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Le chasseur d’algues

Le chasseur d’algues
Photo courtoisie Marie-Anne Dubé

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J’aurais voulu le voir à l’œuvre, bravant les flots glacés et agités du Saint-Laurent, armé de son wet suit noir, de son panier flottant et de sa tuque rouge, pour nous cueillir ces algues bienfaitrices trop longtemps ignorées des Québécois.

Mais la Gaspésie, c’est un peu loin. On s’est contenté de jaser au téléphone. Stéphane Maddix-Albert m’a raconté sa nouvelle vie folle à Cap-au-Renard, le bonheur qu’il éprouve depuis trois ans, malgré l’intensité de la tâche et les longues heures de travail, à cueillir ces longues lasagnes de mer accrochées aux parois des rochers le long des côtes.

De mai à octobre, pendant les grandes marées basses des pleines et nouvelles lunes, il sélectionne soigneusement ses trésors maritimes et les coupe avec son couteau à pain en s’assurant de toujours laisser derrière lui suffisamment de plants pour que sa forêt d’algues sauvages puisse se renouveler.

«La tuque rouge, c’est pour que le monde qui passe sur la route me voie de loin. J’aime bien avoir des bips d’encouragement. J’espère toujours qu’on me laisse une collation dans ma voiture», dit-il en riant avec son charmant accent acadien.

Après deux ou trois heures de cueillette, il étend son butin au soleil pour le faire sécher. Des algues brunes et rouges telles que le wakamé atlantique (celle qui ressemble à une grosse lasagne), le kombu royal et le nori atlantique (celle qu’on utilise pour fabriquer les feuilles de sushis). Si le temps est brumeux, il allume un feu de bois pour couper l’humidité.

Retour à la mer

Puis, lorsque la saison de la cueillette se termine, il s’enferme chez lui et se lance dans le long processus d’ensachage en écoutant du blues et du reggae. «Je fais ça tout l’hiver, alors il faut que ça bouge», dit le jeune homme de 29 ans, originaire de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Et comment devient-on chasseur d’algues? «J’ai voyagé, travaillé sur des fermes au Québec et aux États-Unis», raconte-t-il. Après une aventure d’un an et demi dans une ferme du village de Ripon, en Outaouais, il est revenu à la mer, son premier amour.

«Le terroir, c’est aussi tout ce qui pousse à l’état sauvage dans nos forêts», dit-il. Et pourquoi pas dans l’océan? En étudiant les plantes de bord de mer, il a réalisé tout le potentiel alimentaire des algues et le peu d’intérêt qu’elles suscitaient chez nous.

«En Gaspésie, j’étais le seul à en cueillir il y a trois ans», se souvient-il. Mais le mot s’est passé rapidement, l’engouement pour les produits locaux du terroir aidant. Désormais, il ne passe plus pour un illuminé lorsqu’il se présente comme cueilleur d’algues ou encore paysan de la mer.

De plus en plus de consommateurs québécois les recherchent non seulement pour rehausser le goût de leurs aliments, mais aussi pour leurs propriétés nutritives. Selon les variétés, elles contiennent beaucoup de calcium, de fer, de magnésium, d’iode et de potassium. On serait fou de s’en passer.


Produits vedettes

Algues sauvages cueillies à la main: wakamé atlantique, nori atlantique, main-de-mer palmée (dulse), kombu royal et mélange d’algues en flocons. On peut les faire sécher au four et s’en servir pour saler les aliments ou leur donner du goût.

Le chasseur d’algues
Photo courtoisie, Marie-Anne Dubé

Les produits sont vendus en ligne, dans les épiceries fines et les poissonneries (Fou des Îles sur Beaubien, entre autres). Voir la liste complète sur le site web de l’entreprise: varechphareest.com


Varech Phare Est

Cap-au-Renard (Québec)

418 763-4170

maddixalbert@gmail.com