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Safari au pays des buveurs de sang

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Je suis allé en Tanzanie deux fois. La première, c’était à partir du Kenya, en jeep. En effet, une simple ligne de pierres ­blanchies à la chaux démarque ces territoires.

Au cours de mon périple au Kenya, dont je vous parlais la semaine ­dernière, j’ai donc pu faire une ­incursion dans la Tanzanie voisine... Cette frontière passoire nous fait comprendre la difficulté de contrôler le braconnage qui menace la survie de certaines espèces, notamment en raison de la demande des pays ­asiatiques (surtout les Chinois) pour l’ivoire. Croyez-le ou non, malgré l’existence du Viagra, la demande pour les différents aphrodisiaques produits à partir de poudre de corne n’a apparemment pas diminué... ce qu’on a du mal à comprendre!

Je suis retourné en Tanzanie plus tard pour faire un nouveau safari-photo avec, cette fois, le profil du mont Kilimandjaro, si souvent ­chanté, notamment par Ernest ­Hemingway, dans le décor. Mais contrairement au grand romancier américain, je ne suis pas venu pour tuer des animaux, mais pour ­rapporter, en guise de trophée, des photos... dont voici quelques-unes.

Par rapport au Kenya, je dois ­admettre que la Tanzanie, avec ses collines, ses vallons, est plus ­idyllique. La végétation est plus ­colorée, plus variée. Le territoire est plus habité. Les tribus humaines sont nombreuses. Les Massaïs pratiquent une alimentation carnivore étonnamment «durable» avec leurs bêtes. Ils se nourrissent surtout de laitage et de sang. En effet, ils percent méticuleusement la jugulaire de leur bœuf pour en tirer du sang avant de refermer la plaie à main nue avec des herbages. La bête recommence à brouter et elle se régénère. Plus tard, elle sera saignée à nouveau. Ainsi, ­elle nourrit par son sang, mais sans mourir, toute la tribu. Ça peut ­sembler peu ragoûtant, mais le mets national est du sang mélangé au lait. La viande du bétail n’est consommée qu’aux grandes occasions.