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Trump veut sauver l’Amérique

Le nouveau président des États-Unis promet de mettre «l’Amérique d’abord»

Donald Trump a prononcé hier un discours d’investiture fortement anti-élite devant des milliers d’Américains rassemblés à Washington.
Photo AFP Donald Trump a prononcé hier un discours d’investiture fortement anti-élite devant des milliers d’Américains rassemblés à Washington.

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Sombre, provocant, cru. Dans son discours d’investiture vendredi, le président Donald Trump a dépeint une Amérique au bord du gouffre qu’il sauvera en redonnant le pouvoir au peuple «oublié».

Lors de son allocution au ton résolument populiste, l’homme le plus puissant du monde a indiqué que ses décisions reposeraient sur un concept: «America first» (l’Amérique d’abord).

Il a notamment promis «d’éradiquer» le terrorisme islamique radical et de mettre fin au «carnage» américain causé notamment par la drogue, le crime et la perte d’emplois aux États-Unis.

«Ensemble, nous rendrons sa force à l’Amérique. Nous rendrons sa richesse à l’Amérique. Nous rendrons sa fierté à l’Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l’Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l’Amérique», a lancé le 45e président américain.

Pays toujours divisé

L’assermentation du magnat de l’immobilier a créé de la tension autour du globe. À Washington, plus de 200 personnes ont été arrêtées pour avoir participé à une émeute.

Donald Trump commence d’ailleurs son mandat avec la pire cote de popularité depuis les 40 dernières années, selon des sondages américains. De nombreuses vedettes ont d’ailleurs refusé de participer à l’investiture vendredi.

«Trump n’a jamais tendu la main vers les nombreuses personnes qui n’ont pas voté pour lui durant son discours. Il n’a pas fait d’efforts pour réparer les pots cassés et il va présider un pays divisé», constate Vincent Boucher, chercheur à l’observatoire des États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand.

Combatif

Même s’il est maintenant président, Donald Trump n’a pas changé son ton typiquement combatif et «anti-diplomatique», soulignent les experts consultés par Le Journal.

Ils ne s’inquiètent toutefois pas trop pour les liens économiques avec le Canada, notamment à cause de l’important Accord de libre-échange nord-américain.

Le professeur émérite de sciences politiques à l’Université Laval, Louis Balthazar, a tout de même indiqué qu’il était encourageant d’entendre Trump parler de solidarité entre les pays du monde, malgré son discours fortement protectionniste.

Ce qu’ils ont dit :

«Nous voulons tous les deux bâtir des économies où la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie ont une vraie chance de réussir» -Justin Trudeau, premier ministre du Canada
 
«Bien sûr, il y a de l’incertitude pour le commerce mondial. Hier (jeudi) j’assistais à un panel où on disait qu’une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis serait catastrophique pour la planète avec un recul du PIB des deux pays. Il n’y a jamais de gagnant dans les guerres commerciales» -Philippe Couillard, premier ministre du Québec
 
«La souveraineté, l’intérêt national et la protection des Mexicains guideront la relation avec le nouveau gouvernement des États-Unis» -Enrique Pena Nieto, président mexicain
 
«Je suis ici aujourd’hui pour honorer notre démocratie et ses valeurs durables. Je ne cesserai jamais de croire en notre pays et son avenir» - Hillary Clinton, sur Twitter
 
«N’oubliez pas de reculer votre heure de 300 ans ce soir» -Chris Rock, humoriste américain, sur Twitter
 
«Si c’est “l’Amérique d’abord”...alors, ne jette pas 20 millions d’Américains en dehors de l’assurance santé» -Jerry Springer, animateur, sur Twitter