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Cadeau mérité

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Michel Therrien, John ­Tortorella et Darryl Sutter sont, dans cet ordre ou le désordre, les entraîneurs les moins populaires de la Ligue nationale de hockey. On les identifie à la vieille école, mais ils sont ­durables et efficaces.

Therrien est le moins décoré des trois. Il n’a jamais été en nomination au titre d’entraîneur de l’année. Il sera sans doute le premier à émettre des réserves quant à sa nomination au poste d’entraîneur en chef de l’équipe de la division Atlantique au match des étoiles.

La première moitié du calendrier régulier n’est qu’une étape dans le cours d’une longue saison de hockey.

Par contre, le Canadien a réussi à se maintenir, sous sa direction, au sommet de sa division, ainsi que dans le peloton de tête du classement général.

Tout ça sans véritable joueur de centre numéro un depuis un mois et demi et en dépit de l’absence de plusieurs autres joueurs ces dernières semaines.

Pas trop mal pour un entraîneur dont plusieurs réclamaient la tête à pareille date l’an dernier et qui faisaient des prédictions sur la date de son congédiement au début de la saison.

Bergevin se tient debout

Marc Bergevin a pour sa part traversé la tempête avec beaucoup d’aplomb. Il s’est rangé derrière Therrien et il a pris tout le blâme pour l’effondrement survenu l’an dernier.

Bergevin se comporte exactement comme il avait dit qu’il le ferait le jour de sa nomination au poste de directeur général. Il n’est pas là pour gagner un concours de popularité, mais pour prendre les décisions qui lui paraissent les plus à propos pour l’organisation du Tricolore.

Il fallait qu’il soit fort pour échanger P.K. Subban.

En un sens, Therrien et lui se ressemblent. Les deux ont trimé dur toute leur vie pour être où ils sont.

Tortorella et Sutter sont du même bois.

On pensait bien que la LNH en avait fini avec Torto lorsque les Canucks de Vancouver l’ont limogé après seulement un an derrière le banc, il y a trois ans.

On s’est demandé ce qui était passé par la tête des Blue Jackets de Columbus quand ils l’ont embauché la saison dernière. Or, c’est lui qui dirigera l’équipe de la puissante division Métropolitaine à Los Angeles à la fin du mois.

Sutter ne dirigeait plus depuis cinq ans lorsque les Kings ont fait appel à ses services en décembre 2011. Cinq mois plus tard, les Kings célébraient la première conquête de la coupe Stanley de leur histoire, exploit qu’ils répétèrent deux ans plus tard.

Sutter a une face de bois franc, mais il en est à sa 19e saison à titre d’entraîneur en chef dans la LNH. Le bruit a couru l’an dernier que ses joueurs ne pouvaient plus le souffrir, mais il est toujours là.

La force de changer

Tortorella a raconté à son arrivée à Columbus que l’échec qu’il a vécu à Vancouver l’a incité à faire un examen de conscience. Il a dit qu’il devrait être plus à l’écoute des autres, à apprendre à se diriger lui-même et à tourner parfois la tête en voyant un jeune joueur commettre une erreur.

À 58 ans et à sa 16e saison dans la LNH, il essaie encore de s’améliorer. Son changement d’attitude va probablement lui permettre de prolonger sa carrière.

Un entraîneur ne dirige pas 12 ans dans les grandes ligues, comme c’est le cas pour Therrien, sans avoir des qualités.

Therrien ne s’exprime pas avec autant de verve que Guy Boucher. Il ne maîtrise pas l’anglais avec la même aisance que Claude Julien, Alain Vigneault et Boucher. Mais il fait ce pour quoi il est rémunéré. Il prend des décisions.

Son voyage à Los Angeles sera une belle récompense pour son travail et lui vaudra peut-être la reconnaissance qui lui revient à travers la LNH.

S’il réussit à maintenir le Canadien parmi les équipes de tête de la ligue, il rejoindra peut-être Tortorella parmi les lauréats du trophée Jack Adams. Et peut-être qu’un jour, il gravera son nom, comme l’ont fait Tortorella et Sutter, sur la coupe Stanley.