en était à son 13e enfant, son mari m’a dit qu’il n’avait pas l’argent pour me payer parce qu’il était en chômage», se rappelle le Dr Potvin, qui a effacé plus d’une fois l’ardoise de ses patients.

«Il fallait redoubler d’efforts pour garder sa clientèle. Aujourd’hui, après six mois de pratique, un jeune médecin ne prend plus de nouveaux patients», dit-il.

Dans les années 1960, le Dr Potvin s’est orienté vers la psychiatrie. Après un stage d’un an à Nancy, en France, à la fin des années 1970, il a eu la piqûre pour la psychogériatrie.

Sur les pentes de ski

En bonne forme, le Dr Jacques Potvin continue à dévaler les pentes de ski, un sport qu’il pratique depuis 50 ans. «J’ai toujours été un grand sportif. J’ai fait du parapente jusqu’à l’âge de 62 ans», souligne-t-il.