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Choquées par Trump, des Québécoises se mobilisent

Marche des femmes
Photo Boris Proulx Alia Hassan-Cournol (à gauche) et France Désaulniers organisent la «Manif des Femmes à Washington» de Montréal. La victoire de Donald Trump les a convaincues de joindre leur voix à celles de centaines de milliers de marcheurs à Washington, le 21 janvier.

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Des Québécoises se rendront à Washington pour se joindre à des centaines de milliers de femmes qui marcheront samedi contre la misogynie du nouveau président.

Pour France Désaulniers, Donald Trump n’est qu’un «grossier personnage». La Montréalaise de 58 ans peine toujours à décrire son désarroi du soir des élections américaines.

«Avec tout ce qu’il a dit sur les femmes, sur les immigrants... Je me disais que ça ne se pouvait pas.»

Choquée, elle s’est tournée vers les médias sociaux, où elle a vu le message de Teresa Shook, une retraitée comme elle qui vit à Hawaï et qui a lancé un appel à une marche des femmes, «Women’s March on Washington», le 21 janvier.

«Dès le lendemain, avec des amies, on a créé un groupe Facebook pour les femmes du Québec qui veulent participer», explique-t-elle.

L’initiative a rapidement été imitée dans d’autres villes canadiennes. Déjà, le groupe «Manif des Femmes à Washington - Montréal» a reçu assez d’inscriptions pour remplir au moins un autobus vers la capitale américaine le soir où Trump deviendra président.

Manif à Montréal

C’est aussi l’élection de Trump qui a poussé Alia Hassan-Cournol à se joindre à l’organisation d’un rassemblement ici en soutien aux Américaines.

«En tant que femme ''racisée'', issue de la diversité, je devais m’impliquer», estime l’étudiante au doctorat en sciences politiques franco-égyptienne de 28 ans.

Elle coorganise la version québécoise de la protestation qui aura lieu à 11 h à la Place des festivals, en même temps que la marche de Washington et d’événements dans plus de 350 villes du monde, indique le site web officiel.

«Les personnes de toutes les orientations sexuelles et de tous les genres sont les bienvenues», précise Alia Hassan-Cournol, qui espère voir 4000 personnes.

Selon les organisatrices, l’événement n’est pas «contre Trump», auteur de la phrase «Grab them by the pussy» («attrapez-les par la chatte»), mais contre le sexisme en général.

«On veut dire à nos amies aux États-Unis: ''Vous n’êtes pas seules'', et passer le message à M. Trump que la planète le regarde», avertit France Désaulniers.

Reculs

Même si ce n’est pas le Canada que Donald Trump va diriger à partir de la semaine prochaine, les deux organisatrices croient que les valeurs du président controversé risquent de provoquer des reculs même ici.

«Bien sûr qu’on est touché par ce qui se passe aux États-Unis. Le sexisme [dont fait preuve Trump], on le rencontre tous les jours dans nos vies de filles, de femmes», ajoute Alia Hassan-Cournol.

Sa présidence aura au moins comme avantage de galvaniser les militants pour 2017, croient les deux femmes qui prédisent d’autres manifestations.

Montréal a déjà été l’hôte de grands rassemblements historiques, comme la marche du Pain et des roses de 1995 ou celle contre la guerre en Irak, en 2003.