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Devenir un adulte?

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« Grow up, Donald. Grow up. Time to be an adult. »

C’est le vice-président sortant des États-Unis, Joe Biden, qui vient de parler ainsi à Donald Trump.

En temps normal, on pourrait s’étonner qu’un président élu des États-Unis se fasse apostropher sur son comportement juvénile et immature.

Mais plus rien n’est normal. Les Américains ont élu un homme dont l’attitude justifie quotidiennement ce rappel à l’ordre.

La déférence et le respect se méritent. Trump ne fait rien pour les mériter, bien au contraire.

Gênant

Celui qui occupera bientôt les fonctions de Roosevelt ou de Lincoln commence chaque journée, sans doute encore en pyjamas, en lâchant une rafale de tweets, comme un ado de 15 ans, même s’il en a 70.

L’autre jour, sur Twitter, il apostrophait une journaliste qui avait osé critiquer la nourriture servie au Trump Grill. Minable et dérisoire.

Parmi nos lecteurs locaux partisans de Trump, qui réagissaient fortement à mes chroniques, le silence s’est installé. Ne restent plus que les trolls habituels qui vomissent leur fiel conspirationniste.

Je comprends cette gêne chez les gens qui ont cru de bonne foi que l’establishment méritait un bon coup de pied au cul, même s’ils pouvaient avoir des doutes sur le donneur du coup de pied.

La CIA, le FBI et la NSA sont unanimes à croire à l’intervention de la Russie pendant la campagne électorale américaine. Leur mandat n’incluait pas d’évaluer son impact sur le résultat.

Évidemment, le conspirationniste en chef, Trump lui-même, qui, pendant des années, a poussé le délire jusqu’à mettre en cause le lieu de naissance d’Obama, ne voulait rien entendre.

Après avoir personnellement rencontré les chefs du renseignement américain, Trump admet maintenant, du bout des lèvres, la «possibilité» d’une intervention. Ben coudonc...

Vous vous souvenez du fameux mur pour lequel les Mexicains allaient payer? Les Américains viennent d’apprendre que ce sont eux qui vont le payer. Ben coudonc...

Le nouveau secrétaire d’État, Rex Tillerson, a eu la décence de couper, rapidement et discrètement, tous ses liens avec Exxon Mobil, l’ancienne compagnie qu’il dirigeait.

Les enfants de Trump, eux, resteront libres de faire grossir la fortune familiale en construisant des hôtels et des golfs dans les pays qui voudront maintenir de bonnes relations avec le président des États-Unis.

Ils demeureront aussi des conseillers politiques ayant accès aux informations les plus privilégiées. Ben coudonc...

Le déficit budgétaire et la dette augmenteront de façon spectaculaire. C’est déjà décidé. Ben coudonc...

Soyons cependant assurés que deux promesses seront respectées: les riches auront leurs baisses d’impôts et les autres perdront l’aide gouvernementale pour s’acheter une assurance maladie.

Grotesque

Dans son émission spéciale de fin d’année, Infoman interviewait le vieux rocker Alice Cooper, 68 ans, qui se désolait que la Maison-Blanche se soit ultimement jouée entre deux candidats aussi imparfaits que Trump et Clinton.

À regarder aller Trump, on se dit qu’Alice Cooper lui-même, avec une bonne coupe de cheveux et une nouvelle garde-robe, n’aurait pas été un président moins absurde.