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Vrais problèmes, fausses solutions

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La mondialisation est au banc des accusés depuis un bout de temps. Nuançons.

La mondialisation, c’est l’expansion de la circulation des personnes, des marchandises et du capital.

Elle rend les frontières plus poreuses et les nations plus interdépendantes. Il n’est plus possible de s’isoler.

Indiscutablement, cela pose toutes sortes de problèmes.

Tensions

Oui, la mondialisation a creusé les écarts de richesse, tout simplement parce que les riches sont mieux placés pour tirer profit des nouvelles occasions.

Oui, la mondialisation a fait des dégâts dans les couches les moins éduquées de nos populations, dont les compétences commandent des salaires moins élevés dans les pays plus pauvres.

Oui, les immigrants venus des pays pauvres profitent plus de leur changement de pays que la société qui les accueille et qui consacre d’énormes ressources à une intégration souvent difficile.

Oui, la compétition économique est biaisée par une toile d’araignée de subventions, de mesures protectionnistes déguisées, d’évitements fiscaux, etc.

Tout cela génère des frustrations qui font le lit de démagogues populistes comme Trump, qui en profite aujourd’hui politiquement... après en avoir profité financièrement.

Tout cela est vrai. Mais la mondialisation a aussi le dos large. On la rend responsable de problèmes dont les causes sont ailleurs.

Une partie des emplois disparus le sont parce que la technologie les rend superflus. Le rejet de la mondialisation ne les ramènera pas.

Une partie du malaise face à l’immigration tient au fait que le visage de l’immigration a changé: nous recevons des gens dont beaucoup rejettent ouvertement nos valeurs.

Une partie de l’anxiété tient au fait que nous, les Occidentaux, longtemps au sommet du monde, sentons bien notre déclin relatif.

Il ne faut évidemment pas rester les bras croisés et se dire que la mondialisation sous nos yeux est la seule possible. C’est faux.

Mais il ne faut surtout pas lui opposer des pseudo-solutions qui seraient pires que les maux à guérir.

Prenez cette menace de Trump d’imposer une taxe de 20 % sur tous les produits entrant aux États-Unis en provenance du Mexique.

Ce ne sont pas que des bouteilles de Tequila que le Mexique exporte. Ce sont des automobiles, des réfrigérateurs, des électroménagers de toutes sortes.

Imaginez que ces produits indispensables coûtent soudainement 20 % de plus. Qui serait le plus touché? Le riche ou le pauvre?

Les fabricants d’électroménagers installés au Mexique iront-ils aux États-Unis pour échapper à cette taxe et y créer des emplois?

Non, ils chercheront un autre endroit moins coûteux. Imposera-t-on des tarifs punitifs à tous les pays?

Bénéfique

Sur le long terme, l’expansion du commerce mondial a profité à l’immense majorité, inégalement bien sûr, au point que nous tenons ses bienfaits pour acquis et ne voyons plus que ses problèmes.

La compétition commerciale force à s’améliorer, fait baisser les prix et favorise la paix, puisqu’on attaque rarement un partenaire commercial.

Il faut civiliser la mondialisation, pas lui tourner le dos.