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La victimite

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«Je suis une victime, donc je suis.» Si on cherchait à comprendre le ressort le plus intime de notre temps, on le trouverait dans cette formule. Appe­lons ça «la victimite».

Et la mode, en ce moment, c’est de se dire victime de racisme.

Un jeune chanteur qui met de l’avant son «identité noire» s’est livré à ce petit manège il y a quelques jours. Dans une lettre publiée dans La Presse, celui qui se fait appeler Emrical s’en est pris à la société québécoise. Le titre de son article: «Le Québec n’aime-t-il que les chanteurs blancs?»

Racisme

Résumons: il cherche à percer, il ne perce pas, alors il a son explication toute faite: maudits racistes!

C’est une mode médiatique, ces temps-ci. On dénonce le racisme systémique. On s’en prend à la «majorité blanche». En gros, on veut faire croire que le Québec serait une version soft de l’apartheid sud-africain ou de l’Amérique ségrégationniste. Québec, Mississippi, même combat!

Si je parle de sa lettre, c’est qu’elle est représentative de la nouvelle idéologie dominante qui prétend lutter contre le racisme, mais enferme chacun dans ses origines raciales.

Il pousse chacun à s’enfermer dans ses origines ethniques et à se définir comme une minorité, nécessairement victime de la tyrannie majoritaire.

On se victimise, on récrimine: on a toujours une excuse pour expliquer ses échecs et ses défaites. Douceur du multiculturalisme!

Ennuyant

J’ai écouté quelques chansons d’Emrical.

Je ne saurais juger, évidemment, de l’ensemble de l’œuvre, mais je trouve qu’elles ont la puissance poétique d’une tondeuse et le charme d’une casserole rouillée.

Qu’il me croie sur parole: il aurait été Blanc que j’aurais pensé la même chose.

Si ce monsieur se demande pourquoi il ne perce pas, il pourrait aussi se poser des questions sur sa vocation et son talent. Ce n’est pas toujours de la faute des autres si ça ne marche pas...