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Le cellulaire au volant, un véritable fléau au Québec

Les distractions causent huit fois plus de blessés que l’alcool chez les conducteurs

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
répéter.
PHOTO D'ARCHIVES Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se répéter.

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L’utilisation du cellulaire au volant est devenue un fléau sur les routes du Québec, où cette mauvaise habitude fait maintenant presque autant de morts que la conduite en état d’ébriété et, surtout, huit fois plus de blessés.

«Ceux qui pensent que le cellulaire au volant est moins grave que la conduite avec les facultés affaiblies doivent comprendre que conduire avec un téléphone dans les mains, c’est comme tenir une grenade», lance le coroner Yvon Garneau.

Yvon Garneau, coroner
Photo Kariane Bourassa
Yvon Garneau, coroner

Des données inédites obtenues auprès de la Société de l’assurance automobile (SAAQ) montrent bien l’ampleur de cette tragédie méconnue: de 2011 à 2015, 124 personnes ont péri et plus de 19 000 autres ont subi des blessures en raison de la distraction au volant. Les jeunes automobilistes sont particulièrement touchés.

Et quand on parle de conducteurs distraits, c’est le cellulaire qui est en cause 95 % du temps, souligne le Conseil canadien de la sécurité.

«Le rouge à lèvres au volant n’a jamais tué personne. On n’a pas de fléau pour un beigne consommé en conduisant. Le café ou le rouge à lèvres ne sont pas des prolongements de notre vie comme le cellulaire», renchérit le coroner Garneau.

« Épouvantable »

«À mes yeux, regarder son cellulaire plutôt que la route en conduisant, c’est pratiquement aussi criminel que d’avoir les capacités affaiblies. C’est épouvantable de ne pas regarder où l’on va», ajoute la coroner Dre Renée Roussel, qui a récemment suggéré que le cellulaire au volant soit banni.

«C’est la quantité de gens qui ont un cellulaire qui rend le problème si important», précise-t-elle. De fait, en 2015, 82 % des gens au Canada possédaient un cellulaire.

Avec les percées technologiques et les incontournables téléphones intelligents, ce n’est plus seulement le texto ou les appels qui peuvent déranger sur la route: courriels, Facebook et autres réseaux sociaux sont aussi maintenant à portée de main.

Le problème du cellulaire au volant est d’ailleurs «sous-estimé», croit la Dre Roussel.

Pas juste ici

Bon nombre d’accidents seraient ainsi causés par un conducteur qui textait ou placotait au téléphone, et ce, sans que les autorités aient été en mesure de l’établir avec certitude lors de l’enquête.

Généralement, les causes d’une collision sont aussi multiples, car la vitesse, les facultés affaiblies et la ceinture non bouclée vont souvent de pair avec une utilisation négligente du cellulaire au volant.

Et cette hécatombe ne se remarque pas que sur les routes du Québec. Selon une étude pancanadienne, le nombre d’infrac-tions et de collisions liées à la distraction au volant a augmenté partout au pays.

Bémol de la SAAQ

«Les données provinciales des cinq dernières années montrent que la distraction au volant est une cause de mortalité routière plus fréquente que la conduite avec facultés affaiblies», peut-on lire dans le rapport de la Fondation de recherches sur les blessures de la route.

À la SAAQ, on tient cependant à nuancer de telles conclusions.

«Une personne qui prend son véhicule avec les capacités affaiblies, ses capacités sont affaiblies pour l’ensemble du déplacement. Alors que quelqu’un qui va utiliser son cellulaire va rarement l’utiliser sur l’ensemble du déplacement», a dit la directrice en recherche et développement en sécurité routière de la Société, Lyne Vézina.

Pourtant, selon l’Institut national de la santé publique du Québec, les conducteurs dérangés par leur cellulaire ont «des temps de réaction plus longs et plus de risque d’être impliqués dans une collision» que ceux dont les capacités sont affaiblies par l’alcool.

Des chiffres éloquents

ALCOOL AU VOLANT

  • 140 décès
  • 340 blessés graves
  • 1900 blessés légers

Total : 2380

Source: SAAQ pour 2010-2014 Données les plus récentes disponibles.

DISTRACTIONS

  • 124 décès
  • 686 blessés graves
  • 18 732 blessés légers

Total : 19542

Source : SAAQ pour 2011-2015 - Données les plus récentes disponibles.

Ils ont « toujours besoin de parler »

Pour une mère dont la fille s’est tuée en textant au volant, il faudra inculquer aux jeunes de la patience

Claudie Landry, avec une photo de sa fille Laura qui a péri dans un accident 
tandis qu’elle était distraite par un appel téléphonique.
Photo Stéphanie Gendron
Claudie Landry, avec une photo de sa fille Laura qui a péri dans un accident tandis qu’elle était distraite par un appel téléphonique.

