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«C'est ça qui est ça»: Julien joue son avenir à Boston

Propos et réflexions de notre chroniqueur Marc de Foy

Boston Bruins v Florida Panthers
Photo AFP

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Claude Julien terminera-t-il la saison derrière le banc des Bruins? La question a été posée au directeur général Don Sweeney lors du bilan de la première moitié de saison de l’équipe.

«C’est une question légitime, a répondu Sweeney. Il faut examiner chaque chose en détail.»

Il ne s’agit pas exactement d’un vote de confiance envers Julien. Mais c’est normal dans les circonstances. Les Bruins ont raté les séries au cours des deux dernières années. La haute direction n’acceptera pas que la situation se répète une troisième saison consécutive.

Pour le moment, les Bruins sont en bonne position au classement de la division Atlantique. Ils occupent le deuxième rang, derrière le Canadien, mais ils ont disputé cinq matchs de plus que les Sénateurs et les surprenants Maple Leafs, qu’ils devancent par trois et cinq points respectivement.

Les Panthers de la Floride étaient pour leur part sur un pied d’égalité avec les Leafs avant leur match d’hier soir contre les Islanders de New York. Mais ils avaient joué deux rencontres de plus que l’équipe torontoise.

Les Bruins ont du mal à gagner à domicile et à marquer des buts. Ils ne totalisent que 18 points en 19 matchs (9-10-0) au TD Garden, ce qui leur confère le 27e rang dans la Ligue nationale devant les Red Wings de Detroit (17 points), les Coyotes de l’Arizona (16 points) et l’Avalanche du Colorado (11 points).

En ce qui a trait à l’attaque, ils viennent en 23e position tant pour la moyenne de buts marqués par match (2,46) que pour la moyenne d’efficacité en supériorité numérique (15,6 %). Pourtant, ils mènent la Ligue nationale au chapitre des tirs tentés à cinq contre cinq avec une moyenne de 55,5 pour cent.

Patrice Bergeron est en voie de connaître la saison la moins productive de sa carrière, n’ayant amassé que 17 points (8-9) en 41 rencontres. David Krejci connaît lui aussi une saison en deçà de son potentiel avec 27 points en 44 matchs.

Pour toutes ces raisons, il y a lieu de penser que Julien joue son avenir à Boston. Les Bruins tournent en rond depuis trois ans et le propriétaire Jeremy Jacobs va finir par intervenir. Il est même étonnant qu’il ne l’ait pas déjà fait. Il se sent peut-être encore redevable de Julien, qui lui a procuré une coupe Stanley il y a six ans.

Les Bruins présentent une fiche de 415-240-93 sous la direction de Julien, pour une moyenne d’efficacité de ,617. C’est excellent, mais un moment vient où le passé ne compte plus.

C’est la victoire qui compte, c’est la loi du sport. Les entraîneurs sont condamnés à gagner.

Julien sait qu’il joue son avenir à Boston.

1 - Le jeu des prédictions ne m’a jamais vraiment fait vibrer. Mais aujourd’hui, ça ne m’amuse plus du tout. Avant la saison, le Lightning de Tampa Bay et les Predators de Nashville étaient mes choix comme participants à la finale de la coupe Stanley. Or, les deux équipes sont menacées de rater les séries. C’est bien pour dire. Cela dit, il est devenu impossible de faire des prédictions. Les impondérables sont trop nombreux.

Le Lightning est affecté par les blessures. L’absence de Steven Stamkos crée un grand vide. Le gardien Ben Bishop, qui sera admissible au statut de joueur autonome sans compensation en juillet, connaissait une saison difficile avant d’être blessé en décembre. Cinquième en défense l’an dernier, le Lightning se retrouve actuellement au 22e rang à ce chapitre. Le temps commence à presser – et sans Stamkos encore jusqu’au mois de mars -, il y a lieu de se demander si le Lightning sera capable de remonter le peloton.

Mais, contrairement à Julien, le poste de Jon Cooper n’est pas en jeu, même si une non-qualification aux séries serait un dur coup pour le Lightning.

