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Maxime Bernier : plus fou que Donald Trump?

Maxime Bernier
PHOTO AGENCE QMI, MATTHEW USHERWOOD Maxime Bernier

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Le Parti conservateur fédéral est un parti que je considère d’extrême-droite dont fait partie évidemment Maxime Bernier, un ancien de l’Institut économique de Montréal (IEDM), un organisme patronal, et aussi, oh surprise, ancien conseiller de Bernard Landry de 1996 à 1998 alors ministre péquiste des Finances, qui lui définissait le Parti québécois comme représentant la gauche au Québec. «Atchoum», pardon, ce sont les prétentions de mon collègue à l’UQAM Bernard qui me font éternuer.

Peut-être que Maxime Bernier est moins trivial sur le plan de la personnalité que Donald Trump, mais plus vulgaire intellectuellement, plus grossier idéologiquement et définitivement plus à droite que Donald. Même peut-être plus à droite que certains chefs d’entreprises. Un danger public que je vous dis et qui aspire à devenir «notre» premier ministre. Après ses réalisations scabreuses en politique, du temps qu’il était ministre conservateur (sa copine, une «ex» de motard, des documents confidentiels oubliés chez sa sulfureuse douce-moitié, des discours prononcés ici au pays uniquement en anglais, des Jos Louis offerts à nos soldats cantonnés en Afghanistan, ce qui a irrité au plus haut point les Forces armées canadiennes, etc.), faut être franchement d’extrême-droite, comme lui, ou ignare, dans le sens de manquer de connaissances et non dans son sens péjoratif, pour voter pour un tel énergumène. Je ne comprends pas les électeurs de la Beauce. Je les aimais mieux du temps où ils votaient en masse pour le Crédit social de Fabien Roy et compagnie. Le Crédit social, un parti politique rigolo qui nous faisait bien rire avec ses Réal Caouette, Yvon Dupuis et Camil Samson, mais qui était moins dangereux que le Parti conservateur du Canada.

Maxime propose «zéro» impôt aux compagnies

Il est vrai que Donald Trump veut réduire le taux d’impôt fédéral sur le revenu des compagnies, qui est actuellement aux environs de 35% aux États-Unis, mais jamais à zéro comme le propose le candidat électrique à la chefferie du Parti conservateur : «Maxime Bernier propose d’abolir l’impôt des entreprises» (Le Devoir, 28 mai 2010). Si les compagnies milliardaires ne paient plus d’impôt sur le revenu, qui va alors taxer en lieu et place? À moins que l’on privatise tous les services publics et tous nos instruments collectifs, ça fera alors moins d’impôts à payer à l’État, mais beaucoup d’impôt à payer au privé. Tiens, pourquoi ne pas privatiser le Sénat? Impossible, jamais que le privé va vouloir assumer les coûts exorbitants de ce ramassis de parasités. Pour ne pas payer d’impôt, va falloir que tout le monde, même le salarié, s’incorpore comme le font déjà nos généreux médecins. Bonne affaire, le Canada va devenir le leader mondial de l’évasion fiscale grâce à son nouveau statut de paradis fiscal.

Bernier, comme Couillard, coupe les services publics

Contrairement à Donald Trump, à Justin Trudeau, à Kathleen Wynne en Ontario, au gouvernement Brown en Californie, Maxime Bernier et Philippe Couillard préfèrent «moderniser» et «réingénierer» l’État en coupant drastiquement et en permanence dans tous les services publics, sauf bien évidemment dans le militaire, et ce à l’encontre de ce que suggèrent fortement le FMI, l’OCDE et la Banque mondiale qui prêchent pour d’importants investissements publics. Voilà que Maxime Bernier corrige les théories économiques de John Keynes, mais à sa manière très particulière, composée d’oublis intentionnels, de faits inventés, d’interprétations ridicules, de calculs primaires et de données tronquées : «La leçon d’économie de Maxime Bernier» et «Je persiste et signe.» (La Presse, 18 et 22 février 2012).

Bernier pour le libre-échange tous azimuts

Contrairement à Donald Trump et à des élus en Europe qui veulent mettre un frein aux traités de libre-échange négociés en catimini et sans aucune consultation publique, par des représentants du privé et par des élus embrigadés qui donnent tous les droits aux grosses compagnies devant lesquelles dorénavant l’État s’efface et devient un facilitateur et un entremetteur et que les employés, dépourvus de leurs droits, seront relégués au statut d’exploités soumis : «Bernier espère que la victoire des libéraux (de Justin Trudeau) favorisera un libre-échange accru» (Le Devoir, 19 juin 2014). Pour Maxime le grand, il est merveilleux de militer pour toujours plus de libre-échange et de liberté accordée aux entrepreneurs. Malheureusement Maxime, pas seulement Donald Trump, mais d’autres pays européens veulent humaniser quelque peu ta forme idyllique primaire de mondialisation qui a mené à des inégalités économiques records et qui a très majoritairement profité au 1% de gras dur au dépend des autres.

