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Les mosquées prises d’assaut

Des milliers de Montréalais répondent à l’invitation des musulmans

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Des milliers de personnes ont répondu à l’appel des musulmans qui ouvraient dimanche les portes de leurs mosquées à l’occasion de rétablir un dialogue deux semaines jour pour jour après la fusillade meurtrière à Québec.

«J’avais peut-être des préjugés au départ, car on entend beaucoup de choses, reconnaît Samuel Frappier, un étudiant qui mettait les pieds pour une première fois dans une mosquée et souhaitait se faire sa propre opinion. C’est des gens chaleureux, alors que je pensais qu’ils étaient froids et difficiles d’approche.»

Deux semaines après l’attentat au Centre culturel islamique de Sainte-Foy, ils étaient entre 2400 et 3000 personnes, selon les organisateurs, à venir s’informer et assister aux prières dimanche dans une des 14 mosquées ouvertes au public à Montréal.

«L’objectif, c’est de permettre aux gens de peut-être mettre les pieds pour une première fois dans une mosquée et échanger avec les membres de la communauté, répondre aux questionnements, à la suite des événements de Québec», laisse savoir Bouazza Mache, porte-parole du Conseil musulman de Montréal, qui fait ces portes ouvertes depuis 18 ans. «Le premier pas pour construire un dialogue, c’est aller vers l’autre», ajoute-t-il.

Apprendre sur l’islam

Pour la famille Pélissier-Riols, après la tragédie, il était important de venir visiter le centre islamique du Québec, la plus grosse mosquée de Montréal, située dans leur quartier, à Saint-Laurent.

«Je suis d’éducation très catholique et j’ai côtoyé les musulmans sans vraiment les connaître alors que j’habitais en banlieue parisienne, explique Mathilde Riols. Je suis venue ici pour en apprendre plus sur la prière, la mosquée et l’islam, en général.»

Plusieurs religions présentes

À la mosquée Khadijah, dans le Sud-Ouest, qui avait été vandalisée quelques jours après l’attentat à la grande mosquée de Québec, les visiteurs étaient aussi au rendez-vous.

«Ça démontre qu’au-delà des croyances, on partage beaucoup de valeurs communes, a indiqué le maire d’arrondissement Benoit Dorais, selon qui au moins 200 personnes sont venues en après-midi. Il y avait des gens de tous les âges, des catholiques, des protestants et un pasteur anglican.»

L’inquiétude plane toujours

Enseignante de l’arabe et du coran au Centre islamique du Québec, Fouzia Alaoui, affirme que l’inquiétude est là chez les enfants et les adolescents avant de venir à la mosquée. «Il y a la peur maintenant et c’était un sentiment qui n’était pas présent, indique-t-elle. Certains parents nous ont demandé de ramener des agents de sécurité, même s’il y a des caméras, car leurs jeunes ne se sentent pas en sécurité. Ce sont des Canadiens, ils sont nés ici, alors ils ne comprennent pas cette haine.»