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Les «no shows» pourraient payer pour les pertes des restaurateurs

L’ARQ prête à serrer la vis à ceux qui ne respectent pas leur réservation

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le restaurateur de Québec Yannick Parent, copropriétaire du Savini, du Bello et de La Bûche, déplore le manque de respect des clients qui n’honorent pas leur réservation. 

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Réserver au restaurant pourrait devenir compliqué. Pour éviter d’être victimes de clients fantômes, les restaurateurs sont en droit d’exiger la signature d’un contrat.

La prolifération des clients qui n’honorent pas leur réservation a forcé l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) à faire appel à un spécialiste pour obtenir un avis juridique.

«La seule façon d’éviter les pertes, c’est de faire signer un engagement écrit, stipulant les obligations de chacun», a fait savoir François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ qui regroupe plus de 5000 membres.

Forte de cet avis juridique, l’Association fait circuler depuis janvier un modèle de contrat destiné à enrayer le problème des no shows qui est perçu par l’industrie comme un fléau.

« Catastrophe »

La «dépersonnalisation» des échanges avec les sites de réservation en ligne a accentué ce phénomène qui coûte très cher aux restaurateurs, a renchéri le v.-p.

«C’est une catastrophe! En fin de semaine dernière, j’ai eu deux groupes de six personnes et un groupe de quatre qui ne se sont pas présentés», a partagé Yannick Parent, restaurateur bien connu à Québec.

Ces faux bonds sont doublement frustrants l’hiver, car les restaurateurs n’ont souvent pas de deuxième chance pour occuper les places vides.

«L’hiver, il n’y a pas de passants dans la rue. Quand ça m’arrive l’été, c’est moins grave. La porte est débarrée et ça rentre», a ajouté M. Parent.

Ce restaurateur, qui est loin d’être le seul dans cette situation, n’est pas désespéré au point d’imposer un contrat de réservation, mais il envisage sérieusement d’autres moyens comme celui d’exiger un numéro de carte de crédit au moment de réserver, même si cela implique une plus grande gestion.

Carte de crédit

Toutefois, selon l’ARQ, le fait de demander un numéro de carte de crédit ne garantit pas que les restaurateurs soient protégés puisqu’ils ne peuvent pas légalement retenir de montant sans avoir le consentement écrit du client.

«La majorité des restaurateurs ne veulent pas avoir de mesures coercitives. Par contre, si jamais le phénomène perdure, vous pouvez être certain que les gens vont aller chercher une manière de se protéger», a conclu M. Meunier