2 – Il manque des éléments aux Maple Leafs pour participer aux séries. Mais, finalement, l’avenir augure bien pour l’organisation torontoise. Auston Matthews est encore meilleur que ce que plusieurs observateurs pensaient. Mitch Marner et William Nylander sont aussi de très bons joueurs. Connor Brown, Zach Hyman et Nikita Zaitsev se tirent également bien d’affaire à leur saison recrue.

Choisi au sein de la formation de la division Atlantique, Matthews deviendra, à 19 ans, le plus jeune joueur des Leafs à prendre part au match des étoiles depuis Wendel Clarke, en 1986. Tout comme Matthews, Clarke avait été le tour premier choix du repêchage l’été précédent.

Boston Bruins v Florida Panthers
Photo d'archives, AFP

«La saison la plus facile dans la carrière d’un joueur est sa première, a dit Clarke au Toronto Star en commentant la nomination de Matthews.

«On ne rencontre pas d’embûches avant notre deuxième ou troisième saison. Quand on est une recrue, on est tellement content de jouer dans la grande ligue. On reçoit un chèque de paie (ce que Matthews a toutefois eu l’an dernier en jouant en Suisse) et on réalise notre rêve de jouer dans la meilleure ligue qui soit. Je suis passé par là, je l’ai vécu. J’ai eu du plaisir en masse!»

3 – Parlant de jeune joueur, Michael McCarron commence à se faire des amis à Montréal. Tellement que plusieurs estiment qu’il est maintenant avec le Canadien pour de bon. Le gros bonhomme connaît ses meilleurs moments dans la Ligue nationale depuis son rappel de Saint John’s avant la période des Fêtes. Il joue avec confiance et il fait sa place sur la patinoire. Personne ne lui pile sur les pieds et il se porte à la défense de ses coéquipiers. Il correspond enfin au joueur que les dirigeants du Canadien voyaient en lui quand ils l’ont repêché en première ronde. Mais qu’on se comprenne bien. Il ne sera pas un grand marqueur, mais bien un joueur qui sera en mesure de contribuer de plusieurs autres façons au succès du Canadien.

4 – Patrick Roy se tient loin des projecteurs en cette année sabbatique. Il passe beaucoup de temps sur les terrains de golf en Floride. Mais ce serait intéressant de connaître son opinion – la vraie -, sur les déboires de l’Avalanche du Colorado. Non, mais que se passe-t-il avec cette équipe? À l’exception de Nathan MacKinnon, tous les autres joueurs de l’équipe sont disponibles, semble-t-il, incluant Gabriel Landeskog et Matt Duchesne. Ça ne fait pas sérieux. La reconstruction d’une équipe demande du flair, du temps et de la patience. Ce n’est pas en échangeant ses joueurs qu’une organisation a sélectionnés dans les premières positions du repêchage qu’elle peut avancer.

À Chicago, les Blackhawks ont repêché Duncan Keith (54e!!!) en 2002, Brent Seabrook (14e) en 2003, Jonathan Toews (3e) en 2006 et Patrick Kane (1er) en 2007. Le temps de trouver les autres morceaux pour devenir une équipe prétendante aux grands honneurs, il leur a fallu patienter jusqu’en 2010 pour remporter la coupe Stanley.

5 - Malgré une fiche reluisante de 11-1-1 à leurs 13 derniers matchs à domicile et un bon dossier de 9-5-3 depuis décembre, les Hurricanes de la Caroline peinent toujours à attirer les foules à leur amphithéâtre. Leur moyenne d’assistance de 11 573 spectateurs leur confère le dernier rang dans la LNH. Ce chiffre correspond à 62 pour cent seulement de la capacité du PNC Arena, qui contient 18 680 sièges.

Mais attendons avant de déménager les Hurricanes à Québec. La LNH – nommément Gary Bettman - , a montré ces dernières années qu’elle tient à préserver ses équipes dans leur marché. On n’a qu’à penser aux Coyotes de l’Arizona.

