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Il s’est radicalisé contre l’immigration

Alexandre Bissonnette est accusé de l’une des pires tueries de l’histoire québécoise

Bissonnette, qui doit notamment répondre à six accusations de meurtre, est connu pour ses idéaux «très à droite et ultranationalistes suprémacistes blancs».
Photo Stevens LeBlanc Bissonnette, qui doit notamment répondre à six accusations de meurtre, est connu pour ses idéaux «très à droite et ultranationalistes suprémacistes blancs».

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Petit garçon timide et bien élevé, Alexandre Bissonnette s’est transformé en l’un des pires tueurs allégués de l’histoire du Québec après s’être radicalisé contre l’immigration.

Il a comparu lundi au palais de justice de Québec pour répondre à 11 chefs d’accusation, dont six pour meurtre, en lien avec la fusillade survenue dimanche soir à la grande mosquée de Québec, dans le secteur de Sainte-Foy.

Né en 1989, le jeune homme a grandi avec son frère jumeau dans le quartier aisé du vieux Cap-Rouge. Les voisins immédiats, Huguette Gagnon et Alain Dufour, les décrivent comme «des petits gars polis, toujours soudés et bien éduqués».

Une famille «exemplaire» et des enfants «sans problème», lancent-ils. Plutôt réservé, Alexandre se mêlait toutefois très bien aux enfants du secteur.

Très jeune, il s’est enrôlé chez les cadets, lui qui était admiratif du service militaire de son grand-père.

Des photos tirées du compte Facebook de l’accusé. Le compte est maintenant fermé.
Photo courtoisie Facebook
Des photos tirées du compte Facebook de l’accusé. Le compte est maintenant fermé.

Un mouton noir

Au secondaire, le jeune Alexandre est de plus en plus décrit comme un mouton noir.

«À part avec son frère jumeau, je ne le voyais pas avec d’autres personnes. (...) C’est le typique «nerd» impopulaire», se rappelle une connaissance du secondaire. Frêle, l’adolescent se faisait parfois écœurer. «Il n’était pas toujours pris au sérieux.»

«Il répliquait aux insultes, mais jamais avec de la violence physique. (...) Son frère et lui ne s’intégraient pas au reste des étudiants», raconte Mikael Labrec­que Berger, qui l’a aussi connu au secondaire.

Sérieux à l’école, Bissonnette plonge dans des études en anthropologie à l’Université Laval. Il poursuivra ensuite son parcours en sciences politiques. Il a peu d’amis et aime des passe-temps solitaires, comme la chasse et les échecs.

Progressivement, le jeune homme plutôt solitaire sort de sa coquille. Il est décrit comme «arrogant» et s’affiche surtout sur les réseaux sociaux où il aime alimenter les débats idéologiques et politiques.

Il s’est même fait une réputation de troll sur Facebook pour ses commentaires contre l’immigration et les féministes. François Deschamps, gestionnaire de la page du groupe «Bienvenue aux réfugiés Ville de Québec», a d’ailleurs eu maille à partir avec Bissonnette, surtout concernant le passage de Marine Le Pen l’automne dernier.

«C’était toujours sur la limite. (...) Il parlait beaucoup d’invasion. Il disait qu’ici, ça allait finir comme en Europe et être le chaos. (...) C’était ultra conservateur.»

Bissonnette, qui doit notamment répondre à six accusations de meurtre, est connu pour ses idéaux «très à droite et ultranationalistes suprémacistes blancs».
Photo Simon Clark

Des idéaux « très à droite »

Éric Debroise le connaissait et il a même contacté les policiers, après le drame, pour les informer sur ses idéaux «très à droite et ultranationalistes suprémacistes blancs», explique-t-il.

Bissonnette s’était coupé de quelques amis depuis un mois et ne répondait plus au téléphone ni aux messages Facebook, selon M. Debroise. «Il aimait beaucoup Trump et il avait un mécontentement permanent contre la gauche».

Point de vue aussi partagé par Jean-Michel Allard-Prus, un collègue à l’université.

«Il a des idées politiques à droite, pro-Israël, anti-immigration. J’ai eu de nombreux débats avec lui concernant Trump», explique-t-il, ajoutant que Bissonnette n’avait jamais évoqué la violence comme moyen politique.

Qui est Alexandre Bissonnette ?

Bissonnette, qui doit notamment répondre à six accusations de meurtre, est connu pour ses idéaux «très à droite et ultranationalistes suprémacistes blancs».
Photo Stevens LeBlanc
Bissonnette, qui doit notamment répondre à six accusations de meurtre, est connu pour ses idéaux «très à droite et ultranationalistes suprémacistes blancs».
  • 27 ans
  • Étudiant au baccalauréat en sciences politiques (expulsé par la direction hier)
  • Travaillait chez Héma-Québec
  • Amateur de chasse et d’échecs
  • Non connu du milieu policier
  • Antécédents: aucun, sauf infractions au Code de la route
  • Résidait avec son frère à Sainte-Foy
  • Décrié pour ses positions identitaires sur les réseaux sociaux
  • Qualifié de «timide», «introverti» et «arrogant»

Accusations

11 chefs d’accusation:

  • 6 pour meurtre
  • 5 pour tentatives de meurtre avec utilisation d’une arme restreinte