/news/currentevents
Navigation

Un toit pour les victimes d’esclavage sexuel

Une maison pour aider les femmes en détresse à reprendre leur vie en main verra bientôt le jour

Mélanie Carpentier et Daphnée Wielgopolan peuvent enfin célébrer, puisque d’ici un mois, les femmes victimes d’esclavage sexuel pourront avoir accès à un centre d’hébergement pour les aider à quitter leur proxénète.
Photo ben pelosse Mélanie Carpentier et Daphnée Wielgopolan peuvent enfin célébrer, puisque d’ici un mois, les femmes victimes d’esclavage sexuel pourront avoir accès à un centre d’hébergement pour les aider à quitter leur proxénète.

Coup d'oeil sur cet article

Les victimes d’exploitation sexuelle qui veulent quitter leur pimp auront bientôt accès à une première maison d’hébergement afin de les aider à se refaire une vie.

Cette résidence unique est l’initiative de Mélanie Carpentier, qui a elle-même appartenu à un proxénète pendant trois années. Depuis qu’elle a réussi à s’en affranchir, elle aide les femmes à s’en sortir. Ça faisait quatre ans qu’elle réclamait un centre d’hébergement à Montréal pour aider les victimes.

À la suite d’un article paru dans Le Journal en décembre, l'organisme La Maison de Mélanie, dont elle est la fondatrice, a pu recevoir 4000 $ en dons et 800 $ de fonds publics, ce qui l’a aidée à ouvrir le centre d’hébergement.

«C’est vraiment un rêve qui se concrétise. Ce n’est que le début, car il devrait y avoir ce type de maison dans chaque région», a dit Mélanie Carpentier.

La maison comptera six chambres et sera hautement protégée par un système de caméras, un détecteur de mouvements, et équipée de boutons «panique» afin de protéger les résidentes. Son emplacement sera également gardé secret.

Les femmes âgées de 18 ans et plus qui en ont besoin pourront y habiter pour une période allant de quelques heures à trois mois.

Clientèle

La Maison de Mélanie reçoit de plus en plus d’appels et ne fournit pas aux demandes d’aide de femmes prises dans le cercle vicieux de l’exploitation sexuelle. Elles sont souvent dépendantes de leur proxénète pour manger et survivre. Il n’est pas rare qu’elles tentent de s’en sortir, mais elles finissent par retourner vers leur exploiteur.

«Ces filles se sentent diminuées, elles n’ont plus d’estime de soi et il n’y a pas de centres pour les accueillir», a dit la présidente de l’organisme et spécialiste en neuropsychologie, Daphnée Wielgopolan.

Glisser entre ses mains

Mélanie Carpentier se souvient très bien d’un appel d’une victime de violence sexuelle qui était en danger: sa vie était menacée.

Elle avait besoin d’un toit sur-le-champ. Incapable de lui fournir un lieu sécuritaire, Mme Carpentier s’est rapidement mise à appeler différentes ressources pour tenter de lui trouver un endroit protégé.

Lorsque Mélanie Carpentier a voulu rappeler la victime, son agresseur avait brisé son téléphone cellulaire. «Elle m’a glissé entre les mains et je ne sais pas où elle est aujourd’hui», a raconté la directrice de l’organisme.

Intervenir rapidement

  • Selon la Maison de Mélanie, il est essentiel d’intervenir rapidement auprès des victimes d’exploitation sexuelle.
  • Sur 50 victimes prises en charge dans leur première année d’esclavage sexuel, 75 % se sentiraient mieux outillées et informées
  • Sur 50 victimes prises en charge rapidement, environ 15 d'entre elles entreprendraient des démarches de dénonciation judiciaire.
  • Au total, 70 % d'entre elles auraient une meilleure connaissance de leurs droits et des possibilités de recours.

Source La Maison de Mélanie