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Embauches partisanes: le PQ accusé de «détournement de fonds»

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Libéraux, caquistes et solidaires accusent en coeur le Parti québécois de «détournement de fonds publics» et réclament une enquête indépendance sur l'usage du budget de l'Assemblée nationale.

Le Journal a révélé vendredi que des employés du PQ qui font du travail partisan sont payés à même l'enveloppe parlementaire.

Certains employés du cabinet du Whip de l'opposition officielle organisent des activités de financement, coordonnent les élections partielles et les campagnes à la chefferie. Plus encore, plusieurs d'entre eux ne mettent pratiquement jamais les pieds au Parlement.

Outrée, la Coalition avenir Québec a fait parvenir une lettre au président de l'Assemblée nationale, le libéral Jacques Chagnon, pour que toute la lumière soit faite. «Qu'on identifie les montants et qu'on demande le remboursement!», a réclame le Whip caquiste Donald Martel.

Selon lui, ce n'est que la pointe de l'iceberg. Son collègue Éric Caire a d'ailleurs soulevé d'autres cas troublants d'employés payés par le bureau du chef péquiste, mais qui ont des mandats partisans.

C'est le cas notamment d'Evelyne Abitbol, nouvelle conseillère de Jean-François Lisée, qui a obtenu le mandat «d'élargir significativement la place des membres de la diversité au sein du PQ».

«En quoi, là, ça vient faire en sorte que l'opposition officielle (...) va faire un meilleur travail parlementaire, parce qu'il y a des gens payés avec des deniers de l'Assemblée nationale pour organiser les comtés politiques du PQ pour la prochaine élection? Ça, c'est du détournement de fonds!», s'insurge le député de La Peltrie.

Enquête du commissaire à l'éthique

Le gouvernement libéral réclame également une enquête du commissaire à l'éthique sur le comportement du PQ. «Le Parti Québécois utilise sans gêne les fonds publics pour faire de la partisanerie et contrevient ainsi aux règlements établis par le Bureau de l’Assemblée nationale», déplore le Whip en chef libéral, Stéphane Billette.

«Les mains dans le bol»

La solidaire Manon Massé n'était pas moins furieuse. Elle estime qu'en utilisant de la sorte les deniers de l'Assemblée nationale, le PQ se donne «un avantage» sur les autres formations politiques, notamment lors des élections partielles.

Selon Mme Massé, les budgets de l'Assemblée nationale devraient d'ailleurs être soumis à la Loi d'accès à l'information, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. «Quand le monde se mettent les mains dans le bol de même, là, c'est parce que ce n'est pas transparent».

Le bal des hypocrites

Des reproches tournées en ridicule par le chef péquiste Jean-François Lisée, qui accuse ses adversaires de faire du «cinéma».

«Aujourd'hui on était dans le film Casablanca, on a vu la CAQ découvrir que des attachés politiques et des agents de liaison étaient payés par l'Assemblée nationale et faisaient de la politique! Le plus drôle, c'est quand le représentant du PLQ a fait semblant de découvrir qu'il y a des militants de partis qui sont embauchés dans des cabinets de whip, de ministres, et qui font de l'activité politique, c'était du grand théâtre!»

Le leader souverainiste assure que son parti se conforme aux règles de l'Assemblée nationale.

M. Lisée se dit prêt à participer aux enquêtes, à condition qu'elles s'appliquent également aux autres formations politiques, qui ne sont pas sans tort. «La tuile qu'on a tenté de nous envoyer, elle est en forme de boomerang et je pense qu'elle va faire mal!», a-t-il prédit.

Le chef du PQ n'est pas contre des règles plus claires pour la gestion des budgets parlementaires. «Mais je suis contre l'hypocrisie et aujourd'hui, on était vraiment dans un bal des hypocrites».