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Un danger bien réel

Un danger bien réel
Photo AFP

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La première conférence de presse du président élu Donald Trump était fidèle au personnage. Toujours aussi brouillon et friand d’hyperboles, la «fonction» présidentielle qui l’attend d’ici une semaine n’y change rien.

Un moment clé glaçait néanmoins le sang. En furie contre la diffusion par le site Buzzfeed d’un document contenant de graves allégations non vérifiées sur de présumés liens entre le Kremlin et l’entourage de M. Trump, ce dernier en a profité pour déverser une mer de fiel sur LES médias.

Fake news

Jetant le réseau CNN dans le même panier, il refusa carrément de prendre une question de Jim Acosta, son correspondant senior à la Maison-Blanche tout en accusant son réseau de propager des fake news (fausses nouvelles). Or, CNN n’a jamais diffusé ce document.

Lorsqu’un président élu se croit investi du pouvoir de bloquer les questions d’un journaliste, il y a de l’autoritarisme dans l’air. Selon Acosta, le secrétaire de presse de M. Trump l’aurait même menacé de le sortir de la salle la prochaine fois qu’il tenterait de poser une question.

Stratégie

Derrière cette attitude autoritaire se cache une stratégie bien définie. Brandir le terme fake news à répétition permet à Trump de discréditer tout média qu’il juge trop critique ou dérangeant.

Il s’en est d’ailleurs servi bien avant cette «affaire» BuzzFeed et le sérieux problème d’éthique que pose sa publication d’un rapport non vérifié.

En diabolisant l’ensemble des médias, Trump polarise l’opinion et monte sa propre base électorale contre ceux-ci. Le «vrai» s’incarnant dans la «vision» Trump et le «faux» se confondant avec tout ce qui s’en éloigne.

La liberté de presse — un des principaux piliers de la démocratie — en est la première victime. Comme quoi, l’actrice Meryl Streep avait tout à fait raison de s’en inquiéter aux Golden Globes. Sous l’ère Trump, le danger est bien réel.