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Sklavounos : le dérapage

Sklavounos : le dérapage
Martin Chevalier / JdeM

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Résumons...

 

Une jeune femme accuse Gerry Sklavounos de l’avoir agressée sexuellement.

 

Sur la place publique, Sklavounos se fait lyncher, condamner sans autre forme de procès, son nom traîné dans la boue.

 

Les féministes disent à la jeune fille « On vous croit sur parole » malgré le fait qu’elle dise une chose un jour pour dire le contraire le lendemain.

 

Un journaliste de TVA affirme qu’il n’y a jamais eu de trousse médicolégale dans l’affaire Paquet.

 

La police fait son enquête.

Le DPCP sort de sa réserve habituelle pour affirmer sans ambiguité : « Aucun acte criminel n’a été commis ».

 

Gerry Sklavounos est blanchi d’accusations graves.

 

 

Et malgré cela...

 

Sklavounos se fait trainer dans la boue pour avoir osé évoquer le fait qu’il était victime d’une fausse accusation !

 

Des commentateurs méprisants et condescendants comparent la femme de Sklavounos à une potiche, un "paravent" pour la mise en scène de son mari, alors qu’elle s’est montrée digne et forte aux côtés du père de ses deux enfants !

 

Une marche contre la culture du viol est organisée le 15 février, même si le DPCP a conclu qu’il n’y avait pas eu d’acte criminel, donc... pas de viol !

 

Manon Massé peut traiter Sklavounos de « vieux mononcle cochon » sans que personne ne s’en offusque mais il ne faut pas y aller trop fort quand on évoque la possibilité que peut-être, éventuellement,  Alice Paquet n’aurait pas dit toute la vérité !

 

Aucune date, aucun nom, aucune accusation précise n’a été portée au grand jour contre Sklavounos concernant des cas de harcèlement sexuel mais Sklavounos est sommé de s’excuser. Il devrait donc se déclarer coupable sans savoir quelles sont les accusations, ce qui est un non-sens juridique!

 

AJOUT: Je voulais partager avec vous un commentaire d'un lecteur, Jean-François...

«Tout ce qui est excessif est insignifiant» disait Monsieur de Talleyrand. Quand on me dit qu’en Inde, des femmes se font violer dans des autobus urbains et que la police ne fait rien je comprends de quoi il s’agit; idem quand on me dit que dans certains pays arabes de stricte culture musulmane, ce sont les victimes de viol qui sont poursuivies pour atteinte à la pudeur; et quand on me dit que le viol est une arme qu’emploient des révolutionnaires de bas étage, je comprends parfaitement ce que veut dire la «culture du viol».
 
Mais quand on me dit que les comportements grossiers de petits malappris de pacotille aux prises avec leurs gros égos sont la preuve d’une «culture du viol», je débarque. C’est pareil quand j’entends des gauchistes de salon traiter de fasciste voire de nazi quiconque n’est pas d’accord avec eux-zou-elles et j’ai la même réaction. «Reductio ad Hitlerum» dit le proverbe.
 
Mais il  y aura toujours des médias pour leur donner la parole et en faire leurs choux gras. Ce qui est arrivé à Sklavounos a bien plus à voir avec le manque de colonne de ceux qui étaient au courant de ses frasques d’épais qu’autre chose. Si «tout le monde» savait, pourquoi «personne» n’a rien fait? Durant ma carrière de cadre d’entreprise, j’ai eu à faire face à des «cas» et j’ai agi. J’ai identifié comme cause de renvoi certains comportements et j’ai prévenu mon personnel. J’ai même orchestré, en soutenant une de mes employées qui en avait ras-le-bol, la dénonciation d’un collègue cadre supérieur. Une plainte formelle, appuyée en outre sur le témoignage d’un collègue –moi-même-  présent lors de l’événement, cela a contribué à le calmer «big time».
 
À l’Assemblée dite «nationale», on «savait» dit-on mais on ne faisait rien. Maintenant que le chat est sorti du sac, tout le monde cherche à se mettre à couvert, Philippe Couillard le premier. Je leur dis, à ces messieurs/dames, qu’il est trop tard. Tout ce que ce beau monde peut faire maintenant, c’est bannir Sklavounos ce qui fera l’affaire des professionnel(le)s de l’indignation. Et désormais, bien surveiller leurs collègues «mononcles» et régler «ça»  avant que «ça» ne devienne public. À défaut d’avoir sauvé leur dignité et celle de la fonction on aura au moins sauvé les apparences. Mais de grâce, ne concluons pas à une «culture du viol» sur le seul comportement d’un insupportable malappris.