«C’est une génération qui a toujours besoin de parler à quelqu’un, d’avoir un contact. C’est tellement une habitude pour eux de texter tout le temps qu’une fois au volant, ils le font aussi. Il faut leur apprendre qu’il y a un moment pour le faire.»

Pour Claudie Landry, il est impératif que les jeunes apprennent à délaisser parfois leur téléphone et, surtout, à saisir tous les risques qu’il y a à l’utiliser en conduisant.

Pour sa fille Laura, il est cependant trop tard.

La jeune femme de 18 ans avait l’habitude de constamment parler et texter sur son cellulaire. Même lorsqu’elle prenait le volant.

«Je lui disais toujours en blague: “coudonc, est-ce que c’est ton organe vital?”», raconte la mère de famille.

Ironiquement, c’est ce besoin vital qui aura été fatal à Laura.

Le 21 juin 2014, sa voiture a été percutée par un train à un passage à L’Isle-Verte, dans le Bas-Saint-Laurent.

Trop absorbée par son cellulaire, elle n’a pas aperçu les signaux lumineux avertissant qu’un train arrivait.

«Ma fille avait une conversation avec son amie, qu’elle allait justement rejoindre. Elles se parlaient de choses normales, il n’y avait pas le feu», se désole Mme Landry.

« Trop impatients »

Selon elle, les jeunes sont souvent trop «impatients» pour attendre quelques instants avant de consulter leur cellulaire.

«Ils sont habitués d’avoir une réponse dans les secondes. C’est comme si tout leur était dû, a-t-elle noté. Ils doivent comprendre que ce n’est pas vital d’avoir une réponse immédiatement. Il faut penser que l’autre est peut-être occupé et qu’il répondra simplement plus tard.»

Elle aimerait faire comprendre aux gens, surtout aux jeunes, que le cellulaire au volant peut avoir de graves conséquences et qu’on n’a pas tous droit à une deuxième chance.

«On se dit parfois que ce n’est que pour quelques secondes, mais ça peut être durant ces quelques secondes où tu prends ton cellulaire que l’accident survient», glisse Mme Landry.

Le texto, c’est le pire

Selon elle, les conducteurs peuvent être aussi distraits par plusieurs choses, comme manipuler la radio ou manger. Mais le texto reste le plus dangereux.

«Ce qui me dérange, c’est que les gens doivent s’appliquer pour écrire», a-t-elle ajouté.

Elle se console un peu en voyant que les amis de Laura semblent avoir appris une leçon depuis le drame.

«J’en parle souvent avec les amis de ma fille. Ils ne textent jamais au volant. Ils ont vu de très proche ce que ça peut faire», a-t-elle soufflé.

Évidemment, le décès de Laura crée un énorme vide pour son mari, son autre fille et elle.

«Lorsqu’une journée, on sort quatre assiettes en mettant la table et que l’autre, on en met trois, ça fesse. Tous les petits gestes du quotidien qu’on avait l’habitude de faire et qu’on ne fait plus, on s’en rend compte», regrette-t-elle.

C’est la faute au FOMO

Pier-Luc Morin est décédé le
11 août 2010 à Rawdon, après avoir perdu la maîtrise de son véhicule dans une courbe. Juste avant, il avait échangé des textos avec une de ses amies, selon la coroner qui a enquêté sur son décès.
PHOTO D'ARCHIVES
Pier-Luc Morin est décédé le 11 août 2010 à Rawdon, après avoir perdu la maîtrise de son véhicule dans une courbe. Juste avant, il avait échangé des textos avec une de ses amies, selon la coroner qui a enquêté sur son décès.

Pourquoi des automobilistes ne peuvent-ils pas résister à la tentation de lire un texto reçu alors qu’ils sont au volant? C’est la faute au syndrome du FOMO, un phénomène qui inquiète les experts et qui se traduit par la peur de rater quelque chose.

Le FOMO, l’acronyme pour fear of missing out, c’est la crainte que quelque chose de mieux se déroule ailleurs.

«J’appelle ça l’anxiété de ratage. Ça se manifeste lorsqu’on sent qu’il se passe des choses en dehors de notre contrôle. On produit alors une anxiété moderne, qui nous amène à agir. Ainsi, tout en sachant que c’est dangereux, on ne peut pas s’empêcher de regarder notre téléphone sur la route», explique le psychologue Jean-Charles Nayebi, spécialisé en cyberdépendance.

«Avec les appareils modernes, l’immédiateté est devenue quelque chose d’ordinaire, la norme», ajoute l’expert, qui travaille tant en Europe qu’au Québec.

