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Lutter contre la drogue pour vaincre le suicide

Un chef innu estime que la détresse des jeunes est liée aux problèmes de dépendance et au manque d’emplois

Mike McKenzie
Photo Jean St-Pierre Le chef innu Mike McKenzie espère obtenir de l’argent pour financer sa lutte contre les drogues et la formation des jeunes autochtones.

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SEPT-ÎLES | Une communauté innue veut combattre le suicide en luttant contre la drogue et en créant des emplois.

En juin dernier, une enquête publique a été tenue dans la communauté de Uashat mak Mani-Utenam près de Sept-Îles afin de faire la lumière sur les cinq suicides qui s’y sont produits en 2015 en quelques mois seulement.

Le coroner Bernard Lefrançois dévoilera aujourd’hui ses principales conclusions, mais déjà le chef de la communauté sait ce qu’il faut pour réduire la détresse chez ses jeunes. Un plan d’action a d’ailleurs été adopté mardi.

Drogue

La grande priorité est d’éliminer l’accès facile aux drogues de synthèse.

Le chef Mike McKenzie veut que son Service de sécurité publique opère une escouade antidrogue avec la SQ et la GRC.

Pas moins de 40 des 43 personnes qui se sont suicidées dans la communauté depuis 1994 étaient dépendantes des drogues.

Jeunesse

Quelque 35 % des 4000 citoyens de la communauté ont moins de 20 ans. Le chef souhaite pouvoir investir dans la formation de ces jeunes afin qu’ils puissent trouver un emploi plus facilement.

Il se donne d’ailleurs dix ans pour que l’ensemble des 1000 employés du conseil et de ses compagnies en commandite soit autochtone. Les Innus forment 65 % du personnel présentement.

«C’est encore difficile de trouver des travailleurs sociaux diplômés dans la communauté. Tous nos professeurs non autochtones ont signé des contrats qui précisent que leurs jobs seront cédés aux Innus qui obtiendront la bonne formation», précise le chef. Il croit que les services sociaux aux Innus, comme la DPJ, doivent être assumés par des Innus.

À la suite du dépôt du rapport, le chef McKenzie souhaite que sa communauté obtienne de l’argent pour financer ces initiatives.

La communauté se réjouit qu’il n’y ait pas eu de suicide dans la communauté en 2016. Le chef espère ne jamais revivre une telle vague de suicides.

 

Développer l’appartenance chez les jeunes

 

Une des priorités du conseil de bande de Uashat mak Mani-Utenam est de faire renouer les jeunes de la communauté avec les traditions innues.

Plusieurs des jeunes de la communauté ne parlent que français alors que leurs grands-parents ne parlent souvent que l’innu, ce qui rend difficile la communication entre les générations et les séjours en forêt pour apprendre les traditions.

Nouveau programme

Mike McKenzie est fier de l’implantation du programme Innu-Aitun, qui vise à développer l’appartenance.

«Par tradition, les grand-mamans ont joué un rôle important auprès des enfants. On a organisé des séjours en forêt. Beaucoup de jeunes n’ont jamais été dans le bois.»

Le conseil de bande a également investi à la rentrée scolaire pour ajouter des ressources dans ses trois écoles. Au primaire à Mani-Utenam par exemple, on a regroupé huit élèves à risque avec trois adultes responsables.