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Françoise David s’arrête avant un deuxième burnoutout

Elle ne pouvait plus supporter le stress et le rythme de la vie politique

Françoise David, 69 ans, a fait son annonce aux côtés des deux autres députés solidaires émus, Manon Massé et Amir Khadir.
Photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS Françoise David, 69 ans, a fait son annonce aux côtés des deux autres députés solidaires émus, Manon Massé et Amir Khadir.

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Incapable de dormir, fatiguée d’avoir des maux de dos chroniques et stressée par le manque de temps pour visiter sa nouvelle petite-fille, Françoise David a quitté jeudi la vie politique avant de faire un deuxième burnout.

«Je me suis dit, à l’âge que j’ai, combien de temps me reste-t-il à vivre? confie la politicienne de 69 ans. Je ne veux pas être pessimiste, je veux vivre longtemps, mais je suis réaliste. Je veux voir grandir ma petite-fille.»

Députée de Gouin à Montréal, Mme David a fait son entrée à l’Assemblée nationale pour la première fois en 2012 sous les couleurs de Québec solidaire.

La cofondatrice de ce parti de gauche s’est fait remarquer cette même année lors du débat des chefs, où elle s’est avérée être la révélation de la soirée face à l’ancien premier ministre Jean Charest.

«Je n’avais pas prévu de phrases-clés ou quoi que ce soit, je m’étais dit que j’allais être moi-même», se souvient-elle.

C’est d’ailleurs le plus beau souvenir qu’elle garde de son passage en politique, le moment où elle a senti avoir prouvé aux Québécois qu’ils avaient d’autres options.

«Dans les jours suivant le débat, j’ai réalisé que j’allais vraiment gagner. J’ai eu le sentiment d’avoir finalement réussi à grimper la foutue montagne», raconte-t-elle.

Automne pourri

Mme David assure qu’elle voulait rester jusqu’en 2018, mais elle est épuisée des journées de 12 heures et des nuits courtes.

«J’ai eu un automne pourri», confesse celle qui a déjà fait un burnout en 1982.

«À l’époque, je n’ai rien vu venir et le jour où je suis tombée, ça m’a pris un an à m’en remettre», dit-elle.

Cette fois, elle ne pouvait pas ignorer les signes. Même ses collègues ont constaté son manque d’énergie.

Amir Khadir témoigne l’avoir vu s’étendre lors de réunions tellement elle souffrait de maux de dos.

«C’est une grande perte et on va la regretter, mais elle devait s’écouter», fait-il valoir.

Sa collègue Manon Massé s’inquiétait aussi pour la santé de son amie.

«Je voyais qu’elle en arrachait. Un rhume qui dure une semaine en durait maintenant trois pour Françoise», souligne-t-elle.

Fin novembre, la médecin de Mme David lui a conseillé de prendre une décision.

«J’ai réalisé que je n’allais pas être capable de continuer. Nous ne sommes que trois députés et nous faisons le travail que d’autres font à 15 personnes», dit-elle.

Temps en famille

La naissance de sa petite-fille Eva au même moment a confirmé à Mme David qu’elle prendrait la bonne décision.

Lorsqu’elle est allée lui rendre visite, elle était si fatiguée, qu’elle a dormi presque 12 heures chaque nuit pendant huit jours.

«Je veux être en forme pour elle. Mon fils habite aux Îles-de-la-Madeleine. C’est loin et je veux avoir le loisir d’aller les voir quand j’en ai envie», lance avec un grand sourire Mme David.

Puisqu’elle part à la retraite, Mme David renonce à son allocation de départ.