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L’obligation de la cotisation syndicale à l’UPA contestée

Benoit Girouard, président de l'Union paysanne.
Photo courtoisie Benoit Girouard, président de l'Union paysanne.

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L’Union paysanne veut contester devant les tribunaux l’obligation pour les agriculteurs de payer leur cotisation à l’Union des producteurs agricoles pour avoir accès au crédit de taxes foncières et à du financement public.

«On ne peut pas lier des fonds publics à une cotisation privée syndicale. On a longtemps privilégié la voie politique, mais c’est le temps de prendre une action concrète», soutient le président de l’Union paysanne, Benoit Girouard, qui conteste depuis plusieurs années le fait que les agriculteurs ne puissent être représentés que par un seul syndicat, l’Union des producteurs agricoles (UPA).

« Un pas en arrière »

M. Girouard déplore que le nouveau ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, ait fait «un pas en arrière» en laissant tomber la réforme du Programme de crédits de taxes foncières, entreprise par Pierre Paradis, qui abolissait justement l’obligation de cotiser à l’UPA pour recevoir son crédit de taxe. Il n’est pas normal non plus, selon lui, qu’ils doivent payer la cotisation pour accéder à certains programmes de la Financière agricole.

L’agriculteur fait appel à des cabinets d’avocats qui voudraient représenter la cause pro bono. Déjà deux bureaux se seraient montrés intéressés à donner des conseils, selon ses dires.

« Perte d'énergie »

Le producteur de canards Louis-Antoine Gagné appuie la démarche de l’Union paysanne puisque, selon lui, l’UPA ne représente pas bien les intérêts de petites entreprises comme la sienne.

«On parle beaucoup de terroir québécois, mais on n’a pas un véritable terroir. On veut toujours plus gros, plus industrialisé et plus d’uniformité. Le consommateur est perdant parce qu’il n’a pas accès à une aussi grande variété de produits qu’il le pourrait», dénonce M. Gagné.

De son côté, le directeur général de l’UPA, Charles-Félix Ross, croit que la démarche juridique de l’Union paysanne est une «perte d’énergie» et une tentative de «division» qui ne servira pas les agriculteurs.

L’attaché de presse de Laurent Lessard a indiqué au Journal que le ministre avait rencontré récemment l’Union paysanne pour connaître ses préoccupations, mais qu’il ne pouvait commenter un dossier judiciarisé.