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Dis-moi «combien» tu m’aimes...

elderly couple holding a piggy bank
illustration Fotolia

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Vingt ans de vie commune et deux enfants plus tard, c’est la rupture. En tant que conjoints de fait, vous pensez avoir les mêmes droits qu’un couple marié au moment du partage des biens. Erreur! Si la maison, la voiture et les électros étaient au nom de votre ex, vous risquez de vous retrouver avec des sacs d’épicerie vides.

Vous n’êtes pas le seul à vous tromper. Selon une enquête menée par la sociologue Hélène Belleau auprès des ménages québécois, près d’un couple en union libre sur deux croit à tort qu’il possède le même statut juridique qu’un couple marié. «Cette confusion est entretenue dans un sens par l’État qui traite les conjoints de fait comme des mariés lorsqu’il calcule le revenu familial, souligne la coauteure de L’amour et l’argent, un ouvrage qui dresse un portrait des habitudes des couples québécois en matière d’économie domestique. Ajoutons à cela que chez de nombreux couples, le sujet de l’argent est plus tabou que le sexe.»

Hélène Belleau
Photo courtoisie
Hélène Belleau

Les rapports amoureux sont régis par un code de conduite qui possède sa propre logique, différente de celle de l’économie, explique la chercheuse de l’INRS. «En abordant la question de l’argent, on donne ­l’impression de mettre ses intérêts personnels devant ceux du couple et de passer pour matérialiste.»

Pourtant, elle signale que ceux qui négligent ces questions, soit par manque de connaissances ou par crainte d’échauder l’âme sœur, courent un grand risque, surtout lorsqu’il existe un écart important de revenu. «Le conjoint qui gagne le plus bénéficie d’un meilleur crédit. Il va généralement s’occuper du solide comme le prêt hypothécaire et la voiture, tandis que l’autre personne sera responsable des dépenses liquides comme l’épicerie, la pharmacie et l’électricité», observe-t-elle. En cas de rupture, le nom inscrit à la facture déterminera à qui appartient le bien, même si l’autre conjoint en a payé une partie.

Des questions essentielles

Avec 38 % des couples vivant en union libre – une proportion qui dépasse les 50 % en région –, le Québec fait figure de champion mondial de la libéralité conjugale. L’auteure n’y voit pas pour autant une forme d’individualisme. «Notre enquête a révélé que la plupart d’entre eux gèrent leurs dépenses de façon commune. Ils rejettent le mariage parce qu’ils n’adhèrent plus à la tradition religieuse ou ils trouvent que c’est une dépense inutile.»

Hélène Belleau estime que les couples auraient tout intérêt à mieux se préparer pour éviter des lendemains difficiles... même s’ils ont l’impression que leur relation durera pour toujours. «Avec le temps, la confiance devrait être assez forte pour aborder des sujets aussi importants qu’un partage équitable des dépenses ou un contrat de vie commune.»

5 trucs pour conjuguer amour et argent

1• Si le train de vie luxueux de votre conjoint fait augmenter les dépenses communes au point que vous n’arrivez plus à épargner, il pourrait assumer la case budgétaire des vêtements, des loisirs et des sorties.

2• Prévoyez dans le budget du couple un montant destiné à l’épargne personnelle. Chacun contribuera à ce montant selon l’importance de son salaire et en recevra la moitié. Celui dont le revenu est plus ­faible pourra continuer à économiser.

3• Pour protéger le conjoint qui gagne le moins, définissez un revenu personnel de base avec lequel il est possible de vivre de façon décente. Ce montant sera soustrait de la mise en commun du revenu familial.

4• Gardez dans une enveloppe un certain montant inscrit dans votre budget mensuel. L’argent servira à rembourser les dépenses imprévues.

5• Un contrat de vie commune permet de protéger les deux conjoints. Dans ce ­document, vous pourrez ­préciser la façon dont vous gérez vos finances et inscrire vos deux noms sur les biens achetés ensemble.