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Une vétérinaire de rue tente de sauver les pitbulls

Elle offre gratuitement vaccins et micropuces pour qu’ils soient conformes

La vétérinaire Isabelle Pinard a offert samedi un coup de pouce à une douzaine de personnes démunies qui n’ont pas les moyens de vacciner, micropucer et stériliser leur chien pour respecter le nouveau règlement de la Ville de Montréal.
Photo Améli Pineda La vétérinaire Isabelle Pinard a offert samedi un coup de pouce à une douzaine de personnes démunies qui n’ont pas les moyens de vacciner, micropucer et stériliser leur chien pour respecter le nouveau règlement de la Ville de Montréal.

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Une vétérinaire de rue consacre son temps libre à vacciner et micropucer gratuitement les pitbulls de sans-abri et de gens défavorisés pour qu’ils puissent les garder et être conformes au nouveau règlement de la Ville de Montréal.

«Il y a urgence. Pour des gens en situation de précarité ou d’itinérance, leur animal, c’est un précieux compagnon», souligne la Dre Isabelle Pinard.

La vétérinaire de rue amorce un sprint à deux mois de la date limite pour l’obtention d’un «permis spécial» pour les chiens de type pitbull, le 31 mars prochain.

Armée d’un coffre qui contient vaccins et micropuces, elle n’hésite pas à braver le froid pour faire le tour de certains parcs de la métropole aux côtés d’organismes comme SOS Itinérance.

Installée samedi au parc Morgan dans Hochelaga-Maisonneuve, elle a accueilli une douzaine de chiens et quelques chats dans sa clinique mobile.

«Ma force, c’est la santé des animaux, alors je veux tout faire pour les amener à respecter les critères établis par la Ville», explique celle qui exerce le métier depuis 18 ans maintenant.

Service gratuit

Mme Pinard, qui est vétérinaire à domicile la semaine, estime le coût des soins qu’elle offre à 1000 $ par chien.

Chanceux, un pitbull de deux ans n’aurait probablement pas pu être conforme au nouveau règlement de la Ville sans l’aide de Mme Pinard.

«C’est un gros coup de pouce qu’elle offre, c’est réellement apprécié, je ne sais pas ce que j’aurais fait sinon», dit Daphnée Bourgouin, une jeune femme qui a craint devoir se débarrasser de son chien.

Si Mme Pinard peut les offrir gratuitement, c’est grâce aux dons de compagnies et d’organismes qui viennent en aide aux plus démunis.

«C’est très dispendieux, pour des gens défavorisés, il est impensable de pouvoir débourser une telle somme. C’est une clientèle vulnérable, parfois leur animal est leur seul soutien, leur motivation», souligne-t-elle.

La vétérinaire dirige par la suite les propriétaires du chien à une clinique qui, en collaboration avec un organisme, pourra le stériliser gratuitement.

Son salaire, les sourires

Le plus difficile lorsqu’on travaille dans la rue, c’est de se fixer une limite, confie la Montréalaise, qui priorise actuellement les pitbulls, mais qui accueille aussi de plus petits chiens.

«On aimerait aider tout le monde, mais en ce moment, on tente d’aider d’abord les gens qui ne sont pas en règle», explique Mme Pinard.

Les heures consacrées bénévolement sont «payantes» pour Mme Pinard qui récolte de nombreux sourires lorsqu’elle a terminé une consultation.

«Les gens sont très reconnaissants. Il y en a même qui pleurent en me remerciant tellement ils sont soulagés de savoir que leur chien sera correct. Ça me rend heureuse de pouvoir les aider à garder leur animal», confie-t-elle.