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Ils disent avoir été floués par cet économiste connu

Deux organismes réclament plus de 35 000$ à Ianik Marcil pour travail non livré

Ianik Marcil
photo tirée de facebook L’économiste Ianik Marcil s’est fait connaître du grand public au cours des dernières années en multipliant les conférences et les apparitions médiatiques. Plusieurs organisations disent aujourd’hui qu’il les a flouées et lui réclament de l’argent.

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Deux organismes proches du monde syndical disent avoir été floués pour plusieurs milliers de dollars par Ianik Marcil, un économiste de gauche bien connu dans les médias.

La Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), qui reçoit des subventions gouvernementales, dit avoir perdu 32 000 $ aux mains de Ianik Marcil.

L’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), un think tank de gauche, soutient que la même chose lui est arrivée pour 3500 $.

Ianik Marcil, reconnu pour ses prises de position progressistes, a bénéficié de nombreuses tribunes prestigieuses dans les médias dans les dernières années, notamment au Voir, à Radio-Canada, au Journal de Montréal, au Huffington Post et à Ricochet.

Il s’est fait notamment connaître pour sa dénonciation de l’obsession de réduire la dette publique, et ses critiques des politiques économiques libérales et caquistes­­.

Travail non livré

Selon des documents de cour, Marcil s’était fait confier par la SARTEC en 2013 le mandat de réaliser une analyse sur l’impact économique des créateurs.

Cette analyse devait être le pilier d’un colloque­­ en 2014, mais l’événement a dû être reporté à cause du non-travail de l’économiste­­.

En 2015, un juge a condamné Marcil à payer 15 000 $ à la SARTEC «avec intérêts au taux de 5 % à compter de [...] 2014».

La SARTEC dit n’avoir jamais pu se faire rembourser, malgré le jugement.

«Il ne répond plus à nos messages», a affirmé­­ à notre Bureau d’enquête Manon Gagnon, de la SARTEC.

« Inacceptable »

L’IRIS soutient de son côté avoir versé 3500 $ en 2015 à Marcil pour qu’il rédige une note sur le financement de la culture.

«Non seulement vous n’avez pas rempli vos engagements, mais vous vous êtes abstenu de répondre à nos courriels ou de retourner nos appels. Si ce genre de comportement était inacceptable en décembre [2015], sa poursuite en 2016 n’est venue que confirmer nos pires appréhensions», écrit Philippe Hurteau, de l’IRIS, dans une lettre.

«L’IRIS, son équipe de travail et son conseil d’administration ne veulent plus avoir à collaborer avec vous à l’avenir», ajoute-t-il.

Il promet de rembourser

Ianik Marcil l’admet: il n’a pas livré le travail pour lequel il a été payé. Il invoque des problèmes personnels et promet de remettre l’argent.

«J’ai l’intention de tout rembourser», nous a-t-il dit au téléphone cette semaine­­.

L’économiste a attribué ses problèmes avec la SARTEC et l’IRIS à une «dépression importante» dont il dit souffrir depuis quatre ans. «Je n’ai pas livré, ce sont des choses qui arrivent», a-t-il dit, ajoutant «ne pas très bien gagner sa vie depuis quelques années».

Notre Bureau d’enquête a révélé la semaine dernière que Marcil a été l’associé dans les années 2000 d’un fraudeur, Martin­­ Allard, dans une compagnie qui envoyait l’argent de Québécois aux îles Caïmans, un paradis fiscal. Quatre petits épargnants ont perdu 1,3 million de dollars dans cette aventure.

D’autres dettes

L’IRIS et la SARTEC ne sont d’ailleurs pas les seuls qui ont eu maille à partir avec Marcil dans les dernières années.

Ianik Marcil a reconnu au téléphone qu’il avait emprunté personnellement de l’argent à plusieurs personnes qui n’avaient pas été remboursées dernièrement. «Je n’ai pas été à mon affaire­­. C’est aussi plate que ça», a-t-il dit.

Contacté par notre Bureau d’enquête, un de ses créanciers nous a dit s’être fait demander par Marcil 4000 $ pour éponger des dettes.

Cette personne, qui a demandé de taire son identité par crainte de représailles­­, affirme avoir finalement prêté 500 $ à Marcil, somme qui a été remboursée.

Ianik Marcil dit qu’il se remettait actuellement «tranquillement» de sa dépression. «Ce n’est jamais facile. Je dois vous avouer que ça ne le sera pas beaucoup plus avec l’article [publié à son sujet dimanche dernier].»