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L’argent? Pouah!

L’argent? Pouah!
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Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx veut instaurer un cours en finances personnelles au niveau secondaire dès septembre prochain, mais les syndicats de profs n’en veulent pas, car ils craignent que ce cours «ne favorise pas le développement d’un esprit critique à l’égard du capitalisme et de l’industrie financière mondiale».

LES LOUPS DE WALL STREET

Vous savez à quoi je pense quand je lis ce genre de propos ahurissants?

Aux pudibonds qui sont contre les cours d’éducation à la sexualité sous prétexte que ça va encourager les jeunes à baiser à 12 ans et à organiser des partouzes.

On parle d’enseigner les rudiments de la finance personnelle, bordel, pas de transformer les ados en loups de Wall Street ou en clones de Vincent Lacroix!

Cette année, seulement 17 % des Canadiens vont cotiser à un REER, et le ratio moyen d’endettement des ménages québécois est de 150 %.

Vous ne trouvez pas que le temps est venu d’apprendre aux jeunes à mieux gérer leur argent?

Qu’est-ce qu’un REER? Quel est le taux d’intérêt de votre carte de crédit? Comment fonctionne une hypothèque? Comment faire un budget? Comment choisir un forfait de téléphone cellulaire qui correspond à vos besoins?

Ce n’est pas encourager les jeunes à embrasser le capitalisme! Au contraire, c’est leur apprendre à être moins dépendants des banques, à consommer plus intelligemment, à moins s’endetter.

À être plus libres, plus responsables.

Je reviens au cours d’éducation à la sexualité.

Pourquoi veut-on réinstaurer ces cours?

Parce qu’on assiste à une hausse spectaculaire de maladies transmises sexuellement et de grossesses non désirées.

Et parce qu’on veut apprendre aux jeunes à résister à l’hypersexualisation.

Pourquoi ne ferait-on pas la même chose avec les finances personnelles?

N’assiste-t-on pas à une épidémie de faillites, depuis quelque temps? À une multiplication inquiétante des victimes de fraudes?

POLITISER L’ÉCOLE

Le plus déprimant dans toute cette histoire est de voir à quel point les syndicats de profs veulent politiser l’éducation.

Pour eux, ce n’est pas suffisant d’aider les jeunes à mieux comprendre le système financier actuel, non.

Il faut leur apprendre à lutter contre le méchant capitalisme.

Ils voudraient enseigner les finances personnelles, à la condition qu’ils puissent profiter de ce cours pour propager leurs idées.

Et ensuite, ils gueulent contre l’instrumentalisation de l’éducation à des fins idéologiques!

Duh!

N’est-ce pas ce que vous rêvez de faire? Transformer les écoles en usines servant à fabriquer de futurs syndicalistes?

Désolé, les amis, mais les jeunes vont avoir toutes leurs années de cégep pour «développer un esprit critique face au capitalisme».

Ça sert à ça, le cégep: fumer du pot et apprendre à contester le système.

Au moins, si les jeunes apprennent la base du système économique au secondaire, ils sauront ce qu’ils contestent une fois rendus au cégep!

Pour contester une règle, encore faut-il la connaître, non?

HORS DES CLASSES

Comprenez-moi bien: je ne veux pas que MacDo ou Coca-Cola rédige le futur cours de finances personnelles.

Mais je ne veux pas que ça soit Gabriel Nadeau-Dubois non plus.

Peut-on laisser l’entreprise privée ET l’idéologie hors des classes, s’il vous plaît?