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Crédit d’impôt pour aînés : Québec reconnaît qu’il y a une « brèche » et fera des ajustements

Periode des questions
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le ministre des Finances Carlos Leitao

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Face à la grogne, le gouvernement Couillard reconnaît qu’il y a une «brèche» dans le resserrement du crédit d’impôt pour aîné et promet une nouvelle mesure pour dédommager les personnes âgées plus pauvres.

«Une personne de 66 ans qui aurait un revenu de retraite pas très élevé, mais au-delà de 18 000 $, pourrait se retrouver dans une situation précaire. C’est cette situation que nous souhaitons corriger en mars», a admis le ministre des Finances Carlos Leitao jeudi.

Le gouvernement est vertement critiqué depuis plusieurs jours pour avoir haussé l’âge d’admissibilité au «crédit d’impôt en raison de l’âge», qui peut atteindre près de 500 $ cette année. Pour y avoir accès en 2016, il faut désormais avoir 66 ans. L’an prochain, l’âge d’admissibilité sera de 67 ans, en 2018, ce sera 68 ans, puis 69 ans en 2019 et 70 ans en 2020.

Selon les groupes de défense des personnes âgées, ce sont 500 000 personnes nées après 1951 qui perdront ce crédit d’impôt de 500 $ d’ici cinq ans.

Au matin, M. Leitao maintenait pourtant la ligne dure. «Ce crédit d’impôt on ne l’a pas coupé, on l’a simplement décalé jusqu’à 70 ans», disait-il aux journalistes. Il accusait même les partis d’oppositions de dire des «horreurs» à propos de sa réforme fiscale pour les aînés.

En chambre, Philippe Couillard a toutefois lâché du lest. «Cette mesure n'est pas entrée en vigueur encore, ce qui nous donne tout le temps de l'évaluer, d'anticiper les impacts et peut-être d'ajuster certaines choses lors du budget», a-t-il lancé après une question de François Legault.

Questionné à nouveau sur l’heure du midi, le ministre des Finances a dû reconnaître qu’il y aurait des perdants. Alors que la mesure a été annoncée en mars 2015, M. Leitao a réalisé que, après le premier janvier 2017, «les personnes plus vulnérables qui ont 65 ans peuvent être impactées négativement par notre réforme». Il envisage donc un crédit d’impôt rétroactif.

Peut-il garantir que personne n’aura de perte de revenu? «Je ne peux pas donner cette garantie béton à 100 %. C’est pour ça qu’on va réfléchir à comment on peut colmater cette brèche-là», a-t-il lancé.