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Mathieu Garon: le goût d’enseigner

L’ancien joueur du Canadien travaille avec de jeunes gardiens en Floride

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C’est dans la belle région de Tampa que Mathieu Garon s’est installé avec sa famille depuis qu’il a pris sa retraite en 2014, après 13 saisons disputées dans la LNH.

S’il apprécie sa qualité de vie sous le radieux soleil de la Floride, l’ex-gardien de but du Canadien avoue que le passage à la retraite n’a pas été chose facile.

«À vrai dire, je n’étais pas prêt pour ça», a-t-il confié au Journal de Montréal lors d’une entrevue réalisée avant les cérémonies du retrait du chandail de Martin St-Louis le mois dernier à Tampa.

Garon, qui est âgé de 39 ans, est demeuré associé au Lightning, la dernière équipe pour laquelle il a joué dans la LNH.

Il participe à diverses activités organisées par l’équipe, dont un programme pour développer la pratique du hockey dans la rue dans diverses écoles de la région.

En quête d’un boulot à temps plein

Garon prend part activement au programme «Learn to Play» instauré par la LNH et l’Association des joueurs. On offre à des jeunes la possibilité de découvrir le plaisir de patiner et de jouer au hockey. L’équipement leur est même fourni gratuitement.

Ce père de deux enfants se retrouve régulièrement sur des patinoires puisqu’il donne aussi des cours privés à une vingtaine de jeunes gardiens de but.

«C’est un boulot à temps partiel, a pris soin de préciser Garon. Je préférerais avoir un emploi à temps plein dans le monde du hockey. C’est ce que je recherche.

«J’aime refiler des conseils aux gardiens et j’aimerais m’impliquer davantage, si l’occasion pouvait se présenter.

«Le Lightning m’a invité à participer au camp de développement, question d’assister l’entraîneur Frantz Jean dans son travail, mais j’aimerais en faire plus, si possible», a ajouté Garon.

Peux-tu nous parler de l’étape de la retraite, qui n’a pas été facile pour toi ?

«Les deux premières années ont été très difficiles à traverser, surtout que j’ai vécu un divorce. J’ai participé récemment à des retrouvailles, à Pittsburgh, avec les membres de la formation qui a remporté la coupe Stanley en 2009, et j’ai discuté avec Pascal Dupuis au sujet de la retraite. On joue au hockey depuis qu’on est tout petits et, pour la plupart d’entre nous, on ne possède pas de diplôme collégial ou universitaire. Il faut se trouver du boulot, une occupation, et ce n’est pas toujours évident. Le retour sur terre n’est pas facile après avoir joué au hockey professionnel durant plusieurs années. On s’ennuie vite de ce rythme de vie. Heureusement que mes deux enfants me tiennent fort occupé. Charles-Édouard, 12 ans, garde les buts pour les Scorpions de Tampa et il participera d’ailleurs au tournoi international pee-wee de Québec dans quelques jours. Ça va faire drôle de le voir jouer. Quand je pense que j’ai pris part à ce tournoi en 1991...»

Tu as joué durant 13 saisons dans la LNH, portant les couleurs de six équipes. Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

«Je serai toujours fier d’avoir été repêché en deuxième ronde par le Canadien en 1996 et d’avoir eu la chance de participer à une quarantaine de matchs dans l’uniforme du Tricolore. Je n’avais pas trop de pression à Montréal, puisque José Théodore était le gardien étoile de l’équipe. J’aurais aimé passer toute ma carrière à Montréal, mais j’ai tout de même apprécié chaque endroit où j’ai joué dans la LNH. Le Canadien m’a échangé aux Kings en juin 2004 et ça m’a permis d’agir à titre de gardien numéro 1, participant à 63 matchs en 2005-2006 (fiche de 31-26-3). Je me suis cependant blessé la saison suivante et j’ai signé un contrat à titre de joueur autonome avec les Oilers à l’été 2007. Je connaissais une excellente saison à Edmonton (fiche de 26-18-1) jusqu’à ce que je subisse une autre blessure.»

Quel fut ton meilleur match avec le Canadien ?

«En mars 2004, je m’étais retrouvé devant le filet pour un match contre les Kings à Los Angeles et j’avais réalisé 46 arrêts dans une victoire de 4 à 2. J’ai dû impressionner le directeur général des Kings, Dave Taylor, puisque, quelques mois plus tard, il faisait mon acquisition dans une transaction impliquant Cristobal Huet et Radek Bonk!»

Peux-tu décrire ce que tu as vécu comme expérience lors de ton bref séjour avec les Penguins en 2009 ?

