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Il a flambé 25 000 $ après avoir pris un médicament

L’antipsychotique Abilify peut provoquer une dépendance au jeu, selon Santé Canada

Simon Bergeron
Photo Ben Pelosse Simon Bergeron croit que la prise du médicament Abilify aurait provoqué son épisode de jeu compulsif en 2016.

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Un jeune homme de 25 ans croit qu’un médicament l’a plongé dans une dépendance temporaire au jeu compulsif, qui lui a fait perdre 25 000 $ en quelques mois à peine au casino en ligne. Santé Canada confirme qu’il s’agit d’un effet secondaire rare de cet antipsychotique.

«Je n’ai jamais été un joueur compulsif. Si j’allais au casino avec 20 $, je ne le dépensais même pas au complet. Avec le médicament, je suis resté accroché. J’avais tout le temps le goût de jouer. J’étais obsédé par ça et j’ai tout perdu», explique Simon Bergeron.

Le médicament prescrit, Abilify ou aripiprazole, est un antipsychotique reconnu sur le marché.

L’examen réalisé par Santé Canada a identifié un lien véritable entre l’utilisation d’Abilify et un risque accru de certains troubles du contrôle des impulsions comme le risque de dépendance au jeu ou même l’hypersexualité. Une mise en garde a été publiée le 2 novembre 2015.

Mise en garde

De plus en plus endetté, Simon Bergeron ignorait tout de cet effet indésirable possible jusqu’à ce que sa mère lise un avertissement à ce sujet.

«Il a essayé le casino en ligne. Il disait qu’il n’arrêtait pas de s’enliser sans rien faire d’intelligent. Il avait un comportement inhabituel. J’en croyais pas mes yeux quand j’ai lu ça», précise Christiane Di Rosa.

«Ça m’a sonné des cloches. J’ai eu rapidement un rendez-vous avec le médecin. On a changé de médication. Tout se replace tranquillement. J’ai une forte impression que c’est relié», ajoute Simon.

Les spécialistes restent toutefois très prudents sur cette question. Lorsqu’il s’agit du cerveau, tout n’est jamais très clair.

«C’est connu depuis un certain temps et il y a donc une base scientifique à penser qu’il peut y avoir cet effet chez certaines personnes à risque. Par contre, il faut éviter de tracer une ligne cause effet directe, car il y a plusieurs causes possibles qui s’entremêlent», explique Frédéric Calon, professeur titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval.

D’autres cas

Au moment de l’examen, Santé Canada avait reçu cinq déclarations de dépendance au jeu ou d’hypersexualité, toutes deux soupçonnées d’être associées à l’aripiprazole.

Aucune conclusion formelle n’a pu être établie. Par contre, sur 14 des 18 cas internationaux de dépendance au jeu recensés lors de l’examen des publications scientifiques et médicales, ce problème de comportement a disparu ou s’est amélioré en cessant de prendre ce médicament.

Recours collectif contre les fabricants

Un groupe de consommateurs a lancé un recours collectif pancanadien contre les fabricants Brystol-Myers Squibb, Otsuka et Lundbeck au nom des personnes ayant développé des comportements compulsifs

Qu'est-ce que Abilify ?

Simon Bergeron
Photo Ben Pelosse
  • Abilify est prescrit notamment pour traiter la dépression, le trouble bipolaire et la schizophrénie.
  • Abilify a été commercialisé pour la première fois en septembre 2009.
  • Selon Santé Canada, le nombre d’ordonnances annuelles pour Abilify dépassait un million en 2013.