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Ottawa allonge 372,5 millions $ pour Bombardier

CSeries
Photo courtoisie

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MONTRÉAL – Le gouvernement fédéral a annoncé mardi soir qu'il accorde un prêt remboursable de 372,5 millions $ à Bombardier.

Cette contribution sera versée sur quatre ans et ne visera pas seulement le développement de la flotte des CSeries, comme l’avait fait le gouvernement du Québec.

Rappelons qu’en octobre 2015, Québec a annoncé l'injection de 1 milliard $ US dans une société en commandite pour assurer le développement du programme des appareils CSeries de Bombardier, ceci afin d'aider l'entreprise à le compléter.

Le gouvernement Trudeau a plutôt choisi de financer les activités de recherche et développement liées à l’appareil Global 7000, un avion d’affaires ainsi que les activités dites «continues» pour la mise au point des avions de la C Series (le tiers du prêt).

Cela n’a pas empêché le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, de vanter longuement les mérites de l’avion C Series, n’hésitant pas à parler d’un «fleuron canadien». Il a néanmoins reconnu que l’aide s’est fait attendre.

«Oui cela a pris un certain temps, mais nous avons négocié soigneusement, au nom de tous les contribuables», a dit M. Garneau.

«Cette industrie est un important moteur d’activité économique et d’innovation dans l’ensemble du pays. Bombardier joue un rôle fondamental en tant que grand employeur et chef de file en innovation», a déclaré de son côté le ministre de l’Innovation et du Développement économique, Navdeep Bains.

Le ministre Bains a expliqué que la volonté de s’impliquer était présente depuis longtemps.

«Il fallait voir comment le faire. Nous voulons garder au Canada des emplois de grande qualité pour les travailleurs de l’aérospatiale ce pour quoi nous avons appuyé Bombardier», a mentionné le ministre Bains, avant d’ajouter que «ce qui est bon pour Bombardier est bon pour notre industrie de l’aérospatiale».

Pour sa part, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a indiqué que cette annonce envoie un message fort à la fois aux clients de l’entreprise et à tout le secteur de l’aérospatiale.

«Le Canada chérit son industrie aéronautique. Le Canada est innovant, compétitif et important dans le monde de la haute technologie», a mentionné M. Bellemare, satisfait de confirmer aux travailleurs de Bombardier qu’ils pourront «continuer de repousser les frontières du développement technologique».

Le Global 7000 est un appareil produit et développé en Ontario, mais la finition est effectuée au Québec, a précisé Alain Bellemare.

L’avion d'affaires Global 7000, qui doit entrer en service en 2018, pourra relier Londres à Singapour, ou encore New York à Dubaï, sans escale. C’est en novembre dernier que l’avion a effectué son vol inaugural de plus de deux heures avec succès.

Le biréacteur d'affaires peut accueillir huit passagers. Il a quatre espaces habitables et une aire de repos réservée à l'équipage. Il offre «un niveau sans pareil de confort», selon Bombardier.

CE QU’ILS ONT DIT

Denis Coderre, maire de Montréal
«Cet investissement du gouvernement canadien envoie un message très fort à travers le monde que tous les acteurs forment un partenariat solide voué au développement économique et durable et que l'industrie aéronautique est une priorité au Canada. Ottawa s'associe aussi à une technologie de pointe qui est un gage d'avenir pour le développement de cette industrie stratégique.»

Alexandre Boulerice, député montréalais du NPD
«Bombardier et une bonne partie du Québec attendaient avec impatience cette aide de la part du gouvernement fédéral, une aide importante pour un de nos plus importants fleurons du Québec. Malheureusement, le plan du gouvernement n’est pas aussi ambitieux qu’on aurait pu souhaiter.»

Maxime Bernier, député conservateur
«Cela fait un an que je répète que les subventions aux entreprises sont inéquitables et inefficaces et que je m’oppose au renflouage de Bombardier. Que ce soit 1 milliard $ ou 372 millions $, ce n’est pas une solution pour faire croître notre économie. Ce que le gouvernement devrait faire, pour être équitable, c’est de diminuer les impôts de toutes les entreprises. C’est ce que je m’engage à faire lorsque je serai élu.»