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Le film qui fait trembler les féministes

Le film qui fait trembler les féministes

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Le 21 janvier à Montréal, au Théâtre Rialto, on pourra voir un documentaire hyper controversé, qui sème la polémique depuis des semaines.

 

Imaginez : The Red Pill (la pilule rouge) est un documentaire, réalisé par une femme,  qui donne la parole à des groupes de défense des droits des hommes !

 

On y parle (entre autres) du taux de suicide, du décrochage scolaire et de la violence conjugale qui touche les mâles occidentaux.

 

Or, à Ottawa en décembre, une représentation du film a été annulée. Quand le film a finalement été présenté dans une autre salle que celle prévue initialement, des manifestantes(s)s traitaient les spectateurs qui allaient voir le film de "nazis".

En Australie une pétition a circulé pour empêcher la diffusion du film et même pour empêcher la réalisatrice d’entrer au pays... Une projection à Melbourne a été annulée !

En Angleterre, des groupes de pression ont tenté en vain d'empêcher les projections du film.

Des féministes, qui n’ont même pas vu le film, seulement des extraits, sont même allées jusqu’à qualifier le documentaire de misogyne.

La réalisatrice, l'Américaine Cassie Jaye, a eu toutes les difficultés du monde à financer son film. Des compagnies avaient peur d’être associées à ce sujet aussi controversé ! Elle a dû se tourner vers une campagne de sociofinancement pour boucler son budget.

 

Aaaaaaah, la gauche progressiste, qui défend la liberté d’expression mais seulement à sens unique, seulement quand ce sont ses idées, son point de vue qui est mis de l’avant... !

Dans ce documentaire, Cassie Jay donne la parole à des militants pour les droits des hommes et à des féministes. Elle se livre aussi à la caméra en documentant son parcours, l’évolution de sa réflexion. Elle a commencé ce documentaire avec des préjugés sur les groupes « masculinistes », pensant que c’était des  extrémistes qui détestaient les femmes. Pour se rendre compte au fil des interviews que ces groupes d’hommes demandaient seulement que leur voix soit entendues, que leurs droits soient reconnus.

 

J’ai parlé hier à la réalisatrice du documentaire Cassie Jaye.

 

« C’est dérangeant que des gens (qui n’ont jamais vu mon film) mettent tant d’effort à vouloir le censurer. Ces gens croient tout ce que les médias « mainstream »  véhiculent au sujet des MRA (Men’s Right’s Activists). Dans mon film, je déboulonne le mythe voulant que ce sont des misogynes. Ce sont des hommes qui sont pour l’égalité des droits, pour qu’on reconnaisse autant les droits des hommes que les droits des femmes. »

 

Cassie Jay se défend bien d’avoir fait un film de propagande. « J’ai une approche équilibrée : je donne la parole autant aux masculinistes qu’aux féministes. C’est fascinant de voir que plusieurs des hommes que j’ai interviewés étaient à l’origine dans des regroupements féministes, pensant que ces groupes étaient pour l’égalité des sexes. Mais chaque fois qu’ils abordaient des questions de droits des hommes, ils se faisaient dire de se taire. Les féministes pensent que les hommes n’ont pas besoin d’aide. Il y a tellement de thématiques propres aux hommes et ils n’ont aucun lieu où en parler. »

 

J’ai demandé à Cassie ce qu’elle avait le plus appris en rencontrant ces groupes de droits des hommes. Elle m’a parlé de la mortalité au travail qui touche les hommes à 95% ; des morts dans l’armée qui touchent les hommes à 98% ; des droits des pères qui sont bafoués par le système de justice ; du décrochage scolaire chez les garçons alors que les programmes gouvernementaux visent seulement à aider et encourager les filles ; du taux de suicide alarmant chez les hommes ; de la moins grande espérance de vie des hommes ; des gars qui se trouvent à payer des pensions alimentaires pour des enfants qui ne sont pas les leurs ;  des hommes victimes d’agressions sexuelles ; etc.

 

 

 

« Ce n’est pas que les hommes sont plus des victimes, ou que les femmes sont plus des victimes. C’est que les problématiques des hommes ne sont pas les mêmes que celles des femmes. Mais le féminisme, qui est supposément pour l’égalité, ne se penche pas sur les problématiques typiquement masculines. »

 

 

Mais Cassie a aussi soulevé un autre argument qui est crucial : « Les femmes se sentent attaquées dès que l’on parle des femmes qui abusent de leurs droits. Les femmes ne sont pas toutes des anges ! On a le droit de dire que certaines femmes sont violentes, manipulatrices, agressives, qu’il y en a qui briment les hommes, les pères dans leurs droits. Mais ça, les féministes ne le supportent pas. »

 

J’ai demandé à Cassie ce qu’elle espérait véhiculer comme message aux spectateurs qui iront voir son film à Montréal le 21 janvier. « J’espère que ça va être l’amorce d’une discussion, d’un débat. J’espère que les féministes vont commencer à s’intéresser aux problématiques masculines. Si le féminisme ne met l’accent que sur les problématiques féminines, il faut qu’il change pour être vraiment un mouvement pour l’égalité entre les sexes. 

 

« Les problématiques des hommes sont réduites au silence. La preuve, c’est qu’on veut me réduire au silence et réduire mon film au silence. »»

 

 

Et pourquoi croit-elle que son film est si dérangeant aux yeux de certains/certaines ?

 

« C’est un film qui demande au public de penser par lui-même. Ça, pour certaines, c’est menaçant. »

 

Enfin, j’ai contacté le proprio du Rialto, pour lui demander si lui aussi avait reçu des pressions contre le film. Voici sa réponse : «  Nous n'avons pas à ce jour reçu de pression de ne pas montrer le film. Je suppose que c'est seulement en le visionnant que le monde pourra se faire une opinion, bonne ou mauvaise, sur son contenu ».

 

J’ai hâte de voir ce que ça va donner le 21 janvier. Rendez-vous au Rialto.