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Pour en finir avec 2012

Manif d'étudiants à Québec _5
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

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Il y a une sorte d’euphorie sur le printemps 2012 dans les médias. Bien que j’aie participé aux différentes entrevues, je me questionne sur le moment choisi pour faire ressurgir ce passé et surtout le commémorer. Pourquoi au début des grèves du printemps? Ce mouvement n’est pas né en 2012, mais bien avant. Les premières grèves et manifestations ont eu lieu en 2010 et 2011 partout au Québec.

 

Commémorer une grève?

Alors pourquoi choisir le mois de février plutôt que le mois de septembre 2011? C’est pourtant en septembre que nous lancions en grande pompe notre plan d’actions pour faire reculer le gouvernement sur la hausse de 75% des droits de scolarité. Un plan que nous avons fait adopter par les différentes associations membres de la FECQ et de la FEUQ. Un plan que nous avons suivi et qui s’inspirait des mobilisations passées, notamment celle de 2005.

 

Si j’avais à choisir une date, je ne choisirais donc pas une date liée à une action, aussi spectaculaire que puisse être la grève, mais plutôt à une décision qui a eu un impact sur le dénouement de cette mobilisation étudiante. La date du 5 septembre 2012 me semble donc plus appropriée. C’est à ce moment que nous avons été appelé par le bureau de la première ministre élue pour nous indiquer que le premier décret du futur gouvernement annulerait la hausse et la Loi 78. C’est ce moment que nous avons tant espéré dans les années précédentes qui devrait être souligné. Ce moment de la victoire étudiante. Si nous voulions être encore plus précis, il faudrait peut-être souligner le 20 septembre 2012, la journée de l’adoption du décret.

 

L’envers du décor

L’année 2011-2012 restera gravée dans l’histoire du Québec moderne. Ce fut un moment de rassemblement, d’espoir et de solidarité.  Cependant, si la hausse des droits fut enrayée, il reste encore plusieurs dossiers à régler.

 

En commençant par la gouvernance et le financement des universités du Québec. La grille de financement n’a pas été retouchée depuis des années et elle cause une course effrénée entre les universités pour aller chercher le plus d’étudiants possibles. La gouvernance des universités est aussi à revoir, mais pas n’importe comment. D’ailleurs le recteur de l’Université de Montréal l’a appris à ses dépens.  

 

Finalement, bien que les relations entre le gouvernement et le mouvement étudiant semble être cordiale, étant donné les derniers investissements dans l’aide financière aux études, le droit de grève pour les étudiants n’est toujours pas réglé. Ce n’est pas lors d’une prochaine mobilisation qu’il faudra s’y attaquer, mais justement dans cette période de trêve. Pour aider le gouvernement, je lui suggère de dépoussiérer le rapport Ménard, il contenait les arguments nécessaires et les idées pour faire aboutir ce débat à l’extérieur des tribunaux.