/weekend
Navigation

Quand l’histoire et la fiction ne font qu’un

Quand l’histoire et la fiction ne font qu’un
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

La pièce Ne m’oublie pas est basée sur un événement survenu il y a une soixantaine d’années. En effet, l’auteur australien Tom Holloway s’est inspiré d’une histoire d’enlèvement d’enfants britanniques envoyés en Australie pour y être réduits à l’esclavage. À travers cette œuvre percutante, les spectateurs seront en mesure de constater toutes les répercussions de ce terrible drame.

L’histoire de Forget me not, son titre original, est celle de Gerry, 50 ans, qui a été victime d’un enlèvement alors qu’il n’avait que trois ans, mais ça pourrait être aussi celle de milliers d’autres enfants qui ont été enlevés en Grande-Bretagne et expatriés en Australie. «On choisissait des enfants issus de familles pauvres qui vivaient dans des quartiers défavorisés», souligne l’acteur François Papineau qui interprétera Gerry.

En choisissant les plus démunis, c’était aussi choisir les plus vulnérables. «Les parents, sans moyens, ne pouvaient rien revendiquer», ajoute-t-il. Les enfants britanniques étaient déportés sans le consentement de leur famille.

Méconnue au Québec, cette politique qui s’est étendue entre les années 1947 et 1967, tentait de privilégier l’immigration européenne blanche en Australie afin que cette nation puisse se développer à l’image de la Grande-Bretagne. Pour soutenir ce trafic, on utilisait l’Église et des organismes caritatifs avec le soutien du gouvernement. Ce dernier était d’ailleurs à l’origine du programme gouvernemental White Australia Policy, qui lui, encore plus vaste, s’est étendu sur une bien plus longue période.

Ce n’est qu’en 1986 que le scandale a éclaté. L’histoire a d’ailleurs fait l’objet d’une série télévisée, Les orphelins de Liverpool qui a vu le jour dans les années 1990.

Un homme troublé

Enlevé à l’âge de trois ans à Liverpool, Gerry a eu une enfance horrible passée à travailler sur des fermes. «Les enfants étaient envoyés par bateau en Australie pour être utilisés en tant que main-d’œuvre. Mais dans les faits, ils étaient traités comme des esclaves et on les utilisait à des fins personnels», indique François Papineau, qui a été marqué par le texte de la pièce. «Plusieurs d’entre eux étaient victimes d’abus sexuel.»

Les conditions de vie pitoyables de l’enfant auront de graves répercussions. Gerry, désormais adulte, est devenu un homme brutal et colérique, en plus d’être dépendant à l’alcool. «Il est sans domicile fixe et amasse de l’argent pour boire», précise-t-il.

À la recherche de sa mère

Gerry tentera de retrouver sa mère naturelle, même si on lui avait fait croire que ses parents sont morts.

Sa mère Mary, interprétée par Louise Turcot, âgée aujourd’hui de 70 ans, vit toujours en Angleterre. C’est la fille de Gerry, personnifiée par Marie-Ève Milot qui entreprendra des démarches afin que son père puisse retrouver ses origines et faire la paix. «Gerry et Nathalie sont tous les deux orphelins de mère», fait remarquer l’acteur.

Bien qu’il s’agisse d’une pièce dramatique, François Papineau nous confie que la pièce se termine sur une note d’espoir et de réconciliation.

Ne m’oublie pas

  • Auteur: Tom Holloway
  • Mise en scène: Frédéric Dubois
  • Distribution: François Papineau, Louise Turcot, Jonathan Gagnon et Marie-Ève Milot
  • Du 15 février au 25 mars 2017
  • Au Théâtre Duceppe