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Lignedebus entre à nouveau en station

<i>Lignedebus</i> entre à nouveau en station
Photo Courtoisie

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Un autobus qui explose, entraînant la mort de tous les passagers. Telle est la prémisse de la pièce Lignedebus de Marilyn Perreault, qui en abordant les thèmes de la brutalité médiatique, de la perception de l’autre et des préjugés, fait un retour montréalais tristement d’actualité.

Quand la dramaturge Marilyn Perreault a appris ce qui s’était passé à la mosquée de Sainte-Foy, elle est restée sans voix. «Chaque fois qu’on reprend le show, quelque chose arrive. Quand on a présenté la version anglophone au Centaur Theatre, ça explosait à l’aéroport de Bruxelles», se désole-t-elle.

Après une cinquantaine de représentations en anglais et en français, la pièce Lignedebus fait un nouvel arrêt au Théâtre des Écuries. Mêlant acrobaties, danse, théâtre et vidéo, cette œuvre percutante raconte l’histoire de cinq personnes qui meurent dans l’explosion d’un autobus. Lorsque les vidéos de surveillance montrent un jeune arabe qui y embarque, les médias le sacrifient instantanément sur l’autel du faux procès.

<i>Lignedebus</i> entre à nouveau en station
Photo Courtoisie

«C’est exactement ce qui s’est passé à Québec, quand le nom de Mohammed Belkhadir a circulé partout dans les médias, et qu’il n’était finalement absolument pas responsable de la fusillade!», s’exclame Marilyn Perreault, dont la pièce fait encore écho à l’actualité, trois ans après sa première mouture en 2014.

Espionnage de transports publics

Pour créer Lignedebus, la dramaturge a arpenté les transports en commun de Montréal afin d’y puiser le matériel de sa pièce. «Je pouvais partir à 18h avec ma carte opus et sauter dans la 197 sur Rosemont. Quand je voyais qu’on croiserait un autre autobus, je sortais à l’arrêt, et je pouvais plus tard prendre le métro...je ne savais jamais où j’allais finir!», se remémore-t-elle en riant.

<i>Lignedebus</i> entre à nouveau en station
Photo Courtoisie

Marilyn Perreault observait ensuite les situations anodines qui surviennent tous les jours dans les autobus de la ville. «Une bande de collégiens qui envahit le fond d’un autobus en chaos organisé, un gars qui laisse sa blonde au téléphone, deux professeures qui parlent d’un étudiant...Ces événements anodins retenaient mon attention, faisaient ressortir un trait de caractère et je les ai intégrés à la pièce», raconte-t-elle.

Charmer les adolescents

L’action s’y déroule dans un autobus, qui sert pratiquement d’appareil de gymnastique à grande échelle. L’histoire, collée à la réalité, mêlée à des acrobaties et à une intrigue captivante a rapidement retenu l’attention du jeune public. «Ce n’est pas vraiment pas une audience facile, et pourtant les adolescents de secondaire 1 à 5 ont vraiment adoré. Ça les garde en haleine», croit Marilyn Perreault. La dramaturge offre même aux étudiants qui possèdent une carte opus avec photo de profiter d’un tarif réduit.

Alors, Lignedebus est-elle condamnée à rester d’actualité? «Malheureusement, je crois que oui. Le dénouement est même plus fort aujourd’hui qu’en 2014...mais je ne vous dirai pas pourquoi», laisse tomber Marilyn Perreault.

  • C’est au Théâtre des Écuries qu’on pourra le découvrir, jusqu’au 25 février.