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Le cas Anders Breivik de retour devant la justice

Ses conditions carcérales devant une cour d’appel

Condamné à 21 ans de prison pour le meurtre de 77 personnes, Anders Breivik 
soutient que ses conditions d’incarcération sont «inhumaines».
Photo AFP Condamné à 21 ans de prison pour le meurtre de 77 personnes, Anders Breivik soutient que ses conditions d’incarcération sont «inhumaines».

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Oslo | (AFP) Après une première décision qui avait consterné les proches de victimes, la justice examine à compter de demain l’appel de l’État norvégien après sa condamnation pour «traitement inhumain» du tueur néonazi Anders Behring Breivik.

Dans une procédure civile délocalisée pour des raisons de sécurité dans la prison de Skien où Breivik est détenu, une cour d’appel d’Oslo devra déterminer si les conditions carcérales de celui qui avait massacré 77 personnes en 2011 violent la Convention européenne des droits de l’Homme.

Un premier jugement avait fait des vagues en avril en concluant que Breivik était soumis à un traitement «inhumain» et «dégradant» contraire à l’article 3 de la Convention.

Isolement prolongé

En prison, l’extrémiste de droite de 37 ans dispose de trois cellules — environ 30 m2 au total —, de deux téléviseurs avec consoles de jeu et lecteur de DVD, d’un réfrigérateur, d’un ordinateur (sans accès à internet), d’appareils de musculation et de livres et journaux.

Malgré ces confortables conditions matérielles, la juge en première instance avait tranché que les considérations sécuritaires prenaient excessivement le pas sur les droits de l’Homme. En cause: l’isolement prolongé du condamné, détenu à l’écart des autres «dans une prison à l’intérieur de la prison», sans activités compensatoires suffisantes.

Le jugement pointait aussi les nombreuses fouilles corporelles potentiellement «humiliantes», le recours systématique aux menottes et autres réveils réguliers de nuit.

Si certains survivants avaient salué une victoire de l’humanisme face à un tueur inhumain, la condamnation de l’État en avril avait affligé des parents de victimes. La presse nationale y avait vu «un jugement erroné» et «dur à digérer».

L’État a fait appel. Le Procureur général chargé de le représenter, Fredrik Sejersted, estime qu’«il n’y a pas de preuve que Breivik souffre de troubles physiques ou mentaux dus à ses conditions de détention».

Considérations de sécurité

Les autorités contestent les dires selon lesquels il est maintenu à l’isolement, faisant valoir ses contacts réguliers avec les surveillants et autres acteurs sociaux. Elles justifient son maintien à l’écart des autres détenus par des considérations de sécurité pour lui-même et pour autrui.

L’avocat de l’extrémiste, Øystein Storrvik, affirme de son côté que «l’État n’a pas mis en place de mesures concrètes pour ­remédier à la vulnérabilité mentale de Breivik et aux dommages dus à l’isolement prolongé».

La procédure durera six jours, la décision devant être rendue à une date encore inconnue.