Faux sentiment d’urgence

Et cette perception d’instantanéité amenée par les téléphones intelligents crée «un faux sentiment d’urgence», croit une autre experte en cyberdépendance.

«Avant, il fallait se connecter à un serveur, et on accédait à nos messages quand on avait le temps. Mais la technologie mobile nous permet maintenant d’avoir accès aux messages en direct. On pense qu’il faut répondre sur-le-champ», illustre Marie-Anne Sergerie, psychologue et fondatrice du site web cyberdependance.ca.

«Des personnes ont l’impression qu’elles dépendent de la technologie. On est tellement dans une société où la performance est valorisée qu’on a l’impression qu’on est moins compétent lorsqu’on n’a pas notre cellulaire», ajoute-t-elle.

Répression

Pour contrer le fléau du téléphone au volant, la répression doit être priorisée, croit M. Nayebi. «L’anxiété du risque doit être plus forte que l’anxiété de manquer quelque chose», a-t-il dit.

Mais tout n’est pas perdu, selon la Fondation de recherches sur les blessures de la route.

«Les jeunes et les nouveaux conducteurs seraient les plus faciles à convaincre de changer de comportement, comme pour la conduite en état d’ébriété», peut-on lire dans un récent rapport sur la distraction au volant.

Pourquoi c’est dangereux

♦ Quitter la route des yeux pendant 4 à 6 secondes pour lire un texto à 90 km/h, c’est comme traverser un terrain de football les yeux fermés.

♦ Écrire un texto peut augmenter jusqu’à 23 fois le risque de provoquer une collision.

♦ Une étude a révélé que dans 80 % des collisions, le conducteur avait quitté la route des yeux trois secondes avant l'impact.

  • 67% des conducteurs qui textent au volant affirment ne pouvoir s’empêcher de lire un message reçu.
  • 35% des conducteurs qui textent au volant avouent ne pouvoir s’empêcher de répondre à un message reçu.
  • 18% des conducteurs avouent qu’il leur arrive de texter au volant.
  • 99% des Québécois considèrent qu’écrire ou lire un message texte en conduisant est assez ou très dangereux.

Les visages d’une tragédie à l’ampleur méconnue

Emy Brochu, 20 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
répéter.
Photo courtoisie

«Bb, je suis un peu inquiet-là.» Il s’agit du dernier texto que le copain d’Émy Brochu lui a envoyé, voyant que la jeune femme de 20 ans ne lui répondait plus. Elle venait de se tuer sur l’autoroute 20, en heurtant l’arrière d’un camion semi-remorque, le 18 janvier 2012, à Sainte-Hélène-de-Bagot. L’enquête a révélé que la victime échangeait des textos sur son cellulaire avec trois autres personnes au moment de l'accident.

Daphnée St-Onge, 19 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
répéter.
Photo Facebook

Peu habituée de conduire seule sur une grande distance, la jeune femme est décédée en faisant la route entre Gatineau et Rouyn-Noranda, le 21 mars 2013. C’est en tentant de répondre à un texto qu’elle a perdu le contrôle de son véhicule, dans une courbe à Maniwaki. Elle est entrée en collision avec un camion qui circulait en sens inverse. Tout au long de son trajet, elle avait reçu et répondu à plusieurs messages textes.

David Gagné, 21 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo courtoisie

Au moment de son décès, le 11 mars 2013, David Gagné vivait une rupture amoureuse. Plus tôt en journée, sa copine a refusé une soirée au restaurant en sa compagnie. Juste avant le drame, ils discutaient calmement au téléphone, alors que le jeune homme conduisait. La conversation a soudainement été coupée. L’enquête a déterminé que le jeune homme conduisait aussi à haute vitesse au moment de la collision, à Saint-Norbert-d'Arthabaska.

Katy Dupont, 31 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo Facebook

Juste avant de perdre le contrôle de sa voiture à Sainte-Madeleine en juin 2012, Katy Dupont menait une conversation animée au téléphone avec un proche. Son interlocuteur a soudainement entendu un «grinchement», puis la communication a été interrompue. La jeune femme avait également consommé de l’alcool.

Gaëla Bigras, 28 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo courtoisie

Alors qu’elle tentait de prendre son cellulaire d’une main tout en conduisant, Gaëla Bigras n’a pas aperçu le panneau d’arrêt devant elle, à Saint-Bernard-de-Lacolle, en septembre 2011. Son véhicule a été embouti par un camion-remorque. Elle aurait tourné la tête et vu le camion sur le point de la percuter qu’au dernier instant, selon un témoin de l’accident, qui a aussi vu la femme tenir un téléphone à son oreille.