Maxime privatise ce qui reste à privatiser

Après avoir privatisé des pans entiers de nos instruments collectifs comme Air Canada, le CN, Pétro-Canada, les Arsenaux Canadiens, Canadair (devenu Bombardier), Téléglobe, Télésat, etc., Maxime, ne prenant aucun risque, veut continuer la guerre à nos biens collectifs en les privatisant pour des pinottes, bien souvent à des amis du régime : «Maxime Bernier lance une pétition pour privatiser Postes Canada» et «Course à la direction du PCC : Maxime Bernier prône la privatisation des aéroports» (Le Journal de Montréal, 10 juillet et 3 août 2016). Sauté ben raide : Maxime veut privatiser les aéroports canadiens que le fédéral a déjà privatisés. Donald Trump n’a jamais parlé de privatiser la poste et les aéroports américains, mais Maxime, l’illuminé, oui.

Point en commun de Trump et Bernier

Deux obsédés et, même possédés, comme Trump et Bernier qui font du mensonge un instrument de stratégie et de marketing, ont toutefois des points en commun. Par exemple, allant à l’encontre de la multitude de preuves scientifiques : «Maxime Bernier met en doute le réchauffement climatique» (Le Devoir, 16 mars 2010). Quant à Donald Trump, il a affirmé, toujours avec son air de superbe, que le réchauffement climatique était une blague, un canular : «Trump ne croit pas au changement climatique» (Le Journal de Montréal, 25 septembre 2015).

Les filles de Bernier à l’école anglaise

Les Beaucerons, qui disent que Maxime est un gars du peuple, errent encore une fois. Disons que les filles de celui qui se voit premier ministre du pays ont fréquenté, au primaire et au secondaire, l’école privée, et une des plus chères au pays, soit l’école Miss Edgar's & Miss Cramp's de Westmount. Et de plus, elles ont fait leurs études en anglais : «Quand papa a les moyens de bouder Jean-de-Brébeuf» (Le Devoir, 20 octobre 2007). Allô gars du peuple! Les Beaucerons vont-ils se réveiller une fois pour toutes? Maxime, du temps qu’il était ministre conservateur à Ottawa, aimait bien prononcer des conférences strictement en anglais, tiens, comme Philippe Couillard d’ailleurs. Parler en anglais ça fait «big shot» et montre à tous que le Canada et le Québec sont ouverts aux vraies affaires puisque l’on dit que l’anglais est la langue des affaires : «Bernier in english only.» et «Discours en anglais seulement. Bernier refuse de s’excuser» (La Presse, 6 et 7 février 2008).

Qui rêve de Maxime? Mais l’ADQ, voyons-donc!

À plusieurs égards, l’Action démocratique du Québec (ADQ), devenue par après la Coalition avenir Québec (CAQ), me fait pense au Crédit social et aux Bérets blancs : des bouffons. Eh ben, vous allez voir que j’ai encore une fois raison. Après le départ de Mario Dumont à la tête du parti en 2009, qui l’ADQ voyait comme un successeur? Devinez? : «Des militants de l’ADQ rêvent à Maxime Bernie.» (La Presse, 10 février 2009). Les membres ont décrit ainsi Maxime, vous allez voir, vous allez en rire un bon coup : «Maxime a le bagage intellectuel nécessaire (sic), le charisme, il partage les mêmes philosophies que l’ADQ». Il partage les mêmes philosophies que l’ADQ et aussi du PQ puisque, ne l’oubliez pas, il a été conseiller de Bernard Landry de 1996 à 1998. «Atchoum», voilà que je me remets à éternuer.

Manque de jugement total du Jos Louis

En 2008, alors ministre conservateur des affaires étrangères, il a envoyé des gâteaux Jos Louis aux soldats canadiens en mission à Kandahar en Afghanistan, ce qui a choqué les hauts gradés et avec raison : «Afghanistan. L’armée a mal digéré "l’opération Jos Louis"» (Le Devoir, 25 juin 2008). Tiens, juste pour rire mes amis : «Chefferie du parti du conservateur. Maxime Bernier veut resserrer l’aide internationale» (Le Devoir, 19 janvier 2017). Décodée, ça veut dire que le Canada fera à l’avenir, avec Maxime comme chef, moins de dons de Jos Louis aux pays en guerre ou en voie de développement. Voilà le genre de bagage intellectuel, de charisme et de philosophie que l’ADQ, devenue la CAQ, aime de Maxime Bernier. Ben, des Jos Louis pour des gens affamés, c’est «bourratif».

