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Les entrevues du samedi: «La gauche doit être plus concrète»

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, elle doit proposer des solutions concrètes aux problèmes des Québécois

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Gabriel Nadeau-Dubois, 26 ans, militant de gauche et finissant à la maîtrise en sociologie, est présumé candidat à la succession de Françoise David pour Québec solidaire. Toujours en réflexion, il tire déjà sur les partis politiques adverses. Entretien avec l’ancien leader étudiant.

Vous êtes allé partout en région avec le collectif Faut qu’on se parle. Pourquoi est-ce que Québec solidaire a autant de difficulté à l’extérieur de Montréal ?

La gauche est très bonne pour être dans les grands principes, mais elle a plus de difficulté à concrétiser ses propositions. Il ne suffit pas de défendre les plus vulnérables.

Il faut être capable de s’adresser aux jeunes familles, à la majorité des Québécois et à leur proposer des solutions concrètes à leurs problèmes quotidiens. C’est tout un défi qu’on a à gauche.

C’est un message que vous voulez porter en politique active ?

Je n’ai pas pris ma décision. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que l’action politique, c’est ce que je veux faire dans ma vie, mais je n’ai pas décidé si ça va passer par la politique partisane. Mais c’est la leçon que j’ai retenue de Faut qu’on se parle. Si on veut freiner la montée du populisme de droite, il faut que la gauche soit capable de proposer des solutions concrètes.

Que pensez-vous des débats à l’Assemblée nationale ?

Ce qui me frappe, c’est la déconnexion de la classe politique. Il y a une bulle parlementaire dans laquelle se produisent des débats complètement superficiels et autoréférentiels par rapport aux problèmes des gens. Ce fossé-là m’inquiète beaucoup. S’il continue à s’agrandir, ça ouvre la porte à des démagogues.

Qui qualifieriez-vous de démagogue au Québec ?

Je pense que Rambo Gauthier donne une voix à cette frustration populaire. Ce qui est dommage, c’est qu’il le fait en tapant sur la tête des femmes et des immigrants. Mais il donne voix à une frustration réelle. Beaucoup de gens se sentent abandonnés par la politique partisane traditionnelle.

Est-ce qu’une alliance est possible entre Québec solidaire et le Parti québécois ?

Les deux partis peuvent s’entendre sur l’objectif de remplacer le gouvernement actuel par un gouvernement progressiste. Il y a toutefois un obstacle majeur: le manque de constance du PQ. Et je ne parle pas seulement du chef. On ne sait pas à qui on a affaire.

Les chefs de partis vus par Nadeau-dubois

Philippe Couillard/PLQ

«Quand Philippe Couillard s’est présenté à la chefferie du PLQ, il a promis une nouvelle ère. Il voulait marquer la rupture d’avec Jean Charest. Ce que je vois depuis trois ans, c’est la continuité: une attitude autoritaire, un peu méprisante envers la population. C’est le même parti, la même philosophie: le pouvoir, c’est quelque chose qui nous appartient et qui nous est dû.»

François Legault/CAQ

«Si quelqu’un incarne bien la vieille classe politique du Québec, avec tous ses retournements idéologiques – social-démocrate, plus social-démocrate; indépendantiste, fédéraliste –, s’il y a bien quelqu’un qui incarne le manque de principes de la classe politique au Québec, c’est lui. Il parle de changement dans les couronnes de Montréal et, le soir, il rentre dans sa limousine et va dormir dans son manoir d’Outremont.»

Jean-François Lisée/PQ

«Ce matin, c’est quel Jean-François qui va s’adresser à nous? Celui qui disait que les enjeux identitaires, il fallait en revenir, ou celui qui attaque Alexandre Cloutier en utilisant Adil Charkaoui? Le PQ a tellement changé souvent d’idée sur le pétrole, sur l’indépendance, sur l’identité. Le PQ de février 2017, ce n’est pas le même que le PQ de février 2016, et ce n’est pas le même que le PQ de 2014. À qui a-t-on affaire?»