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Erik Guay sur le toit du monde

Six ans après celui de la descente, le skieur québécois remporte le titre mondial du super-G

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SAINT-MORITZ | «Le toit du monde», se proclame Saint-Moritz avec son slogan touristique. Depuis mercredi, c’est là aussi que se trouve Erik Guay après avoir remporté l’épreuve de super-G des championnats du monde de ski alpin sur cette légendaire montagne de Suisse.

Le Québécois a étalé toute sa science de la glisse pour écrire un autre chapitre de son sport en devenant, à l’âge de 35 ans, le médaillé d’or le plus âgé de l’histoire de ces mondiaux. En prime à son titre, le bonheur canadien s’est calculé en double avec Manuel Osborne-Paradis qui a terminé troisième, le jour même de son 33e anniversaire. Le Norvégien Kjetil Jansrud s’est glissé sur le podium entre les deux.

«Une chance que j’avais des lunettes parce que j’avais des larmes aux yeux», nous a avoué le papa de trois enfants pour décrire les premiers sentiments qui l’habitaient dans l’aire d’arrivée quand il a signé ce qui allait devenir le meilleur chrono du jour en 1 m 25,38 s.

Attaquer « comme un fou »

Déjà décoré d’un titre mondial en descente en 2011, Guay a récidivé avec aplomb. Il a appliqué le plan qu’il avait prévu et qui se résumait à prendre toutes les chances possibles en ne laissant rien sur la piste. Il y voyait la meilleure préparation pour la descente de samedi.

«Je la sentais. J’avais une bonne sensation ce matin [hier]. J’avais eu de petites craintes [à la descente d’entraînement de mardi, en raison de sa chute spectaculaire à Garmish il y a deux semaines], mais après cela, je n’en avais plus. Je savais que j’étais à l’aise sur la piste. J’avais un bon plan de match. Je ne voulais pas arriver en bas et avoir des regrets. J’ai attaqué comme un fou et ça a payé», a commenté le skieur de Mont-Tremblant, qui a élevé encore plus haute la barre que Jansrud avait installée, cinq départs avant lui.

«Quarante-cinq centièmes de seconde [d’écart], ça démontre qu’il était dans une classe à part aujourd’hui», s’est incliné le Norvégien, champion olympique de la spécialité.

Forte scène d’émotions

La scène de joie que Guay a offerte devant les milliers de spectateurs fera aussi partie de l’histoire du ski alpin canadien, lui qui devient le premier homme du pays à remporter deux médailles aux championnats mondiaux, deux dorées de surcroît.

Après avoir soulevé la neige en freinant à la fin de sa course, il a pompé les bras, levé la tête vers le ciel avant de se tourner vers la foule pour lui faire la bise. Puis, en marchant vers la sortie, il a savouré son moment de gloire et, servi par son expérience des grandes occasions, il a aisément repéré l’estrade d’une trentaine de photographes vers qui il a exprimé tout son bonheur.

«Quand j’ai traversé la ligne d’arrivée, j’ai vu la réaction de la foule. C’est la première chose que j’ai vue. Je savais alors que j’avais fait un bon temps. La deuxième chose que j’ai vue, c’était – 0,45 (l’écart en centièmes de seconde sur Jansrud) à l’écran. C’était incroyable! J’ai eu les larmes aux yeux tout de suite», a exprimé l’étoile du jour, qui a multiplié les entrevues après son sacre.

Plus beau jour

Le reste de la journée s’annonçait tout aussi fébrile. En début de soirée, il a joué le rôle principal à la traditionnelle cérémonie de médailles au parc Kulm. À 35 ans et avec le nombre de blessures qu’il a surmontées, sa réponse a été instantanée quand on lui a demandé s’il s’agissait de son plus beau jour en carrière.

«Je pense que oui. Non seulement j’ai remporté une médaille d’or, mais je suis sur le podium avec «Manny». Pour l’équipe, je pense que ça va être une journée dont on va se souvenir longtemps...»

Résultats super-G Hommes

1-Erik Guay, Canada, 1 m 25,38 s

2-Kjetil Jansrud, Norvège, + 0,45 s

3-Manuel Osborne-Paradis + 0,51 s

4-Aleksander Aamodt Kilde, Norvège, + 0,54 s

5-Vincent Kriechmayr, Autriche, + 0,88 s

Dustin Cook, Canada, n’a pas terminé

(72 concurrents, 32 pays)