Comme Trump, Maxime aime les pétards

Qui ne se souvient pas de cette affaire abracadabrante, mettant aux prises Maxime Bernier et la plantureuse Julie Couillard qui, une fois de plus, dépeignait bien ce genre de populiste ignorant : «Une liaison dérangeante de Maxime Bernier. Le ministre des Affaires étrangères entretient des liens avec une ex-femme de motard» (La Presse, 8 mai 2008). Pour un ministre fédéral, c’est pas juste dérangeant, c’est inconcevable et inacceptable. Stephen Harper, alors premier ministre conservateur du Canada, aurait dû le congédier sur le champ, mais non, il l’a «courageusement» défendu : «Des potineux, dit Harper» (Le Devoir, 9 mai 2008). Méméreux quand tu veux mon ami, mais : «Bien connue (Julien Couillard) de «Mom» Boucher et de son entourage» (Le Journal de Montréal, 9 mai 2008).

Et voilà que Maxime, pour se défendre a affirmé : «Bernier joue l’ignorance. L’ex-ministre dit n’avoir jamais en connaissance du passé trouble de Julie Couillard» (Le Journal de Montréal, 26 juin 2008). Menteur en plus de ça, car : «En octobre 2007, Harper a mis en garde Maxime Bernier contre sa petite amie» (Le Devoir, 17 mai 2008). Il aurait fallu faire plus que de l’avertir monsieur Harper. Et aussi: «Le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) aurait rencontré Harpe.» (Le Devoir, 29 mai 2008). Mais comme disait le poète : «le sexe mène le monde et même les élus», hein Maxime?

Sexe et documents

Je ne sais pas ce que Julie lui faisait de spécial, mais ça fait que Maxime Bernier : «Une dernière gaffe de trop. Des dossiers classifiés (secrets) oubliés par le ministre dans un endroit non sécurisé» (Le Journal de Montréal, 27 mai 2008). Endroit non sécurisé pour dire le domicile de madame Couillard. À propos des documents oubliés : «Une mine d’informations cruciales pour l’ennemi. Le Devoir obtient les documents oubliés chez Julie Couillard par Maxime Bernier» (Le Devoir, 3 septembre 2009). Maxime aimait ça frayer avec du monde peu recommandable, comme dans cet autre cas : «Une poignée de main du ministre Bernier a fait réagir la GRC. Un homme d’affaires soupçonné d’être lié à des réseaux criminels expose sur l’internet des photos du ministre en sa compagnie» (La Presse, 10 mai 2008).

Maxime, comme le PLQ, porté sur l’éthique

Ce n’est pas fini avec Maxime : «La Mère de Julie Couillard nommée pour un mandat par le fédéral» (La Presse, 17 juin 2008). Expérience et diplomation non nécessaires, l’important c’est la rose, comme le chantait feu Gilbert Bécaud. Maxime qui préconise la privatisation des aéroports, et comme par hasard: «Julie Couillard, «experte» en sécurité. L’entreprise de l’ex-amie du ministre Bernier s’intéresse aux aéroports» (Le Devoir, 26 mai 2008). Talentueuse dans après tout la belle dame, mais surtout aux yeux de Maxime. En plus, en 2007, travaillant comme lobbyiste auprès de la société immobilière Kelvar (ce que la compagnie avait faussement nié), Julie avait essayé de convaincre le gouvernement fédéral de louer au gros prix un immeuble de la firme Kelvar. Mais Julie travaillait

illégalement comme lobbyiste et était payée 7 500$ par mois pour mettre de l’avant ses talents et ses charmes : «Julie Couillard jugée lobbyiste illégale» (Le Devoir, 24 octobre 2012). Probablement que Maxime n’était pas au courant. Mais qu’advient-il de la belle Julie? La relation amoureuse Julie-Maxime aurait dû donner lieu à un langoureux téléroman à Radio-Canada. C’est ben la moindre des choses.

En fait, c’est pas drôle pantoute

Pouvez-vous ben me dire comment il se fait qu’un tel plouc pourrait, malgré la preuve accablante de ses nombreuses limites «structurelles», devenir premier ministre du Canada? Et le pire dans tout ça c’est qu’il a de bonnes chances d’être élu à la tête du Parti conservateur. Ben que dites-vous de ça? : «Chefferie conservatrice. Bernier premier, Blaney quasi dernier du financement» (Le Devoir, 1er février 2017). Le Parti conservateur est vraiment dans le trouble. Le bateau coule et l’avion pique du nez.

Et pouvez ben me dire comment il se fait qu’il a été conseiller économique du péquiste Bernard Landry et que l’Action démocratique du Québec (ADQ), devenue la Coalition avenir Québec (CAQ), rêvait de l’avoir comme chef? On fait vraiment «dur» au Québec et au Canada et il serait de mise de se garder une petite gêne avant d’ironiser sur l’élection de Donald Trump à titre de président des États-Unis. À plusieurs égards, Maxime est pire que Donald. Les deux sont des dangers publics pour leur pays et pour l’humanité. Et pour finir, pourquoi pas une autre plate de Maxime. En 2014, il a participé à un concours de cochon graisseux à Saint-Isidore en Beauce, une activité très cruelle pour les porcs (Le Journal de Montréal, 22 juillet et La Presse, 30 juillet 2014).