Benoit Lefebvre, 26 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
répéter.
Photo courtoisie

«La façon dont la collision s’est produite ressemble à tous points à la manière que se produit une collision lorsqu’un conducteur est en train d’utiliser son téléphone cellulaire», a noté le coroner Yvon Garneau, en constatant la déviation «lente mais constante, sans freinage» du véhicule du jeune homme, le 24 mai 2011. Il a été happé par un fardier qui arrivait en sens inverse, à Saint-Cyrille-de-Wendover.

Pascal Ayotte, 18 ans et Sandra Fontaine, 41 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo courtoisie

Le 30 décembre 2010, en tentant de répondre à un texto, Pascal Ayotte s’est tué et a aussi enlevé la vie de Sandra Fontaine, qui prenait place dans le véhicule qu’il a happé de plein fouet. Lorsque les secours sont arrivés sur les lieux, sur la route 101 à Rouyn-Noranda, ils ont retrouvé le cellulaire du jeune homme entre ses jambes, l’écran vers le haut, trois lettres tapées à l’écran. Mme Fontaine fêtait son 41e anniversaire le jour du drame.

Nicolas Roy, 23 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo Facebook

Le jeune homme a heurté un arbre en fin de journée à Ange-Gardien en Montérégie, en mai 2013. L’enquête a révélé que la vitesse de l’impact était de 130 km/h. Diabétique de type 1, la victime était fatiguée de sa journée et n’avait pas dîné. Mais le coroner Paul G. Dionne a exclu la faiblesse comme cause de l’accident. «En cette fin de journée, il avait des raisons d’être frustré et utilisait un cellulaire dans les moments entourant la perte de route», indique le rapport.

Jonathan Raymond, 18 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo courtoisie

Le jeune homme est décédé le 24 janvier 2014, à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, lorsqu’il a perdu le contrôle de son véhicule à la sortie d’une courbe. Il a ainsi dérapé dans la voie opposée et a été happé de plein fouet. Selon le rapport du coroner, la chaussée glissante pourrait avoir causé l’accident, mais il est à noter que Jonathan Raymond avait émis et reçu des messages textes les instants avant l’accident.

Laval Lemieux, 63 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo courtoisie

L’homme est décédé dans un accident de la route le 19 mars 2010, à Chicoutimi. Au moment de l’impact, il était au téléphone. «Cet appel téléphonique l’a suffisamment distrait pour qu’il traverse la ligne médiane sans s’en rendre compte et qu’il vienne en collision avec un lourd fardier chargé de billes de bois circulant en sens inverse», peut-on lire dans le rapport du coroner Michel Miron.

Olivier Goupil, 17 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo Facebook

Lorsqu’il a été retrouvé sans vie le 1er juillet 2010, Olivier Goupil tenait toujours son cellulaire dans ses mains. Il venait de faire une sortie de route à Saint-Simon-les-Mines, en Beauce. «Un proche l’avait déjà mis en garde de la dangerosité d’un tel comportement», peut-on lire dans le rapport du coroner Pierre Guillemette, qui a aussi conclu que la vitesse pourrait avoir joué un rôle dans cet accident.

Philip-Alexandre Verdon-Demers, 24 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
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Photo courtoisie

Le jeune homme de 24 ans a été retrouvé mort dans son véhicule accidenté en bordure de l’autoroute, en pleine nuit, à Terrebonne. Son cellulaire récupéré à côté de lui était ouvert. Dans les heures précédant le drame, il avait aussi consommé de la bière avec des amis.

Pier-Luc Morin, 20 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
répéter.
Photo courtoisie

«L'analyse du contenu de son téléphone cellulaire et de celui d'une de ses amies permet de croire que Pier-Luc Morin était occupé à envoyer un texto, au moment où s'est produite sa sortie de route», a écrit la coroner Catherine Rudel-Tessier dans son rapport. Le jeune homme est décédé après avoir perdu le contrôle de sa voiture dans une courbe, à Rawdon, en août 2010. Il avait également consommé quelques boissons alcoolisées.

Pascale Dubé, 22 ans

Il y a déjà cinq ans, Emy Brochu perdait la vie en heurtant un camion remorque sur l’autoroute 20, alors qu’elle était distraite par son cellulaire. Depuis, ce genre de drame ne cesse de se 
répéter.
Photo courtoisie

Lorsque son véhicule a dévié de sa voie pour entrer en contact avec un automobiliste arrivant en sens inverse, Pascale Dubé envoyait probablement un message texte, selon le coroner Claude Malenfant. Son cellulaire a d’ailleurs été retrouvé parmi les débris, sur la chaussée, à Rouyn-Noranda. Aussi, avant la collision mortelle du 3 mai 2011, la victime avait passé une soirée bien arrosée.