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PQ : la grande mutation

Paul Saint-Pierre Plamondon
Photo courtoisie, Agence QMI Paul Saint-Pierre Plamondon

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La «tentative de renouvellement» du Parti québécois pose une question existentielle: qu’est-ce qu’un parti politique?

Quelle est sa fonction première: donner aux gens ce qu’ils veulent ou défendre les idées qui paraissent essentielles aux membres du parti et à ses fondateurs?

PAR ICI, LES JEUNES !

Car c’est bien beau, vouloir se réinventer et tenter de séduire de nouvelles clientèles, mais il ne faut quand même pas se dénaturer.

Un parti n’est pas un restaurant. Il ne vous demande pas ce que vous voulez manger.

Il vous propose un plat, et si ça ne vous intéresse pas, eh bien, ça ne vous intéresse pas.

Il y a une limite à vouloir plaire à telle et telle clientèle.

Le PQ ne se débarrassera quand même pas de son objectif premier (faire du Québec un pays) pour plaire aux jeunes qui – en grande partie, comme les sondages le démontrent – se foutent de la souveraineté comme de leur premier téléphone intelligent!

Le rapport de Paul Saint-Pierre Plamondon affirme que les jeunes ne tripent pas sur la laïcité et l’identité.

Ils sont tous passés par le cours (ou plutôt: par l’entreprise de propagande) d’Éthique et de culture religieuse, et ils ont tous bu le Kool-Aid du multiculturalisme gnan-gnan à la Trudeau.

Est-ce à dire que le PQ doit laisser tomber ces questions essentielles pour avoir l’air moins mononcle?

Et puis, au risque de passer pour un vieux schnock: ce n’est pas parce que tu es jeune que tu as nécessairement raison.

Les jeunes ont peut-être tort de se désintéresser de ce débat. Et les vieux ont peut-être raison de s’y intéresser.

Ce n’est pas parce que tu as les cheveux gris que tu es nécessairement un con.

FRANK SINATRA DANS L’ESPACE

Très hâte de voir ce que Jean-François Lisée va faire de ce rapport assez dévastateur, merci.

Personnellement, je n’ai qu’un nom à lui dire: Frank Sinatra.

Dans les années 1970, le célèbre crooner (qui en avait ras le bol des vieilles aux cheveux bleus qui allaient le voir à Vegas) a voulu rajeunir son public. Il s’est donc mis à faire de la musique groovy.

Résultat: les vieux sont partis et les jeunes ne sont jamais venus.

Tout ce que cette expérience a donné est une série de tounes psychotroniques hallucinantes, dont What Time Does The Next Miracle Leave?, une chanson de 10 minutes complètement flyée qui raconte les aventures de mononcle Frank dans le cosmos.

(À écouter en fumant des herbes folles. Fous rires garantis ou argent remis.)

Le rapport «corrosif» de Paul Saint-Pierre Plamondon affirme que le PQ n’est pas assez présent auprès des groupes populaires.

Est-ce à dire que le parti fondé par René Lévesque devra se déguiser en Québec solidaire?

OPÉRATION RELOOKING

Bref, il y a «changer» et «changer».

C’est bien beau, te faire remonter la face, mais lorsque même tes enfants ne te reconnaissent plus, c’est que tu y es allé un peu fort.

Le PQ représente une série de valeurs, d’idées.

Son rôle est de défendre ces valeurs et ces idées.

Pas essayer de cruiser les jeunes en suivant la mode...