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Téléréalité «Le lot du diable»: de la sueur, des efforts, mais pas d’amour

Le lot du diable
Photo COURTOISIE

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L’incursion de la chaîne Historia dans l’univers de la téléréalité s’amorce en force avec «Le lot du diable», une production originale se déroulant en pleine colonisation du Québec, dans les années 1930.

Oubliez les rapprochements sentimentaux et les potins de toutes sortes; l’émission animée efficacement par «l’inspecteur» Louis Champagne s’appuie sur un concept «nouveau genre» et des participants qui sont là (surtout) pour travailler.

Au boulot

Ici, pas le temps de trop s’apitoyer sur son sort. Exit la contemplation, le ressentiment et les anticipations à l’emporte-pièce; il faut créer. Tant mieux.

On doit se retrousser les manches et relever les défis qui se présentent afin de faire revivre une époque révolue.

Divisés au départ en deux colonies (celle de la cabane brûlée et celle de la cabane de l’épinette), les nouveaux colons n’ont d’autre choix que se faire confiance, se diviser les tâches, tout en gardant à l’esprit qu’il n’y aura qu’un seul gagnant au terme de rondes d’élimination mettant en scène uniquement les participants.

Sans être des plus exubérants, les candidats montrent rapidement de quel bois ils se chauffent. C’est le cas de la coiffeuse Julie avec son langage coloré ou encore de l’entrepreneur en électricité Alain qui cabotine, mais refuse de se faire piler sur les pieds. Impossible également de passer sous silence la présence de Laura, 67 ans, qui voit le bon côté des choses.

Entre des coups de hache, de marteau et de scie, les participants sont forcés de réparer un toit, creuser un puits, construire une chapelle et mettre sur pied une ligne téléphonique pour parler à leurs proches. Ils agrémentent le tout de quelques répliques drôles, comme celle d’Anastasia, affamée: «Je vois des poules et ¨astheure¨, je vois des steaks».

Ils sont aussi confrontés à l’arrivée de personnages comme un agent des terres (qui évalue leur travail) et un vagabond (qui quémande leur hospitalité), rôles défendus par des comédiens.

Petits bémols

Les 14 participants – tout comme la cinquantaine de techniciens embauchés – ont profité d’un temps plus que clément durant le mois qu’ils ont passé dans le bois. Tournée en août dernier, «Le lot du diable» s’est déroulée sous un soleil radieux, à l’exception de trois jours de pluie.

Cela explique peut-être en partie pourquoi il manque ce côté sale, cet aspect «crotté» qu’on associe souvent à un périple de longue durée en forêt. On aurait apprécié une nuée d’insectes, beaucoup de boue et des dangers. Bref, c’est un peu trop propre.

Et puis, force est d’admettre que l’instinct de survie n’est pas très présent, que le besoin d’urgence ne se fait pas beaucoup sentir, du moins à la lumière du premier épisode. L’atmosphère s’apparente davantage à celle des «Pays d’en haut», avec les véritables difficultés liées au ravitaillement, la gestion d’un maigre budget et l’absence d’électricité.

Cela n’altère toutefois que peu l’intérêt du téléspectateur et la qualité de l’ensemble qui s’appuie sur un concept intéressant comme on en voit trop peu. Ne serait que pour apprécier les habiletés ou les maladresses de certains sans l’omniprésence de la séduction, l’émission vaut le détour.

Le premier coup de hache du «Lot du diable» – produite par Zone 3 et tournée avec un budget de 2 millions $ –, sera donné le jeudi 19 janvier à 21 heures, à la fois sur Historia et Séries+. Le gagnant de l’aventure qui empochera 100 000 $ sera couronné lors du dixième épisode.

Il faudra également jeter un coup d’œil aux capsules web qui s’intéresseront aux nombreux défis auxquels l’équipe technique a été confrontée.