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Une maison pour dire bye bye à Hydro

L’installation de panneaux solaires peut générer de l’électricité et chauffer l’eau

Daniele Oppizi et Alain Culis présentent le système électrique de la maison solaire d’une dimension de 865 pi<sup>2</sup> qu’ils ont conçue, nommée Énergéco, au salon Expo Habitation de Montréal.
Photo Boris Proulx Daniele Oppizi et Alain Culis présentent le système électrique de la maison solaire d’une dimension de 865 pi2 qu’ils ont conçue, nommée Énergéco, au salon Expo Habitation de Montréal.

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Il est possible de se débrancher du réseau électrique en ne sacrifiant que quelques électroménagers, selon des entrepreneurs des Laurentides qui proposent une maison solaire conçue pour l’hiver québécois.

«On peut couper Hydro dans nos maisons aujourd’hui», se targue Alain Culis, qui a mis au point un modèle de maison préfabriquée autosuffisante en électricité à partir de Rivière-Rouge, dans les Laurentides, et qu’il rêve d’exporter jusqu’en Afrique.

Sa recette pour débrancher sa maison d’Hydro-Québec: l’orienter vers le sud-ouest, y poser un panneau solaire pour générer de l’électricité et un autre pour chauffer l’eau, couplé à un poêle à granule de bois pour les temps froids.

Toutefois, seules les maisons bien isolées peuvent se permettre de se passer d’un raccordement au réseau.

«Toutes les maisons peuvent être solaires, mais celles qui ne sont pas conçues pour être bien isolées ont besoin de deux fois plus de panneaux, et ça coûte deux fois plus cher», selon M. Culis, qui calcule le coût de l’autonomie en électricité à 18 000 $ pour la petite maison de 865 pi2 de sa fabrication.

Quelques inconvénients

Pour faire fonctionner sa maison sans raccordement à Hydro-Québec, M. Culis admet qu’il faut renoncer à quelques électroménagers trop énergivores. Le four électrique doit être changé pour un au gaz. Il faut aussi dire adieu à la sécheuse, à moins d’en avoir une au gaz aussi.

«Quand on a une maison autonome, il faut avoir envie de s’investir, de faire des réglages pour s’assurer d’avoir assez d’énergie», indique Daniele Oppizzi, asso­cié de M. Culis qui a élaboré le système électrique.

Advenant un manque de soleil, la maison ne sera pas plongée dans le noir, assure-t-il, grâce à une batterie qui emmagasine l’électricité produite par les panneaux.

Adapter à l’hiver

Les maisons solaires existent en Europe depuis plus de 30 ans, indiquent les deux entrepreneurs. Le principal défi a été de l’adapter au climat québécois.

«Si on met des panneaux solaires sur le toit, il faut toujours aller déneiger l’hiver. Ça ne marche pas», explique M. Culis, qui installe des panneaux de nouvelle génération sur un seul mur extérieur, côté sud.

La maison autonome a été la vedette du salon Expo Habitation ce week-end, où ils l’ont présentée pour la première fois au public. Déjà, les entrepreneurs rêvent à l’exportation.

«On en vend déjà en Ontario et aux États-Unis, et on veut aller développer le marché européen et africain, où leur défi n’est pas le froid, mais le chaud», s’enthousiasme M. Oppizi.