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Appel à l’achat de produits masculins

Une Longueuilloise veut contrer la «taxe rose»

Marianne Simard croit que si les femmes achetaient des produits masculins, les entreprises n’auraient d’autres choix que de vendre au même prix les produits féminins.
Photo marie-ève dumont Marianne Simard croit que si les femmes achetaient des produits masculins, les entreprises n’auraient d’autres choix que de vendre au même prix les produits féminins.

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Une femme de Longueuil veut mettre fin à la «taxe rose» en incitant les femmes à acheter les déodorants, shampoings et rasoirs pour hommes.

Marianne Simard espère ainsi forcer les entreprises à vendre aux mêmes prix les produits féminins et masculins semblables.

«Je pense que ce serait une belle action pour dire aux compagnies d’arrêter de nous prendre pour des sacoches», insiste Mme Simard, l’instigatrice du mouvement lancé sur Facebook.

On dit qu’une «taxe rose» est appliquée lorsqu’un produit pour femmes est vendu plus cher qu’un produit équivalent pour hommes ou qu’il est offert à un format plus petit pour le même prix.

La femme de 41 ans a soutenu que même s’il s’agit avant tout d’une question d’égalité homme femme, cette «taxe» affecte tout le monde.

«Le budget familial est aussi touché si la femme doit toujours payer son déodorant plus cher», insiste Mme Simard.

Le Journal rapportait mercredi qu’une demande de recours collectif a été déposée contre huit détaillants, dont l’entreprise de produits de beauté Unilever qui détient notamment les marques Dove et Axe.

Pour Jacques Nantel, expert en marketing et professeur émérite aux HEC, cette pratique «ne se justifie pas sur le plan moral, mais peut se justifier sur le plan commercial».

Question de volume

Comme il y a une plus grande variété de produits féminins, notamment dans les shampoings, chaque produit est vendu en moins grande quantité. Il y a donc moins d’économie d’échelles, ce qui fait monter les prix.

«Pour un détaillant qui veut que son produit rapporte, s’il se vend moins, il va augmenter le prix. Les femmes participent déjà en quelque sorte à cette tendance puisque 60 % des produits destinés aux hommes sont achetés par des femmes», mentionne-t-il.

Le ministre Carlos Leitao a indiqué mercredi que les entreprises devaient d’abord expliquer pourquoi il y a une telle différence de prix avant d’intervenir, après avoir été questionné par le Parti québécois.

Le maire de Montréal Denis Coderre compte quant à lui demander à Québec d’éliminer la «taxe rose», en amendant la motion que veut présenter Projet Montréal à la prochaine séance du conseil.

Avec la collaboration de Marc-André Gagnon et Marie-Christine Trottier