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Ski acrobatique: grosse commande pour le retour au boulot

Dix épreuves en six semaines attendent les spécialistes des bosses

La dernière «défaite» de Mikaël Kingsbury remonte au 27 février 2016 au Japon. Depuis, le Québécois a aligné trois victoires en autant de départs pour porter son total inédit à 34 en carrière.
PHOTO D'ARCHIVES La dernière «défaite» de Mikaël Kingsbury remonte au 27 février 2016 au Japon. Depuis, le Québécois a aligné trois victoires en autant de départs pour porter son total inédit à 34 en carrière.

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Avec une commande de 10 épreuves en six semaines, les skieurs acrobatiques appartiennent à la faible minorité de Québécois s’empêchant de rêver à des vacances sous le soleil après les Fêtes.

Le calendrier de la Coupe du monde impose ses caprices aux spécialistes des bosses. L’épreuve de Lake Placid de vendredi marque leur retour au boulot depuis leur première course de la saison en Finlande qui remonte aussi loin qu’au 10 décembre.

«Dans le meilleur des mondes, ce serait bon d’avoir plus de continuité dans le calendrier. Je ne dis pas que j’aimerais passer mon Noël en Europe comme Alex Harvey ou Marie-Michèle Gagnon, mais c’est vrai que ça donne un bon écart depuis la dernière compétition. C’est pour ça qu’on a pris les derniers jours à Val St-Côme pour dérouiller la machine et s’assurer d’arriver prêt à Lake Placid», explique Philippe Marquis, qui avait terminé sixième du premier acte remporté par Mikaël Kingsbury.

Vers les mondiaux

La compétition de Lake Placid, orpheline d’ambiance en raison de son parcours difficilement accessible au milieu de la montagne de Whiteface, lance un horaire chargé marqué notamment par un arrêt à Val Saint-Côme, le 21 janvier, et une tournée de trois pays en Asie.

Les principales dates encerclées demeurent cependant celles des 8 et 9 mars à Sierra Nevada, en Espagne, avec les championnats mondiaux. Il y a là le principal enjeu pour tous les skieurs, même ceux dans l’ombre de Kingsbury et des soeurs Dufour-Lapointe.

«Si j’ai encore quelques essais à faire avec mes sauts et de la vitesse à aller chercher, c’est le temps de les faire en me mettant des défis personnels. Je veux que la machine soit bien rodée pour les mondiaux que je vais attaquer comme si c’étaient les Jeux olympiques», affirme Marquis, meilleur Canadien derrière Kingsbury au classement de la Coupe du monde la saison dernière avec son quatrième rang.

Qui fera tomber le «King»?

La dernière «défaite» de Kingsbury remonte au 27 février 2016 au Japon, où l’Américain Bradley Wilson l’avait relégué au deuxième rang. Depuis, le Québécois a aligné trois victoires en autant de départs pour porter son total inédit à 34 en carrière.

Qui deviendra le prochain à faire tomber le patron incontesté des bosses?

«Oh! Boy!», livre Philippe Marquis comme début de réponse.

«Ça peut arriver en fin de semaine ou n’importe où ensuite parce qu’il y a beaucoup de pression. Le niveau est très fort cette année. Ce n’est plus aussi facile que les statistiques le prétendent. Une piste comme celle de Lake Placid, justement, où les conditions météorologiques peuvent devenir un facteur, je ne serais pas surpris qu’il l’échappe. En même temps, il demeure quelqu’un de très difficile à battre.»

Lake Placid: la nouvelle Mecque des Québécois

Le ciel de Lake Placid est maintenant l’endroit le plus près du Québec où nos spécialistes des sauts peuvent s’exécuter en Coupe du monde.

Jadis le berceau de ce sport de voltiges, le Québec ne figure plus au calendrier international depuis que la station de Val Saint-Côme a présenté la dernière épreuve en janvier 2014.

«C’est vrai que c’est décevant un peu et ce serait plaisant de pouvoir compétitionner chez-nous, mais toutes les épreuves de la Coupe du monde ont la même valeur. Se trouver en Chine est bien sûr différent d’être au Canada, alors on s’y fait et la situation est somme toute viable», exprime la Montréalaise Catrine Lavallée, 10e au cumulatif de la Coupe du monde.

Comme aller à vélo

Lavallée et Mélissa Corbo de Blainville, ainsi que les Québécois Lewis Irving et Olivier Rochon et l’Ontarien Travis Gerrits participeront à l’épreuve de Lake Placid samedi. Comme pour leurs collègues des bosses, les sauteurs reviennent d’un long écart dans le calendrier depuis l’épreuve par équipe en Chine, le 18 décembre, où Lavallée, Irving et Gerrits avaient logé le Canada au deuxième rang du concours par équipe.

C’est déjà loin tout ça, alors un camp de préparation d’une semaine au début de janvier, à la station Le Relais de Lac-Beauport, leur a servi à retrouver leurs repères.

«Le saut en ski acrobatique, c’est comme aller à vélo: ça revient vite», témoigne Catrine Lavallée, âgée de 21 ans. «On est habitué de s’entraîner l’été et d’exécuter des sauts presque à l’année longue. En fait, c’est beaucoup plus mentalement que ça demande un ajustement.»

Irving, meilleur Canadien

En vertu de ses 7e et 18e rangs aux deux épreuves individuelles en Chine, Lewis Irving de Québec occupe le 11e rang au cumulatif pour le meilleur résultat canadien. Gerrits et Rochon suivent respectivement 20e et 25e.

Pour Lavallée, qui s’élancera seulement dans un septième départ en Coupe du monde à Lake Placid, elle a déjà en tête d’améliorer sa septième position obtenue en Chine, ce qui en fait sa meilleure référence.

«Je ne compétitionne jamais pour finir la dernière!»