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Le président chinois lance un appel pour un monde sans armes nucléaires

Le président chinois Xi Jinping
Photo AFP Le président chinois Xi Jinping

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Le président chinois Xi Jinping a lancé mercredi un appel à un monde multilatéral, débarrassé des armes nucléaires et respectueux des droits de chaque nation, dans un discours fleuve au siège de l’ONU à Genève.

«Les armes nucléaires devraient être totalement interdites et détruites afin de construire un monde sans armes nucléaires», a-t-il dit dans un long discours de plus de 45 minutes prononcé devant un parterre de quelque 800 invités, dont le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

La Chine, puissance nucléaire, est un des 5 membres permanents du Conseil de Sécurité.

Le président Xi, qui achève une visite de quatre jours en Suisse, a défendu le multilatéralisme et condamné le protectionnisme «qui ne profitera à personne».

La veille déjà, au Forum économique de Davos, le numéro un chinois s’était prononcé en faveur du «développement du libre-échange» et avait appelé à «dire non au protectionnisme».

La présence historique du chef de l’État chinois à Davos et sa tournée en Suisse ont été interprétés par certains experts comme une volonté de la Chine de s’emparer du leadership mondial au moment où les États-Unis traversent une période d’incertitude avec l’arrivée au pouvoir du nouveau président Donald Trump.

Mais le président chinois s’est bien gardé dans son discours devant l’ONU de montrer les muscles.

La Chine, a-t-il affirmé, «ne cherchera jamais à s’étendre ou à se construire une sphère d’influence», en référence aux accusations formulées par certains de ses voisins qui s’inquiètent des visées maritimes de Pékin en mer de Chine du Sud notamment.

Pas d’ingérence

«Les grands pays doivent traiter les petits comme des égaux, au lieu de se comporter comme des hégémonistes imposant leur volonté aux autres», a-t-il martelé, ajoutant: «Nous devons rejeter la domination d’un ou de plusieurs pays».

Reprenant un thème récurrent des discours officiels chinois, M. Xi a également condamné toute ingérence dans les affaires intérieures d’un autre État et réclamé «l’égalité souveraine» entre nations.

Il a à cet égard fait l’éloge des Nations Unies et de ses agences qui ont imposé le principe d’un pays, un vote.

À propos des États-Unis, le chef de l’État chinois a promis de tout faire pour trouver «un nouveau mode de relations» avec Washington, alors que Donald Trump deviendra vendredi le 45e président américain.

Évoquant la lutte contre le terrorisme, M. Xi a estimé que ce devait être «la responsabilité partagée de tous les pays». La Chine est elle-même confrontée à une menace terroriste sur son territoire émanant de minorités musulmanes qui rejettent le pouvoir de Pékin.

Dans son discours, le chef de l’ONU, venu spécialement de New York pour l’accueillir, a remercié le président Xi pour sa défense du multilatéralisme.

«Sous votre direction, la Chine est devenus un pilier central du multilatéralisme», a-t-il dit.

Pendant son séjour en Suisse, le président chinois a visité le Comité olympique international (CIO) dont le siège est à Lausanne, et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dont la directrice générale, la Hongkongaise Margaret Chan, doit quitter ses fonctions en mai.

Pékin a été désignée pour organiser les Jeux Olympiques d’hiver de 2022.