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Nous vivons en 1984

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Savez-vous quel livre, publié en 1949, est un best-seller à cause de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir?

1984, de George Orwell, est maintenant le no 1 des ventes sur Amazon!

Il semble que ce regain de popularité soit dû à cette époque de «fausses nouvelles» et de «faits alternatifs».

Mais je me permets de vous soumettre une idée: le contrôle de la pensée et la déformation des faits n’ont pas commencé avec l’arrivée de l’homme au toupet orange. Ce sont des maux qui affligent la société depuis un bon moment.

BIG BROTHER DANS VOTRE TÉLÉ

Dans 1984, Orwell décrit un monde où règne Big Brother, où nos réflexions les plus intimes sont régies par la Police de la pensée et où il est interdit de penser différemment de la Ligne officielle.

Ne trouvez-vous pas qu’on vit déjà dans le monde de 1984...?

Quand deux humoristes doivent s’excuser d’avoir fait une pub mettant en scène une danseuse nue?

Quand les Rencontres internationales du documentaire de Montréal s’excusent d’avoir diffusé un film sur les autochtones réalisé par un non-autochtone, parce que ça «présente un regard colonial»?

Quand un théâtre et une revue de fin d’année se font traiter de racistes pour avoir demandé à un comédien blanc de se déguiser en quelqu’un qu’il n’est pas?

Quand une publicité est retirée des ondes parce qu’une personne transgenre n’a pas aimé qu’on fasse référence aux personnes transgenres?

Quand, à l’émission littéraire de Radio-Canada, on parle de Soumission de Michel Houellebecq comme d’un livre «islamophobe», sans que ça fasse même l’objet d’une amorce de discussion?

C’est ce que décrit Mathieu Bock-Côté dans son essai Le Nouveau Régime (éd. Boréal): il y a une idéologie dominante (féministe, multiculturaliste, non genrée, progressiste, etc.) et si vous ne vous y conformez pas à la lettre, vous êtes «excommunié».

«La société parfaite ne tolère pas ses contradicteurs, évidemment, et ceux qui se croient en possession de la vérité quant à la définition du progrès endurent bien mal qu’on puisse exprimer publiquement un désaccord avec eux», écrit mon brillant collègue.

HORS LE DOGME, POINT DE SALUT

Il y a une semaine, j’ai vu à Montréal The Red Pill. Ce documentaire sur les groupes de défense des droits des hommes, réalisé par une femme, aborde le haut taux de suicide chez les gars, les violences conjugales envers les hommes et l’aliénation parentale. Comme ce film remet en cause le «dogme féministe», des groupes militants ont appelé leurs membres à contacter le cinéma Rialto pour en empêcher la projection. Pour la Police de la pensée, le fait qu’une femme trouve les revendications des hommes légitimes, c’est un crime de haute trahison.

Résultat: le documentaire a dû être présenté sous escorte policière et tous les spectateurs furent fouillés, au cas où ils auraient caché des armes!

Si vous m’aviez dit un jour que, dans ma propre province, je devrais passer devant une voiture de police et des gardiens de sécurité pour voir un documentaire, je ne l’aurais pas cru.

On veut nous dicter quels films on peut voir et quels films ne pas voir?

Je vous le dis, on vit déjà en 1984...