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«Juste un pétard», dit le suspect d’un incendie devant une mosquée

L’homme qui va se rendre à la police affirme qu’il s’agit d’une malheureuse méprise

Recherché par la police en lien avec un incendie criminel dans une mosquée de Montréal-Nord
Photo ben pelosse Rémi (de dos) a contacté Alexandre Ménard du bureau Yves Ménard afin de se livrer aux policiers et de s’expliquer pour un incendie contre une mosquée.

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Un homme recherché pour une tentative d’incendie devant une mosquée de Montréal-Nord jure qu’il s’agit d’une terrible méprise qui survient à un bien mauvais moment.

«C’était juste un pétard, je n’ai rien contre les musulmans, je ne savais même pas que c’était une mosquée», jure Rémi, que Le Journal a rencontré au bureau d’avocats Yves Ménard.

Dépassé par les événements, surtout depuis l’attentat meurtrier contre une mosquée de Québec la semaine passée, le jeune homme voulait expliquer son geste et s’excuser avant de se rendre à la police.

D’ici là, il a demandé de taire son nom de famille, puisqu’il n’est encore accusé de rien.

Rémi est recherché depuis novembre. Le mois suivant, les policiers avaient lancé un appel au public, tout en diffusant une vidéo où on le voit avec deux autres individus.

«À un certain moment, on aperçoit un des complices allumer un objet et le placer contre le mur de la bâtisse», peut-on lire dans le communiqué.

La police avait diffusé un avis de recherche du suspect en décembre dernier.
Photo courtoisie SPVM
La police avait diffusé un avis de recherche du suspect en décembre dernier.

Pétard mouillé

Rémi jure toutefois n’avoir jamais tenté d’incendier le bâtiment. Ce jour-là, raconte-t-il, il avait trouvé un vieux pétard chez lui, et il voulait simplement le tester. Lors d’une marche, il explique avoir vu un stationnement vide, mais il y avait trop de vent pour l’allumer. Il aurait alors trouvé une boîte de carton mouillée et il aurait voulu s’en servir pour protéger le pétard du vent. Malgré tout, il dit n’avoir jamais réussi à le faire sauter.

«Et si ça avait causé un feu, c’est sûr que j’aurais tout fait pour l’éteindre», affirme-t-il.

Rémi a donc continué son chemin, sans se douter que la police ouvrirait une enquête et qu’une vidéo serait diffusée et relayée par les médias.

« Pas de haine »

Il affirme qu’à l’époque, il voulait déjà s’expliquer, mais l’attentat dans une mosquée de Québec la semaine passée l’a encore plus convaincu à se rendre.

«Je veux rassurer tout le monde, je veux montrer qu’il n’y a vraiment aucune haine.»

Le jeune homme, qui vit de l’aide sociale et qui n’a pas d’antécédents criminels, affirme d’ailleurs ne pas s’intéresser à la politique, et encore moins aux groupes radicaux.

«Ces affaires-là, je n’écoute pas, dit-il. Je préfère regarder des films ou faire du vélo l’été.»

Par l'entremise de ses avocats, il a pris rendez-vous avec un enquêteur la semaine prochaine.

«Il reconnaîtra les faits, rien de plus et rien de moins», a affirmé Alexandre Ménard.