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La douleur d’un coeur brisé

Il n’y a ni «temps normal» pour vivre une peine d’amour, ni ­«façon normale» de le faire. ­Chacun doit être à l’écoute de ce qu’il ou elle ressent.

cartoon injured heart with crutch
illustration fotolia

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La rupture amoureuse comporte son lot d’émotions et de sensations de douleur. Comment peut-on traverser cette épreuve? Et aimer après une peine d’amour, c’est possible?

«C’est fini, je te quitte.» Des mots si durs à entendre. Si difficiles à prononcer. La fin d’une relation amoureuse se vit douloureusement lorsque les partenaires ne s’entendent pas pour dire que les liens affectifs sont rompus: un des deux choisit de quitter alors que l’autre aurait souhaité que ça continue.

Pascale, une femme de 31 ans, nous dit: «Quand Justin a prononcé les mots, j’ai senti un froid glacial s’installer en moi. Comme si je me vidais de toute la vie qui m’habite en temps normal. Cet homme-là je l’aime, de tout mon cœur, de toute mon âme. J’ai abandonné ma ­famille pour lui. J’ai laissé tomber ma carrière pour le suivre au bout du monde. Alors quand il m’a annoncé qu’il me quittait, c’était ma fin du monde. J’ai plongé dans un abîme de tristesse, qui a duré plusieurs mois. J’étais paralysée, je n’arrivais plus à penser. J’ai perdu 10 kilos. Ma douleur était tellement intense que je croyais en mourir. Je ne pouvais pas croire qu’il partait. Je laissais la lumière allumée dans l’entrée en me disant qu’il reviendrait, je continuais d’acheter le pain qu’il aimait. Avec du recul, je réalise à quel point c’était épouvantable cette souffrance. Que j’aurais donc dû aller chercher de l’aide plus tôt, plus vite. Ma dépression s’est installée et je lutte encore, quatre ans plus tard.»

Difficile de quitter

Et Pierre, qui a annoncé à Rebecca, après 14 ans de vie commune, qu’il la quittait: «On pense souvent que c’est plus facile pour celui qui part. Peut-être pour certains mais pas pour moi. Je l’ai aimé cette femme-là, de tout mon cœur. Mais pas de tout mon être, c’est ce que j’ai réalisé et qui fait que j’ai dû partir. Je ne vibrais pas pour elle, je n’avais plus envie que l’on se colle. Mon corps ne réagissait plus à ses caresses ou à ses mots doux. (...) Nous sommes allés en thérapie, mais je crois qu’il était déjà trop tard. Je crois avoir tout essayé, mais l’amour n’était plus là. Avant de commettre l’irréparable, je suis parti.»

Des étapes difficiles

La peine d’amour est accompagnée de toute une gamme d’émotions et de sensations de douleur. Elle place ceux et celles qui la vivent devant leur fragilité et leur vulnérabilité. L’attachement, le lien se brise, laissant derrière une série de questions, d’incompréhensions, de peurs et d’angoisses.

Le chagrin d’amour n’est ni plus ni moins vécu comme un processus de deuil, le même ­processus qui suit le décès d’une personne proche. Tout d’abord la personne est en état de choc. Le déni s’installe à ce ­moment – cette phase durant laquelle l’individu se sent presque privé de ses émotions ­tellement le choc de la nouvelle est important.

Ensuite apparaissent la colère et la culpabilité: responsable de la rupture? Qu’aurais-je pu faire? Que s’est-il passé? On peut se reconquérir? Généralement, cette période est riche en émotions – pleurs, sentiment d’abandon, vide. La personne réalise à quel point la séparation la confronte à la perte des projets ou des rêves formulés avec l’autre. Une grande fatigue, une baisse importante de motivation et d’intérêt composent l’essentiel des journées. Il est souvent recommandé d’aller chercher de l’aide à ce moment, particulièrement si la phase perdure et que la personne a l’impression de s’engouffrer dans un abîme.

La tristesse et l’acceptation ­finiront par se faire sentir, ce sont les dernières étapes pour compléter le processus de deuil. Il n’y a ni «temps normal» pour vivre une peine d’amour, ni ­«façon normale» de le faire. ­Chacun doit être à l’écoute de ce qu’il ou elle ressent.

L’accueil de ses émotions, la ­reconnaissance du processus, l’aide obtenue (amis et/ou professionnelle) et la réorganisation de la vie sont tous des éléments qui favorisent un cheminement vers un mieux-être. Les blessures ­guéries permettront de faire confiance à nouveau et d’accepter d’ouvrir encore son cœur à l’amour!