«On peut dire que je me suis retrouvé au bon endroit au bon moment puisque les Penguins ont remporté la coupe Stanley cette année-là, leur première depuis 1992. Je n’ai pris part qu’à une seule rencontre éliminatoire, soit la cinquième de la finale. L’équipe tirait de l’arrière 5 à 0 et j’ai été appelé à disputer les 24 dernières minutes de jeu, bloquant les huit tirs dirigés vers moi. Ce fut suffisant pour voir mon nom être inscrit sur la coupe, qu’on a remportée lors d’un septième match disputé à Detroit. J’aurais aimé gagner la coupe en jouant un rôle plus important, mais ça n’enlève rien au plaisir que j’ai ressenti ce printemps-là. Même si je n’avais rejoint les rangs des Penguins qu’au mois de janvier, je sentais que je faisais vraiment partie de ce groupe de vainqueurs. L’ambiance qui régnait à Pittsburgh était magique. J’ai eu du plaisir à seconder Marc-André Fleury, un bon gars.»

De quoi es-tu le plus fier quand tu penses à ta carrière ?

«Il n’est pas facile d’atteindre la Ligue nationale et je suis parvenu à y jouer durant 13 saisons. J’aurais toutefois souhaité qu’elle dure quelques années de plus. Je trouve que le temps a passé trop vite.»

Qui fut ton coéquipier préféré ?

«Francis Bouillon. On a commencé nos carrières ensemble avec les Canadiens de Fredericton en 1998-99 et c’est alors que nous nous sommes liés d’amitié. On se parle encore à l’occasion. Francis a dû travailler très fort pour connaître une longue carrière dans la LNH.»

Quels entraîneurs as-tu le plus appréciés au cours de ta carrière chez les professionnels ?

«Claude Julien et Guy Boucher m’ont beaucoup aidé. Je me souviens qu’il a été difficile, pour moi, d’être rétrogradé dans la Ligue américaine en 2002-2003. J’ai rejoint les rangs des Bulldogs de Hamilton et Julien m’a employé régulièrement, me permettant de présenter une excellente fiche de 15-2-2. Il m’a alors permis de donner à ma carrière l’élan dont elle avait tant besoin. J’ai bien aimé, aussi, jouer sous les ordres de Boucher, un excellent communicateur s’il en est un.»

Tu as terminé ta carrière en jouant pour l’Avangard d’Omsk, dans la KHL, en 2013-14. L’expérience n’a pas duré longtemps. Pourquoi ?

«Je n’ai passé que trois mois en Russie et ce fut bien suffisant. J’ai pris part à 18 rencontres avant de me blesser à l’aine lors d’un match disputé le 31 décembre. Omsk est une ville située en Sibérie et la vie n’est pas facile dans la KHL, surtout que j’étais séparé de ma famille. Les voyages sont très longs et on se sent isolé lorsqu’on ne parle pas la langue russe. Il y avait très peu de communication dans le vestiaire de l’équipe. Je ne regrette pas ma décision, parce que je voulais vivre quelque chose de différent dans ma carrière, mais c’était un peu trop différent à mon goût! Je me souviens, entre autres choses, que, durant une semaine, j’avais été forcé de garder les buts avec des bâtons pour gauchers, car j’avais brisé les quatre bâtons droitiers que j’avais apportés en Russie. Il avait fallu que j’attende de disputer un match en Lettonie afin de pouvoir obtenir les bons bâtons de la part de la compagnie Reebok. Tout est plus compliqué lorsqu’on joue en Russie.»

 

Mathieu Garon

Photo d'archives

Âgé de 39 ans, il est né à Chandler, a grandi à Rimouski et réside aujourd’hui à Tampa.

Père de deux enfants, Charles-Édouard (12 ans) et Rosemary (9 ans)

Emplois: il travaille pour le compte du Lightning, il participe au programme «Learn to Play» de la LNH et il donne des cours privés à de jeunes gardiens de but en Floride.

Carrière: repêché en deuxième ronde par le Canadien en 1996, il a disputé 341 matchs dans la LNH, avec le Tricolore, les Kings, les Oilers, les Penguins, les Blue Jackets et le Lightning. Il a conservé une fiche de 144 victoires, 131 défaites, trois verdicts nuls et 28 revers en bris d’égalité, avec une moyenne de buts alloués de 2,83 et un taux d’efficacité de ,903. Il a conservé un dossier de 16-20-3 avec une moyenne de 2,49 dans l’uniforme du CH. Il a gagné la coupe Stanley avec les Penguins en 2009.