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Le béluga menacé de disparaître du fleuve

22 carcasses ont été retrouvées sur les rives en 2016

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Photo courtoisie, Robert Galbraith Le Dr Stéphane Lair prélève des morceaux d’organes de bélugas échoués.

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Un nombre élevé de 22 bélugas s’est échoué sur les rives du Saint-Laurent en 2016, faisant craindre le pire aux experts pour la survie de l’espèce emblématique du fleuve.

«C’est beaucoup plus que la moyenne des 30 dernières années, [qui est] d’une quinzaine, et c’est raisonnable de penser qu’à moyen terme, les bélugas vont disparaître», laisse tomber le médecin vétérinaire Stéphane Lair, qui fait l’examen médical des cadavres retrouvés.

D’ailleurs, l’espèce, qui vit à l’année dans le fleuve Saint-Laurent, est passée de menacée à officiellement en voie de disparition cet automne chez Pêches et Océans Canada.

Malgré la fin de la chasse, il y a plus de 30 ans, la population de baleines blanches a continué de diminuer. Leur nombre est estimé à moins de 900 actuellement dans le Saint-Laurent.

Nouveau-nés

«Ça doit changer si l’on veut que nos enfants et petits-enfants connaissent les bélugas», renchérit le directeur du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud.

Robert Michaud<br>
<i>GREMM</i>
Photo courtoisie Gremm
Robert Michaud
GREMM

Le scientifique estime que l’on se doit d’être «alarmiste» quant à l’avenir du béluga chez nous.

«Ce qui est encore plus inquiétant que le nombre de carcasses, c’est que ce sont surtout des nouveau-nés et des femelles que l’on trouve morts», dit-il.

Ces morts de nouveau-nés s’observent à la hausse depuis six ans, ajoute M. Michaud, ce qui n’augure rien de bon.

«Le bruit a un impact sur le stress et dérange les femelles lorsqu’elles mettent bas en été. Limiter les transports et garder nos distances sont des gestes qui peuvent aider», suggère M. Michaud.

164 carcasses

Les experts ont aussi d’autres hypothèses pour tenter d’expliquer le déclin de la population de bélugas, comme le réchauffement de la température du fleuve et la présence de contaminants.

«Malheureusement, dans le tiers des cas, nous ne pouvons pas établir la cause du décès en raison de la décomposition trop avancée», poursuit M. Lair.

Cette année, il a pu prélever des échantillons d’organes sur seulement cinq bélugas échoués, dont il attend encore les résultats.

En tout, 164 carcasses de baleines et de phoques ont été retrouvées le long du Saint-Laurent en 2016 selon le GREMM, dont 19 petits rorquals et 28 marsouins communs.