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Le deuxième plus imposé au monde

Le Québec se classe tout juste derrière le Danemark, selon le Bilan de la fiscalité 2017

Froid
Photo d'archives Simon Clark Quelque 75 % des Québécois déclarent un revenu sous la barre du 50 000 $ annuellement, et plus d’un tiers, moins de 20 000 $.

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Hormis le Danemark, le Québec est l’endroit au monde qui utilise le plus l’impôt sur le revenu pour garnir ses coffres. On peut parler d’une véritable dépendance, dit Luc Godbout, titulaire de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université Sherbrooke.

La Chaire vient de publier son Bilan de la fiscalité au Québec, édition 2017.

«Avec cette deuxième place mondiale, on peut dire que le Québec a vraiment tendance à surutiliser l’impôt sur le revenu en proportion de son PIB», dit Luc Godbout. Cependant, si on prend l’ensemble des taxes et impôts que payent les Québécois (incluant les taxes à la consommation, foncières, scolaires, et les cotisations prélevées par divers régimes sociaux) le Québec baisse de rang dans le palmarès: «La province a un résultat élevé, 37,6 %, mais elle se situe au onzième rang, sur 35 pays, lorsqu’on prend le poids de tous les prélèvements», dit Luc Godbout.

Moins de taxes

La moyenne des pays de l’OCDE est de 34,3 % et celle du Canada sans le Québec, de 29,7 %. Le pays le moins taxé et imposé est le Mexique, à 17,4 %, et le plus, le Danemark, à 46,6 %. Nos voisins américains ont un taux de 26,4 %.

À près de 15 %, les taxes à la consommation sont en effet moins élevées au Québec que dans bien des pays européens. «Le Québec est au neuvième rang des endroits où cette taxe est la plus faible. On est donc parmi ceux qui l’utilisent le moins. À cet égard, le Québec se rapproche des pourcentages nord-américains, dit Luc Godbout, alors qu’avec son taux d’imposition, il est dans le camp des Européens.»

Il y a donc une nette préférence au Québec, mais aussi ailleurs en Amérique du Nord, à préférer le prélèvement sur le revenu plutôt que sur la consommation. «A priori, dit M. Godbout, cela tient davantage compte de la capacité de payer des gens. Mais quand on est deuxième au monde, les plus imposés, ça a peut-être pour effet d’inciter les gens à moins travailler.»

Revenus modestes

Même les Québécois aux revenus modestes ont des taux d’imposition supérieurs à ceux des autres provinces canadiennes et des États-Unis. «Le poids de l’impôt est important pour les moins nantis aussi», dit Luc Godbout.

Et les Québécois ne font pas des salaires exorbitants, loin de là: 75 % d’entre eux déclarent un revenu sous la barre du 50 000 $ annuellement, et plus d’un tiers, moins de 20 000 $. À l’autre bout du spectre, 6 % des contribuables ont déclaré un revenu supérieur à 100 000 $.

 

Poids des impôts sur le revenu des particuliers (en pourcentage du PIB)

1. Danemark 25,4 %
2. Québec 13,5 % (2014)
3. Islande 13,3 %
4. Finlande 13,3 %
5. Belgique 12,6 %

* Données pour 2015, sauf indications contraires

Sources: OCDE (2016); ISQ (2016); CFFP (2017)