6 - Le déménagement des Islanders de Long Island à Brooklyn se révèle être un véritable fiasco. Les Islanders montrent une moyenne d’assistance de 12 787 spectateurs pour leurs matchs à domicile, ce qui représente 80,9 pour cent de la capacité du Barclays Arena qui a été conçu pour le basketball. Avez-vous déjà pensé que la LNH est la seule des cinq ligues dites majeures en Amérique du Nord à compter trois équipes dans la région de New York? C’est un non-sens.

7 – Les Sénateurs d’Ottawa semblent pour leur part profiter d’une meilleure appréciation de leurs partisans après un début de saison difficile aux guichets. Alors que les assistances variaient autour de 15 000 spectateurs en octobre et novembre, les foules sont passées en moyenne autour de 17 000 personnes depuis le milieu de décembre. Après deux non-qualifications aux séries au cours des trois dernières années, il semble que les amateurs voulaient voir comment leur équipe se comporterait avant de retourner au Centre Canadian Tire. Globalement, les Sénateurs occupent le 23e rang dans la LNH avec une moyenne de 15 987 spectateurs, pour un taux d’occupation de 83 pour cent.

Comme il fallait s’y attendre, l’équipe pratique un style plus serré sous la direction de Guy Boucher. Après 39 matchs, elle a accordé 16 buts de moins que l’an dernier, mais elle en a aussi marqué 20 de moins. Erik Karlsson est sur une cadence de 67 points, ce qui serait une quinzaine de moins que la saison dernière.

8 – Patrice Bernier et l’Impact en seraient venus à une nouvelle entente d’un an, selon le Réseau des sports. Le contrat stipule que Bernier restera associé à l’équipe après sa carrière de joueur. Voilà une bonne nouvelle. Bernier demeure un actif sur le terrain. Il sera appelé aussi à jouer un grand rôle auprès des jeunes joueurs ainsi que dans la communauté après sa carrière.

Boston Bruins v Florida Panthers
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

9 – Tim Raines pourrait fort bien être élu au Temple de la Renommée du baseball, la semaine prochaine. Son nom figure sur 90 pour cent des bulletins de vote dépouillés jusqu’à présent, peut-on lire dans le New York Times, alors que le pourcentage requis est de 75 pour cent. Raines rejoindrait ainsi Gary Carter et Andre Dawson, les deux premiers joueurs des Expos à avoir été admis au temple. À noter que le nom de Raines figure sur les bulletins de vote pour une 10e et dernière année. Après cette période, les noms des candidats non élus sont soumis à perpétuité à un comité de révision. Vladimir Guerrero a aussi de bonnes chances de se retrouver à Cooperstown tôt ou tard, lui qui est admissible pour la première fois cette année.

10 – Les promoteurs du retour d’une équipe du baseball majeur à Montréal peuvent-ils encore projeter un coût de 500 millions canadiens pour la construction d’un stade au centre-ville? Les projections du coût du nouveau domicile des Braves d’Atlanta, le SunTrust Park qui ouvrira ses portes cette année, s’élevaient à 622 millions américains lors du lancement du projet en 2013. La semaine dernière, les Rangers du Texas ont dévoilé les plans d’un nouveau stade avec toit rétractable évalué à un milliard de dollars.

Peut-on d’ailleurs imaginer un stade sans toit à Montréal? La réponse est non bien que l’étude de faisabilité du projet de ramener une équipe à Montréal, déposée en décembre 2013, n’en prévoyait pas. Les penseurs de Projet Baseball Montréal ont basé leurs estimations sur la base que dans un climat comparable à celui du nôtre, les Twins du Minnesota évoluent dans un stade sans toit.

Voilà une grosse erreur!

À Montréal, un stade de baseball doit être doté d’un toit. Le toit du Rogers Centre, où évoluent les Blue Jays de Toronto, a été ouvert une première fois le 29 mai l’an dernier. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut oublier le retour du baseball majeur à Montréal. Il y a un désir réel de relance. Les investisseurs sont là, le maire Coderre appuie le projet, le commissaire Rod Manfred répète sans cesse que la MLB aimerait revenir chez nous, le système de partage des revenus est amélioré par rapport à autrefois, bref, les astres sont alignés. Mais il faut que le travail soit bien fait.